Coupe du monde 2026 | Etats-Unis - Belgique : après la polémique Balogun - Trump, les Belges ont rétabli la vérité du jeu, plutôt que celle du je

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Après des jours de polémique et de tension autour de la suspension de Folarin Balogun finalement annulée, les Etats-Unis ont été ramenés sur Terre par la Belgique lundi (4-1). Les Diables Rouges ont été implacables, imperméables et même galvanisés par la présence de l'attaquant de Team USA, et du coup de pouce de Donald Trump auprès de la FIFA. Le football n'en sortira pas vainqueur, son jeu oui.

Carton rouge retiré à Balogun : "Aujourd'hui, l'équité est bafouée, ça fait très mal"

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Si les Etats-Unis voulaient faire oublier la polémique - tout du moins son fond, car pour sa forme… -, ils auraient difficilement pu mieux s'y prendre. Team USA a été balayée en huitièmes de finale de "son" Mondial par la Belgique (4-1), boostée à bloc par ce qui restera sans doute comme le "Balogun game". L'attaquant américain de l'AS Monaco, suspendu puis finalement gracié par une intervention de la FIFA et de Donald Trump, était bien physiquement sur le terrain. Mais le joueur de l'AS Monaco comme ses coéquipiers ont été absents des débats, comme avalés par leur contexte nauséabond. Le jeu était passé au second plan avant la rencontre, il l'a aussi été durant pour le dernier pays organisateur encore en lice.
Ce que la politique et l'extra-sportif ont approché a transformé l'or, celui d'une compétition à domicile et d'un beau début de parcours, en plomb, celui visiblement dans les têtes américaines. Folarin Balogun cristallise - encore une fois bien malgré lui - cet état de fait.
Que ceux qui craignaient l'impact de sa disponibilité soient rassurés. On a tellement peu vu le Monégasque que c'est à peu près comme s'il n'avait pas été là. 19 ballons touchés, plus petit total de tous les titulaires alignés exception faite d'Amadou Onana sorti sur blessure après 21 minutes de jeu. Une seule frappe cadrée, aucun but, aucun dribble réussi, pas même d'occasions créées. Tout juste pourra-t-il mettre en avant d'avoir provoqué la faute qui a entraîné le but sur coup franc de Malik Tillman. Si le score final avait été de 1-0, il aurait été un des héros. Dans la débâcle de ce lundi soir à Seattle, il restera comme le symbole d'un fiasco.

Erreurs coupables

"Au final, nous ne jouons pas les victimes, mais nous ne sommes certainement pas les méchants dans cette histoire non plus" avançait le sélectionneur des Etats-Unis Mauricio Pochettino dimanche avant la rencontre. Il ne croyait pas si bien dire, à bien des égards. Non, ni lui, ni Folarin Balogun ne sont responsables de tout ce qui s'est joué en coulisses quand eux cherchaient à préparer ce qui ressemblait à un des matches les plus importants de l'histoire de Team USA. Au lieu de cela, les joueurs de Poch' se sont montré bien trop gentils.
Sa défense a été d'une invraisemblable passivité face aux déboulés de Nicolas Raskin puis de Leandro Trossard pour trouver Charles De Ketelaere, double buteur en première période. Puis son gardien Matt Freese a plombé pour de bon les siens sur une énorme boulette, une sortie pas parfaitement maîtrisée puis un temps d'hésitation fatal et puni par Hans Vanaken dans le but laissé vide. "Ce n'est pas ce que nous cherchions à accomplir" a résumé le milieu de terrain Tyler Adams en zone mixte. "Il y a beaucoup de choses que nous aurions pu mieux faire. Quand vous laissez des buts aussi faciles contre une équipe de cette qualité et de calibre, cela va forcément être compliqué. Nous leur avons donné de bonnes opportunités, ou même des demi-opportunités, et ils les ont converties."
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Mais où est passée l'équipe emballante, toujours la plus prompte à démarrer les rencontres de cette Coupe du monde pied au plancher au point de ne pas concéder l'ouverture du score lors de ses quatre premières rencontres ? "Nous n'avons pas été la même équipe que celle qui a montré sa qualité durant le tournoi" a résumé Mauricio Pochettino. "C'est une très mauvaise journée, collectivement, individuellement. Et nous devons accepter que parfois, ce genre de choses se produit. Mais dans un tournoi comme la Coupe du monde, quand cela arrive, vous n'avez pas deuxième chance."
Il y avait un sentiment d'injustice dans le groupe et on avait à cœur de répondre sur le terrain
Adams a voulu balayer l'hypothèse du "bruit ou de quoi que ce soit" qui aurait pu polluer l'avant-match. "Cela nous a probablement encouragé d'une certaine manière" a clamé le joueur de Bournemouth. Mais certainement pas autant que la Belgique. Le psychodrame Folarin Balogun, passé d'un fait de jeu à un pathétique sketch par l'intervention de Donald Trump et la mansuétude de la FIFA, a été une motivation supplémentaire pour les joueurs d'outre-Quiévrain.
"Nous n'en avions pas besoin, ce qui comptait vraiment pour nous, c'était notre plan de jeu" a voulu tempérer en vain le sélectionneur Rudi Garcia. La victoire renversante des siens au tour précédent contre le Sénégal aurait déjà pu être un acte fondateur pour Garcia et ses Diables Rouges. Mais la présence de Balogun n'a fait que souffler sur les braises d'un feu naissant. "On ne va pas se le cacher, on a eu une réunion quand on a appris la nouvelle", a admis Youri Tielemans à la RTBF. "On s'est dit qu'on devait répondre sur le terrain. C'est ce qu'on a fait aujourd'hui. Je suis très fier de l'équipe." "Ces deux derniers jours, il s'est passé beaucoup de choses sur le plan extra-sportif", a évoqué Nicolas Raskin à la RTBF. "Il y avait un sentiment d'injustice dans le groupe et on avait à cœur de répondre sur le terrain."
Le post X de l'équipe nationale belge "Annule ça" pour accompagner les photos de célébration du quatrième but signé Romelu Lukaku en dit suffisamment long sur l'état d'esprit qui a animé les Belges. Ils ont usé d'orgueil et de fierté pour répondre à cette "injustice", et ont trouvé tous les ressorts de motivation possibles pour signer ce qui ressemble à une démonstration. "Ces derniers jours, on nous a manqué de respect ici aux Etats-Unis" s'est emporté Thibaut Courtois à Sporza. "Il était dit qu'ils pourraient nous battre facilement, mais je pense que nous avons prouvé que nous sommes une bonne équipe. Nous avons fait un super match. Tout ce qui s'est passé avant n'a pas nécessairement joué un rôle. J'ai lu ce qui s'est passé et j'en ai ri. Aujourd'hui pour être honnête, je me sentais plus certain de notre victoire que contre le Sénégal. C'est une meilleure équipe que les Etats-Unis, et cela s'est vu aujourd'hui."
Team USA a été remis à sa place et à sa réalité, éliminée en huitièmes de finale pour la sixième fois sur ses sept participations à la Coupe du monde. Alors Balogun ou non, Trump et Infantino ou non, la meilleure équipe (et de loin) l'a emporté. Et la vérité du terrain avec elle.
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