Coupe du monde 2026 I France - Angleterre I Didier Deschamps : "Rabiot me dit : 'coach, je ne peux plus jouer normalement'"

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C'était sa dernière, mais l'heure n'était pas forcément aux adieux. Plutôt aux explications. Trois jours après l'élimination de l'équipe de France face à l'Espagne en demi-finale du Mondial 2026, Didier Deschamps est revenu sur certains de ses choix face à la Roja, dont la sortie d'Adrien Rabiot à la mi-temps. Le sélectionneur des Bleus, droit dans ses bottes, s'est justifié sans trembler.

"Deschamps avait préparé son argumentation sur Rabiot, mais elle n'est pas suffisante"

Video credit: Eurosport

L'émotion attendra. Alors qu'il s'est présenté à sa toute dernière conférence de presse dans le costume (ou plutôt le survêtement) de sélectionneur de l'équipe de France, après quatorze ans à sa tête, Didier Deschamps est arrivé avec un léger sourire devant les journalistes présents et l'a rapidement perdu face aux diverses questions posées. Dès la deuxième, il a été invité à revenir sur la demi-finale perdue face à l'Espagne (2-0) et certains de ses choix. De la sortie prématurée de William Saliba sur blessure à celle d'Adrien Rabiot à la mi-temps, "DD" a prévenu qu'il allait "faire long". Et il a tenu parole.
"J'ai des décisions à prendre, je les ai prises, a-t-il déclaré d'emblée. Déjà, la blessure de William Saliba. Évidemment, elle est problématique. Là aussi, il y a des examens qui ont été faits. Sa blessure ne s'est pas aggravée. Il a ça depuis, malheureusement pour lui, le mois de mars. Donc il a géré, il a serré les dents. Et à un moment, c'est la capacité à supporter la douleur. Et là, la douleur, malheureusement pour lui et pour nous, était à un degré qui n'était pas supportable." Le sélectionneur a ensuite enchaîné sur le remplacement de Rabiot, averti assez tôt dans le match.
"La relation que j'ai avec les joueurs, Adrien et les autres : à la première pause fraîcheur, il vient me voir et me dit : 'Coach, je ne peux plus jouer normalement. Je ne peux plus faire mon jeu.' Excusez-moi de pouvoir comprendre, parce que j'étais joueur. Et je me suis retrouvé dans deux situations, deux demi-finales, avec un carton jaune sur la tête, s'est remémoré "DD". Aujourd'hui, ce n'est pas le cas, parce que c'est nettoyé. Je me rappelle, même si ça date, de par mon poste. Quand vous êtes au milieu de terrain, le jeu est à 360 degrés. Ça peut venir de partout : attaque, défense, voilà. Je lui ai dit : 'Gère, évite de laisser traîner le pied, parce que ça peut amener à des situations...' Il y a eu une action où ce n'est pas passé loin. Et pour revenir à ce que je venais de vous dire, je les ai faits, ces matchs-là. J'étais l'ombre de moi-même. Tout le temps avec le frein à main, l'épée de Damoclès sur la tête. Je vais me priver d'un des joueurs qui était le plus en forme sur ce match-là ?"
Sur l'arbitrage, j'ai juste posé une question
Le patron des Bleus a donc fait "l'évaluation des risques", et notamment celle des "fenêtres de changement". "À la mi-temps, ça ne compte pas. Être à dix, j'aurais pu faire les choses différemment. Je ne sais pas comment ça se serait passé. Mais il y a bien longtemps que je ne me pose pas la question de savoir si j'ai fait le bon choix, avec ce que je pensais sur le moment, avec les éléments, mon vécu aussi, en tenant compte de tout ce que j'ai, et que vous ne pouvez pas tout avoir non plus. Après, ça laisse de la place à de l'interprétation."
Dans un long monologue, le sélectionneur des Bleus est également revenu sur sa remise en cause de l'arbitrage. "C'est comme quand j'ai posé la question sur l'arbitrage : je ne mets pas en cause l'arbitre, s'est-il défendu. Je dis juste que je pose une question. Mais ce n'est pas l'arbitre qui nous a fait perdre. Après, qu'il y ait des décisions, chacun aura sa propre analyse, son interprétation. Je ne vais pas dire que c'est l'arbitre qui nous a éliminés contre l'Espagne. Je n'ai jamais ça en tête. Mais il y a des décisions qui auraient pu être différentes. Et en étant joueur, et je l'ai été, je sais très bien les conséquences que ça peut avoir. C'est tout. Mais la première analyse, c'est qu'ils ont été meilleurs. Les deux équipes méritent d'être en finale. Pourquoi ? Parce qu'elles ont battu tous leurs adversaires. Comme nous, pour en arriver là, on mérite. On mérite parce qu'on a battu ceux qui étaient en face de nous. Et là, on a un dernier adversaire, l'Angleterre, demain (samedi)." Et finir sur une victoire serait quand même une bonne manière de se dire au revoir.
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