Coupe du monde 2026 - Avant Norvège - Angleterre : Erling Haaland, la tête qui dépasse, le sourire qui fait peur

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Déjà auteur de sept buts pour la première Coupe du monde de sa carrière, Erling Haaland nage en plein rêve au cœur d'une sélection norvégienne qui a répondu aux attentes et s'est mise à les surpasser. L'attaquant de Manchester City, qui avait quelque peu perdu le sourire au cœur de la saison, l'a retrouvé. Et n'est jamais aussi dangereux que lorsqu'il est aussi relâché.

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On a observé un Kylian Mbappé en mission depuis le début du Mondial. On a vu Harry Kane rugir comme un lion après avoir sauvé l'Angleterre face au Congo. On s’est ému des larmes de Lionel Messi après l'incroyable Argentine – Egypte (3-2) de mardi soir. Erling Haaland, sept réalisations jusqu’ici, est dans le peloton des meilleurs buteurs de cette Coupe du monde qui sourit aux stars. Mais il est peut-être la seule star qui sourit autant.
Il lui a d'abord fallu évacuer une forme de pression lors de son premier match contre l'Irak. Briser un dernier plafond. C'est ainsi que l'attaquant de Manchester City a célébré de manière rageuse le premier but de sa carrière dans un Mondial. La Bundesliga, la Premier League, la Ligue des champions et maintenant la plus grande des compétitions : à chaque nouvelle étape, Haaland, 62 buts en 54 sélections, 297 réalisations en 380 matches de clubs, répond présent. On a pu croire que sa nationalité lui poserait des soucis dans le foot de sélection. Il n'en est rien : il a participé à faire de la Norvège un sérieux outsider européen.
"Je n'ai jamais rêvé ça de ma vie, reconnaissait-il après son doublé contre le Brésil dimanche. Je rêvais de jouer la Coupe du monde avec la Norvège, mais je ne me serais jamais attendu à battre le Brésil. Je pensais que c'était impossible de faire certaines choses, mais je suppose que j'avais tort".
S'il lui restait un complexe, une limite, les voilà donc balayés. Et depuis ce but à bout portant contre l'Irak, la machine à buts a beau être un "cyborg", un golgoth : il n'a jamais paru aussi léger. Revoyez attentivement son détachement dans les secondes qui ont précédé son ouverture du score de la tête contre le Brésil, et son regard défiant pour la célébrer. Son relâchement au moment de frapper, sans élan, de l'extérieur de la surface pour faire ensuite le break. Et cette fois, son sourire coquin, narquois, pour marquer le coup, comme il l'avait déjà fait contre le Sénégal.
Il faut qu’il soit détendu, heureux
Ses propos après ce deuxième match de poules remporté face aux Lions de la Teranga disaient déjà tout de son état d'esprit. Alors que son équipe venait de s'assurer une qualification en huitièmes de finale avant même d'affronter l'équipe de France, Haaland déclarait sur Fox Sports : "Honnêtement, je me moque un peu de ce match (contre les Bleus, ndlr) maintenant ! On a réussi à se qualifier, ce qui est incroyable, donc je ne vais pas trop m'attarder sur ce match à l'heure actuelle… Ils vont probablement nous battre, ils vont probablement remporter le tournoi".
Cette peau d'outsider lui va à merveille, après tout. Et tranche avec son quotidien à Manchester. Au cœur d'une période de creux en Premier League en seconde partie de saison, Pep Guardiola avait ainsi eu ces mots en conférence de presse, qui ont une résonance particulière aujourd'hui.
"Le problème avec Erling, c’est qu’il doit gérer ses propres statistiques et les attentes qui en découlent. C’est là son défi. Je lui dis toujours de ne pas se mettre trop de pression. De se fier à son instinct, à ses mouvements, d’anticiper les actions que son intuition lui permet de faire mieux que quiconque au monde. Il est calme mais il se met la pression. Il ne veut pas décevoir l’équipe, il souffre quand il ne marque pas. Il sait combien nous avons besoin de lui. Il faut qu’il soit détendu, heureux et qu’il prenne du plaisir". Aux Etats-Unis, cette mission est déjà pleinement accomplie.
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