Coupe du monde 2026 - Avant France - Espagne : Pourquoi les Bleus se surnomment les "méchants"

Eurosport sur Google

Ils ne se contentent pas seulement de gagner, ils veulent écraser. Depuis leur arrivée aux États-Unis, les Bleus cultivent une identité nouvelle, forgée autour d'un mot devenu cri de guerre : "méchants". Derrière la décontraction des entraînements se cache une équipe habitée par une obsession, celle de tout casser. Des jeunes loups ambitieux, symboles d’une génération décomplexée.

Docteur Kylian et Mister Mbappé : pourquoi l'attaquant tricolore fait débat en Espagne

Video credit: Eurosport

C’est une vibration qui parcourt le stade et l’échine des adversaires. Une heure avant le coup d’envoi, les Bleus s’attendent tous dans le couloir avec leur tenue d’entraînement signée Jacquemus. En rang derrière leur capitaine, la meute déboule sur le terrain et c’est comme si les Etats-Unis accueillaient les Beatles. Quarante-cinq minutes plus tard, rebelote. Toujours derrière Kylian Mbappé mais, cette fois, le regard soucieux et crispé de leurs adversaires trahit le sentiment qui les habite. Ces Bleus fascinent et ces Bleus effraient.
Ils sont "les méchants", selon le surnom qu’ils se sont donnés entre eux quelque part dans un avion au-dessus de Boston. La devise, devenu cri de guerre, tient en une formule : "On arrive méchant." Telle sera la description d’un post Instagram de Kylian Mbappé où on y voit l’équipe encapuchée, regard noir et dur sur les sièges de l’avion les ramenant de leur triomphe face à la Suède (3-0). 

Niska, Ninho, Maes

Une formule qu’on retrouve dans les inspirations culturelles de cette jeunesse quelque part entre Ninho, Maes ou Niska. Maxence Lacroix n’en expliquera pas l’origine mais le sens qu’il faut y trouver : "Cette formule montre la mentalité de l’équipe, a expliqué le défenseur central en conférence de presse. C’est très positif, pour nous motiver, montrer qu’on est une équipe de guerriers qui veulent sortir la tête haute de cette compétition. On veut gagner les matches en montrant notre ADN de combattant."
picture

Les Bleus avant l'échauffement lors de France - Maroc

Crédit: Getty Images

On est loin du fantasme accompagnant cette équipe quand elle a débarqué aux Etats-Unis, celui d’une réunion de All-Stars venus conquérir le Nouveau Monde avec leur seul talent. Les "méchants" ont du caractère et comme a aimé le répéter leur capitaine après le succès face au Paraguay (1-0) s’il faut "mettre les mains dans la merde", pas de problème.
T’es beau de ouf !
"On a la capacité à 'switcher' entre la veille à l'entraînement, où on est taquins, où ça va rigoler avec une ambiance enfantine, tout en étant extrêmement sérieux, a précisé encore Ibrahima Konaté quand il fut demandé de préciser le concept. Mais lorsque l'on arrive avant le match ou que l'on est dans le bus, on voit que chaque joueur est dans un état esprit de gagne, a développé le nouveau joueur du Real Madrid. On a le même objectif commun. C'est pour ça j'utilise ce mot pour nous décrire."
picture

"L’Espagne est la bête noire des Bleus mais ce n’est pas une raison pour la craindre"

Video credit: Eurosport

Méchant regroupe ici tout un tas d’adjectifs : habité, confiant, focus, déterminé, impitoyable, conquérant, insatiable, sans pitié. Et le ‘switch’ que décrit Konaté est une réalité que l’on observe chaque jour à Waltham, dans la banlieue de Boston. A l’entraînement, ces 26-là sont des gosses. Ils se chambrent, ils se bousculent. Ici, Rayan Cherki qui déclare sa flamme à Désiré Doué : "T’es beau de ouf !", là Jean-Philippe Mateta et Manu Koné qui ciblent le pauvre Michael Olise en lui tirant dessus etc. Tout cela sous la bénédiction de Didier Deschamps et de son staff.
On ira pour écraser tout le monde
Parfois, Rayan Cherki se fait reprendre parce qu’il manque d’attention mais, au fond, ce joyeux bazar ne dérange personne tant que le terrain livre la même vérité. Depuis le début de la compétition, la France essaime sa supériorité mais jamais cette équipe ne s’en est contentée. Au fond, ils nous avaient prévenu avant de poser leur premier orteil aux Etats-Unis : "On n'ira pas à la Coupe du monde en favori, on ira pour écraser tout le monde." Sur le coup, il fut reproché à Cherki une forme d’arrogance. Mais le meneur de Manchester City ne se faisait que le porte-voix de ce qu’il ressentait dans le groupe.
Les grands "méchants" loups ont débarqué pour dévorer tout le monde. On peut y voir de la morgue ou de la prétention. Mais il faut surtout comprendre les codes de la génération Mbappé qui, à l’image de sa tête d’affiche, ne doute de rien et surtout pas d’elle-même. Depuis le début de la compétition, le meilleur buteur de l’histoire des Bleus a battu tout un tas de record et on jure ne l’avoir jamais vu esquisser un sourire. Tout comme Ousmane Dembélé, après son triplé face à la Norvège, qui a préféré se nourrir de son ressentiment envers ceux qui ont douté de lui plutôt que de savourer un accomplissement rare en Coupe du monde.
picture

Pourquoi Tchouaméni offre plus de garanties que Koné face à l'Espagne

Video credit: Eurosport

Le Parisien est le meilleur exemple du ‘switch’ dont parle Ibrahima Konaté. En 2018, il était un ambianceur se trémoussant dans les couloirs de l’hôtel d’Istra au son de Naza avec Benjamin Mendy et Antoine Griezmann. Mascotte du groupe, il trimballait sa bonne humeur et son sourire contagieux. Aux Etats-Unis, ce n’est plus le même Dembélé. Observez-le au moment précis où l’arbitre siffle la pause à chaque match des Bleus. Quelque soit le score, il galope, visage fermé, jusqu’aux vestiaires et entraîne avec lui la meute. Ils sont arrivés "méchants" et ils comptent repartir champions du monde.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Plus de détails
Publicité
Publicité