Coupe du monde 2026 | Avant la finale, l'Espagne tellement sûre d'elle
Par Emile Pawlik
Mis à jour 16/07/2026 à 22:03 GMT+2
Tombeuse des Bleus en demi-finale mardi, la Roja est finaliste de la Coupe du monde. Son parcours a été linéaire avec un seul but encaissé et une myriade d'approches différentes selon les adversaires. Une variété dont le fil conducteur aura été la force collective et l'intelligence footballistique des hommes de Luis De La Fuente qui affronteront l'Argentine en finale, dimanche.
"On nous a vendu une équipe de méchants mais on s'est fait marcher dessus par l'Espagne"
Video credit: Eurosport
Elle avançait masquée jusqu'ici. Solide, sûre de sa force et mature. L'Espagne a surclassé des Bleus qui sont passés à côté de leur rendez-vous des demi-finales de la Coupe du monde 2026. On les a vus dominants face à l'Autriche et le Portugal, en difficulté mais décisifs face à la Belgique, puis en maîtrise face aux Tricolores. Le tournoi de la Roja est une sorte de sphère à multiples facettes. Chacune plus redoutable les unes que les autres. Avec un seul but encaissé sur la compétition, Luis De La Fuente a rappelé qu'un tournoi se gagne avant tout grâce à la solidité plutôt qu'une attaque mirobolante et prolifique.
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Après une phase de poules en demi-teinte qui avait démarré par un nul contre la Cap-Vert, l'Espagne a gentiment mis en route. Une fois les groupes passés, Lamine Yamal et ses coéquipiers ont appuyé sur l'accélérateur contre l'Autriche. Leur première performance pleine de la compétition qui a arraché des compliments au druide Ralf Rangnick. "Je prends peut-être un risque en disant cela, je ne serais pas surpris si nous avions affronté non seulement les champions d'Europe en titre, mais aussi les futurs champions du monde. S'ils continuent de jouer à ce niveau, il sera extrêmement difficile de battre les Espagnols", a loué le sélectionneur autrichien.
Minimaliste puis dominante
Au tour suivant, c'est une Espagne plus minimaliste qui s'est présentée face au Portugal. Loin de la masterclass collective face à l'Autriche, Luis De La Fuente a proposé une partition beaucoup plus sobre, mais toujours en maîtrise. Des petites occasions, rien de fou à se mettre sous la dent. Un Lamine Yamal muselé jusqu'à la sortie sur blessure de Nuno Mendes à l'heure de jeu, puis Mikel Merino en sauveur. Même peu inspirée, elle a réussi à se défaire de ce pâle Portugal. Au forceps, mais encore une fois toujours sans trembler.
Contre la Belgique, en quart de finale, l'Espagne a dominé son sujet, mais a cette fois-ci tremblé quelque peu. Tenue en échec à la mi-temps, la Roja a accéléré en seconde période. 17 tirs à 5, 68% de possession, les Diables Rouges ont existé grâce à quelques coups d'éclat, mais dans l'entrejeu les Ibériques ont encore une fois prouvé leur supériorité. Encore une fois, grâce à un but de Mikel Merino dans les tous derniers instants, elle s'est sortie d'un guêpier pour rallier sa première demi-finale de Coupe du monde depuis 2010. Insubmersible Espagne.
Toujours dominante, la sélection espagnole ne comptait pas se travestir face aux Bleus, et leur attaque cinq étoiles. Le double-pivot français est une aubaine pour le milieu à trois espagnol. Rodri, Fabian Ruiz et Dani Olmo ont donné une leçon de football à Manu Koné et Aurélien Tchouameni, qui a abandonné son poste. La grande réussite de l'Espagne est d'avoir su partager la possession du ballon (51%/49%), tout en restant en maîtrise. Surtout, l'exploit reste celui d'avoir réussi à réduire au silence la plus belle attaque de cette Coupe du monde.
Le footballeur espagnol est le meilleur footballeur du monde
Sur les côtés, Pedro Porro et Marc Cucurella ont annihilé les ailiers, la gestion de la profondeur de la charnière centrale et d'Unai Simon a été parfaite et les offensifs espagnols ont été grandement inspirés. Leur jeu en une touche a totalement dérouté une défense française aux abois. Pas un nombre faramineux d'occasions, ni un siège sur le but de Mike Maignan. Juste une gestion parfaite du tempo du match grâce au maestro Rodri, de retour en mode Ballon d'or après ses difficultés.
"Remettre en question Rodrigo me semblait une insulte à l'intelligence", l'a d'ailleurs défendu son sélectionneur en conférence de presse. Dani Olmo en numéro 8/10 a été impitoyable entre les lignes devant la défense, Fabian Ruiz a surnagé, et que dire de Lamine Yamal et de Mikel Oyarzabal, dans tous les bons coups.
Après la rencontre, Luis De La Fuente a loué la foi de ses joueurs en ce plan collectif redoutable. "Aujourd'hui, nous affrontions peut-être l'une des meilleures sélections du monde, mais ils avaient en face d'eux la meilleure équipe du monde. C'est la meilleure façon de désactiver n'importe quelle proposition footballistique avec de l'ordre, de l'équilibre, du sacrifice, de l'effort, avec un talent footballistique énorme, en interprétant très bien les phases du jeu. J'ai toujours dit que pour moi le footballeur espagnol est le meilleur footballeur du monde, précisément par cette interprétation du football." Cette intelligence les a menés en finale, reste à conclure désormais, ce sera face à l'Argentine. Un autre challenge, une autre opposition.
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