Coupe du monde 2026 I Espagne - Arabie saoudite I Lamine Yamal, le risque face à l’état d’urgence

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Ce n’était pas le plan de Luis de la Fuente. Mais le nul concédé à la surprise générale face au Cap-Vert (0-0) place le sélectionneur dans une situation précaire avec Lamine Yamal. L’ailier du Barça, blessé avant la Coupe du monde, a montré en 20 minutes à quel point la Roja avait besoin de lui. Il sera aligné d'entrée contre l’Arabie saoudite dimanche (18h). Ce n'est pas sans risque.

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C’est le genre de décision qui donne des maux de tête à tous les sélectionneurs. Luis de la Fuente n’aurait pas eu l’esprit torturé si l’Espagne avait tenu son rang pour son entrée en lice dans la Coupe du monde. Battre le Cap-Vert semblait largement à sa portée. Mais au lieu de gagner, elle est retombée face aux démons de son passé, avec une domination désespérément stérile et un nul tristounet que personne n’avait vu venir (0-0).
Même Lamine Yamal n’y rien changé. Du moins, au tableau d’affichage. Sur le terrain, le prodige barcelonais en a fait plus en 20 grosses minutes que tous les autres attaquants espagnols sur la totalité du match. Il a provoqué, dribblé, tenté… mais sans succès. Ce n’était pas non plus le Yamal dominant, celui qui terrorisait toutes les défenses jusqu’à cette blessure à la cuisse gauche survenue le 22 avril, en transformant le penalty de la victoire face au Celta Vigo (3-0).
Comment pouvait-il en être autrement pour un joueur absent des terrains pendant quasiment deux mois ? Il était apte à jouer contre le Cap-Vert, de l’aveu de De la Fuente, qui avait prévu de lui donner un peu de temps de jeu. Le sélectionneur aurait certainement préféré d’autres conditions, avec un avantage au score pour lui permettre de retrouver tranquillement ses sensations. L’enjeu est trop important pour qu’il ne procède pas avec le maximum de précaution.
Le rêve d’une deuxième étoile passe invariablement par Yamal pour l’Espagne, même si elle a plutôt bien vécu quand elle a dû se passer de lui depuis un an. Le cas s’est présenté à six reprises, avec quatre victoires et deux nuls pour les hommes de De la Fuente. Six matches où la Roja a toujours marqué, avec un total de 16 buts, soit une moyenne supérieure à 2,5 buts par rencontre. Et si elle n’a pas trouvé l’ouverture contre le Cap-Vert, c’est aussi parce qu’elle est tombée sur Vozinha, devenue une star des réseaux après sa prestation héroïque dans la cage cap-verdienne.

"Il modifie la façon dont les adversaires jouent"

L’absence de Yamal n’explique pas totalement le faux-départ de l’Espagne. Mais le champion d’Europe a grillé un joker et peut difficilement se passer de sa star désormais. "C'est un joueur exceptionnel, rappelait Mikel Merino cette semaine en conférence de presse. Son profil est différent de ceux qui étaient sur le terrain, et cela modifie la façon dont les adversaires jouent. Ce déséquilibre permet aux autres joueurs de disposer de plus de temps et d’espace dans d’autres zones du terrain. Avec son niveau, Lamine peut faire la différence dans n’importe quel match et à tout moment."
De la Fuente en a parfaitement conscience. Mais dans la logique du sélectionneur, Yamal n’est vraisemblablement pas censé disputer l’intégralité du match contre l’Arabie saoudite, qui a plutôt bien démarré son tournoi en accrochant l’Uruguay. Nous devons évaluer la situation avec Lamine, expliquait-il jeudi au micro de la COPE. Si je pense qu'il peut jouer 45 minutes ? Bien sûr, quelque chose comme ça". Le but est de trouver le compromis pour éviter le risque de rechute. Toute la complexité de sa décision repose là-dessus.
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Et, aussi, sur sa faculté à gérer la pression que son choix implique. Elle n’est pas seulement populaire et médiatique. Elle peut aussi venir du joueur. Yamal est un jeune homme extrêmement ambitieux, qui rêve de soulever la Coupe du monde mais aussi un Ballon d’Or, a minima. Et qui a vu les stars briller de tout leur éclat en ce début de tournoi, de Kylian Mbappé à Harry Kane en passant par Lionel Messi ou Erling Haaland. Même si pour le moment, il garde les pieds sur terre. "Je pense qu'il est trop tôt pour jouer un match complet. Ce n'est pas nécessaire, a toutefois tempéré la star espagnole sur la RTVE. Je suis en pleine période d'adaptation et ce n'est pas le moment de disputer une rencontre entière".
De la Fuente a tranché face à ce dilemme dimanche en titularisant Yamal. Vicente del Bosque avait connu une situation comparable avec Fernando Torres, arrivé blessé au genou à la Coupe du monde 2010. Laissé sur le banc au coup d’envoi de la défaite inaugurale face à la Suisse (1-0), El Niño avait ensuite débuté contre le Honduras et joué 70 minutes (2-0). Le sélectionneur espagnol avait réagi dans l’urgence et Torres n’avait pas marqué durant le tournoi en Afrique du Sud. Mais l’Espagne avait été sacrée…
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