Coupe du monde 2026 - "Il ne croyait plus en son équipe" : Tuchel, trois changements défensifs contre l'Argentine et une cible dans le dos

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L'Angleterre y croyait fort, à sa première finale de Coupe du monde depuis 1966. Mais devant au score après le but d'Anthony Gordon contre l'Argentine mercredi soir, les Three Lions ont refusé le jeu et ont été sanctionnés (1-2). Le coupable est tout désigné : Thomas Tuchel, qui a fait entrer trois défenseurs en dix minutes.

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Pour voir l'Angleterre s'incliner dans un match de Coupe du monde après avoir ouvert le score, il fallait remonter à… la demi-finale perdue par les Three Lions contre la Croatie, le 11 juillet 2018, en Russie (2-1). Cette fois, pas d'ouverture du score dès la 5e minute, ni de prolongation. Mais la même conclusion : un renversement de situation, cette fois argentin, et le rêve de première finale de Mondial depuis 1966 qui s'envole.
Après un premier acte très, très fermé avec 0,08 "expected goal" en cumulé, l'Angleterre avait donc frappé la première, grâce à Anthony Gordon, à la réception d'un centre de Morgan Rogers, le choix fort et payant du soir de Thomas Tuchel (55e). Mais ce fut paradoxalement le début de la fin pour le vice-champion d'Europe. Et la fin des belles inspirations de son sélectionneur.
L'Albiceleste a enfin mis la marche avant, gagné du terrain, jusqu'à une énorme occasion de la tête de Nico Gonzalez, écoeuré par la parade de Jordan Pickford (69e). Le signe, pour Tuchel, qu'il fallait verrouiller l'affaire. A la 72e minute, Ezri Konsa remplaçait le buteur Gordon. Dix minutes plus tard, Dan Burn, tour de contrôle de Newcastle, palliait la blessure de Reece James. Dans le même temps, Declan Rice était remplacé par Nico O'Reilly. Trois défenseurs entrants pour un seul sortant : on avait compris l'idée. Sauf qu'Enzo Fernandez (85e) puis Lauraro Martinez (92e) ont tout renversé. Et que l'Angleterre ne s'en est pas relevée.
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On est devenus passifs et on l’a payé cher
"On a bien joué pendant la majeure partie du match. Une fois à 1-0, on a semblé se contenter de tenir bon, ce qui, à ce niveau, ne suffit pas", a immédiatement reconnu Harry Kane sur les ondes de la BBC. "Après avoir marqué, on est devenus un peu passifs et on a baissé de régime, et on l’a finalement payé cher", a abondé Dan Burn. Voilà pour la partie modérée de l'analyse.
Car du côté des consultants anglais, les pincettes étaient bien rangées. Et on avait bien du mal à comprendre ce qui a ressemblé, de l'extérieur, à un immense aveu de faiblesse : l'Angleterre n'a enregistré que 12% de possession entre son ouverture du score et le but de la victoire de l'Argentine. A peine croyable.
"Quand vous prenez l'avantage, vous devez continuer à imposer votre jeu, a pesté Wayne Rooney. Nous menons 1-0, puis nous reculons, nous passons à une défense à cinq, voire à six. Si vous laissez Lionel Messi et l'Argentine venir jouer dans votre camp, vous cherchez les ennuis. Quand nous avions le ballon, nous n'avions aucune solution. Nous nous contentions de dégager de longs ballons. Quand Tuchel a effectué ces changements, les joueurs sur le terrain ont dû se dire : 'Oh non.' Ils savaient ce qui allait arriver. Il aurait fallu énormément de réussite pour tenir jusqu'au bout."
Cette réussite, Jude Bellingham et ses coéquipiers ne l'ont pas eue. Pas plus qu'ils ne se sont créé une occasion pour tenter de se rebiffer. "Gareth Southgate a essuyé de nombreuses critiques pour sa gestion des moments cruciaux avec l'Angleterre, notamment lorsqu'ils menaient au score et se sont repliés en défense. Je ne vois aucun changement notable dans ce domaine, a de son côté lancé l'ancien portier Joe Hart. Malgré tous les éloges adressés à Thomas Tuchel, son changement de tactique aussi rapide laisse penser qu'il ne croyait plus en son équipe, qu'il doutait de leur capacité à inquiéter davantage l'Argentine".
Des millions d’entraîneurs qui en sauront plus que moi
Une Argentine qui, de l'aveu d'Emiliano Martinez, a bien senti que son adversaire reculait au lieu d'avancer. Le constat est terrible pour le technicien allemand, dont on a loué au moment de la liste – Phil Foden, Cole Palmer et Trent Alexander-Arnold n'ont pas été convoqués – et tout au long du tournoi (Saka et Rashford régulièrement sur le banc, entre autres) les choix forts et le management courageux. Mercredi, cette approche restrictive ne lui a pas ressemblé. Mais il refusait de la regretter après coup.
"Juste après notre but, sans aucun changement, on a concédé beaucoup trop de centres et beaucoup trop d'occasions, alors on a essayé de réagir. Bien sûr, nous voulions marquer le deuxième but, mais je n'avais pas le sentiment que les changements offensifs allaient nous aider. Nous sommes restés en 4-4-2, mais nous sommes devenus passifs, de plus en plus passifs. On n'arrivait pas à gagner le moindre ballon donc je pense que ce n'était pas un problème structurel. Mais le match a complètement basculé".
Son mandat aussi ? Alors qu'il avait prolongé jusqu'à l'Euro 2028 en février dernier, l'ex-entraîneur du PSG va devoir se relever des torrents de critiques qui vont s'abattre sur lui dans les prochaines heures. "Bien sûr, la responsabilité incombe à l'entraîneur et si les choses tournent mal, il est facile de dire qu'il a eu tort, a-t-il admis. Il n'y a pas de problème, je comprends que ces discussions existent et il y a des millions d'entraîneurs après le match qui en sauront plus que moi". Reste à connaître l'avis de sa Fédération sur la question.
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