Ligue des Nations I Bleus I Jérémy Jacquet, boss en puissance
Par Vincent Bregevin
Publié 29/09/2026 à 16:28 GMT+2
Il a donné l'envie de le revoir. Jérémy Jacquet a répondu aux attentes pour sa première sélection en équipe de France face à la Belgique, lundi (0-1), dans la lignée de son début de saison impressionnant avec Liverpool. Le défenseur de 21 ans a les qualités pour devenir un joueur dominant à son poste. Il a aussi celles d'un patron en puissance. A commencer par son attitude.
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Ce n’était pas le contexte le plus évident. Un match à l’extérieur, face à une équipe de Belgique en confiance après sa victoire contre l’Italie, dans une défense remaniée aux trois quarts avec un autre novice, comme lui. Jérémy Jacquet n’a pas été mis dans le confort pour ses débuts internationaux. L’impression n’en était que plus nette au coup de sifflet final. Ce confort, il est bien celui qui a su le donner à la défense tricolore. Du haut de ses 21 ans. Naturellement. Et le plus bluffant ? Ce n’est même pas surprenant.
Ses débuts tonitruants à Liverpool laissaient clairement envisager cette issue. Comme celui des Reds, le maillot des Bleus peut parfois sembler trop lourd à porter. Ce poids n’a jamais pesé sur Jacquet. C’est plutôt celui du jeune Tricolore qui a écrasé le pauvre Charles de Ketelaere. Au sol, dans les airs, dans le jeu en appui ou en profondeur, l’avant-centre des Diables Rouges n’a jamais vu le jour. Jacquet a régné sans partage dans son duel avec l’attaquant belge.
L’aspect défensif de sa performance était déjà celle d’un patron. Il ne masque cependant pas son apport offensif, avec des relances et des percées balle au pied qui ont cassé des lignes. "Non, je repense à deux-trois ballons, sur le plan offensif, quand je récupère la balle, je peux faire beaucoup mieux, a-t-il cependant estimé. Je peux trouver ma dernière ligne offensive et il y a deux-trois pertes de balle. Mais globalement, je suis content. On repart avec les trois points et un clean-sheet, il n'y a pas mieux."
Le bonhomme est exigeant, hermétique sur le terrain comme devant les micros. Une force tranquille, même si Zinédine Zidane avait pris soin de le préparer à l’événement d’une première cape. "Personnellement, il me l’a annoncé deux jours avant, a confié Jacquet au micro de TF1 après la rencontre. Je pense qu’il voulait que je me conditionne assez tôt, puisque c’était mon premier match avec l’équipe de France A." Deux jours au cours desquels il aurait pu gamberger. Sur sa prestation, la pression ne l'a pas rattrapé.
"Je prends mon temps et je ne me prends pas la tête"
Il y a cette constante chez Jacquet. De ses débuts à Rennes à cette première sélection, il donne toujours l'impression d'avoir un temps d'avance sur les événements. Sans forcer quoi que ce soit. "Je prends mon temps et je ne me prends pas la tête, a-t-il affirmé. On me demande de jouer, on me donne certaines consignes. J’essaie de l’appliquer. Ce qui viendra viendra. J’ai la tête bien vissée sur les épaules. J’ai une famille qui est derrière moi, qui me recadre au cas où. J’essaie de ne pas prendre la grosse tête, de rester la tête très, très froide."
C'est bien l'impression qu'il dégage, à Liverpool comme en équipe de France. Un mélange de puissance et de sérénité qui rejaillit sur l'ensemble de ses coéquipiers. Depuis qu'il est passé sur les bords de la Mersey, Liverpool n'a pas perdu toutes compétitions confondues et reste sur trois matches consécutifs sans prendre de but en Premier League. Pour sa première sélection, la France a gagné et préservé son but inviolé. Jacquet est le dénominateur commun et cela n'a rien d'anodin.
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La marge de progression est évidente compte tenu de son âge, mais Jacquet apporte déjà des garanties de qualité. Une plus-value considérable à un poste aussi crucial que celui de défenseur central. Un secteur parfois friable quand Dayot Upamecano ou William Saliba vient à manquer. Le défenseur d'Arsenal sera encore sur le flanc pour quelques mois avec son dos récalcitrant. Jacquet aura des opportunités. Il a surtout montré qu'il avait au moins le potentiel pour s'imposer.
C'est ce qui ressort de ce début de rassemblement, et de sa première aboutie contre la Belgique. Jacquet a généré ce désir de le revoir. Notamment dans une association avec Upamecano, un joueur qu'il observe en particulier. "Je dirais que je peux prendre l’exemple de tous les défenseurs centraux qui sont ici, a-t-il avancé. Mais 'Upa' je le regarde assez souvent, même quand je fais mes retours de match. C’est un joueur qui me ressemble beaucoup." Un boss. Le rôle auquel Jacquet aspire lui aussi.
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