Coupe du monde 2026 I L'Angleterre peut-elle devenir championne du monde avec Jordan Pickford dans ses cages ? 

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Jordan Pickford dispute au Mondial 2026 sa cinquième compétition majeure avec l'Angleterre. Le gardien d'Everton a fait gagner les Three Lions, face au Mexique, mais il s'est aussi perdu, parfois, face à la Croatie ou au Ghana. Éternelles dents de scie pour un joueur ambivalent, qui fait gagner, souvent, mais gâche encore un peu trop, parfois.

"Flamboyant au 1er tour avant de s’éteindre : le tournoi d’Olise c’est celui de Payet à l'Euro 2016"

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Thomas Tuchel est de la trempe de ceux qui tranchent dans le vif, puis assument. Le genre de sélectionneur qui prive de Mondial trois de ses meilleures individualités (Trent Alexander-Arnold, Phil Foden, Cole Palmer) et un capitaine historique (Harry Maguire). Mais pas Jordan Pickford, toujours solidement installé devant les cages anglaises. Face à l'Argentine, le gardien d'Everton, devenu le plus capé de l'histoire des Three Lions au Mondial, va (re)vivre le plus grand défi de sa vie. Comme en 2018. Avec l'aplomb d'un cadre, et les doutes que suscitera toujours, quoi qu'il fasse, un Jordan Pickford. 
Résumons. Sa Coupe du monde est à l'image de sa carrière. Paradoxale. Si l'Angleterre tient toujours, c'est que Jordan Pickford l'a sauvée du Mexique et de l'Azteca. Face aux 54 centres mexicains, en huitièmes (3-2), l'arrière-garde britannique a fait corps. Jordan Pickford a bondi, pour boxer 5 ballons sur l'ensemble du match. Le 5e meilleur total de l'histoire du Mondial selon Opta. Ironie d'un portier qui s'éloigne rarement de ses portes, justement, faute d'avoir la longueur (1 m 85) d'un Courtois (2 m), ou la vitesse d'un Lloris. Mais qui sait dégainer son bras au moment voulu, comme face à Raul Jimenez en première mi-temps (15e). 
Il n'est pas le gardien le plus élégant à regarder, mais mon Dieu, qu'il est efficace
Là étaient venues les louanges. De sa défense, représentée par Ezri Konsa : "Avoir un gardien de classe mondiale vous aide toujours, il a joué tous ces matches pour une raison." Des grands du jeu, aussi : "Ceux qui ne le comprennent pas ne voient que ses provocations, le fait qu'il touche ses adversaires, ou qu'il se roule par terre, prévenait son prédécesseur Joe Hart à The Athletic. C'est pourtant sa force. Il n'est pas le gardien le plus élégant à regarder, mais mon Dieu, qu'il est efficace. On peut lui faire confiance."
Mais pour que son Mondial lui ressemble, Pickford doit aussi raviver les critiques. D'entrée, le missile du Croate Martin Baturina avait transpercé son gant (1-1, 36e). La réalisation s'était ensuite immiscée dans un échange musclé entre Thomas Tuchel et son gardien, à la suite d'un dégagement complètement manqué. "Fais ce que je t'ai dit", avait ordonné l'Allemand, en conclusion de l’enguirlandement. 
"Je ne peux juste pas imaginer l'Angleterre gagner la Coupe du monde avec Jordan Pickford", lançait alors l'ancien attaquant Troy Deeney, après la victoire des Anglais contre la Croatie (4-2), et avant qu’ils aillent buter sur le Ghana (0-0). Pickford était d’ailleurs passé tout près d'une boulette lourde de conséquences face aux Black Cats. Mais sa sortie mal sentie dans les pieds de Prince Adu n'avait entraîné qu'un coup franc, qui aurait pu virer au rouge aisément. 

Cinq compétitions majeures avec l'Angleterre : deux finales, deux demi-finales

Brian Cipenga l'avait ensuite surpris au premier poteau, lors du seizième de finale Angleterre – République démocratique du Congo. Pickford n'a pas rassuré non plus, face à la Norvège, en quarts. Son bras replié sous la frappe surprenante d'Andreas Schjelderup a fait tâche, et sa nervosité a pesé sur une Angleterre en difficulté, qui se serait bien passée de quelques corners évitables.
Ni Dean Henderson (Crystal Palace), ni James Trafford (Manchester City) ne se feront d'illusions, pourtant, au moment où Thomas Tuchel annoncera le nom du titulaire face à l'Argentine de Messi. Jordan Pickford sera là. Comme il l'était en 2018, en demi-finales. Comme à l'Euro 2021, avec deux tirs au but arrêtés en finale face à l'Italie. Au Mondial 2022. Et à l'Euro 2024. 
À 32 ans, Jordan Pickford est toujours Jordan Pickford. En "un peu plus vieux, un peu plus sage aussi", qu'en 2018, selon ses propres dires à la veille de sa nouvelle demi-finale. Pas une seule fois, en conférence de presse, mardi, on l'a questionné sur ses coups de moins bien. Preuve qu'après 90 sélections, deux demi-finales de Mondial, et deux finales à l'Euro, l'Angleterre vous le rend bien. Et doute de moins en moins.
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