Coupe du monde 2026 - La peur de 2022 ou le mirage de 2024 : l'Espagne, il y a comme un doute

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Sortie sans trembler mais sans briller de la phase de poules de la Coupe du monde en tête d'un groupe abordable, l'Espagne affronte l'Autriche jeudi (21h) en 16es de finale avec des réponses à apporter sur son réel niveau. La Roja ressemble-t-elle plus à celle qui se cassait les dents au Mondial 2022, où à celle qui remportait l'Euro 2024 ? Tentative de réponse.

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"Nous sommes les champions d'Europe et nous sommes faits pour aller jusqu'en finale". Voilà une phrase, prononcée par Alex Baena après la victoire de l'Espagne contre l'Uruguay (1-0) samedi, que tout le monde aurait partagée volontiers le 11 juin, à commencer par Didier Deschamps. Mais après trois matches de poules, la réalité est-elle aussi limpide ?
Presque en miroir des Bleus entraînés par 'DD', il y a le côté pile : l'Espagne est sortie des poules d'un Mondial sans prendre de but pour la première fois de son histoire, est seule aux côtés du Mexique dans ce cas, et avait déjà réussi pareille performance il y a deux ans à l'Euro. Mais le côté face attire souvent plus l'attention lorsque l'on parle d'un favori. Et celui-ci concerne une qualité de jeu et une production offensive en net recul par rapport à ce qui avait été constaté il y a deux ans en Allemagne.
La Roja a en effet terminé la phase de poules avec les meilleurs taux de possession et de réussite des passes. Mais elle a buté d'entrée contre le Cap Vert (0-0), s'est lâchée un peu plus contre l'Arabie saoudite (4-0), puis a marqué sur son seul tir cadré contre l'Uruguay (1-0), profitant d'une énorme erreur de Fernando Muslera. Avec cinq buts inscrits, deux fois moins que l'Allemagne, la France ou les Pays-Bas, elle possède au sortir d'une poule très abordable la 19e attaque sur 48 participants.
Est-ce suffisant pour raviver les souvenirs du Qatar ? Statistiquement, non, et c'est bien là toute la limite des chiffres. La Roja de Luis Enrique y avait étrillé le Costa Rica (7 buts) pour finir sa phase de groupes avec neuf buts mais sortir dès les huitièmes de finale face au Maroc. Celle de Luis de la Fuente, déjà, avait inscrit… cinq buts à l'Euro 2024 au même stade avant de remporter la compétition.

Nico Williams, le gros coup dur

Si les données chiffrées ne disent pas tout, l'impression visuelle ment rarement. Et cette fois, pas de doute : le champion d'Europe n'a pas impressionné grand-monde jusqu'ici aux Etats-Unis. On a retrouvé une Espagne plus figée, moins verticale qu'à l'Euro. Avec une cause principale évidente : les pépins connus par ses ailiers.
C'est en bonne partie sur le duo Nico Williams (à gauche) – Lamine Yamal (à droite) que l'Espagne avait construit son succès d'il y a deux ans. Mais le premier, victime d'un vilain tacle, a rechuté contre l'Uruguay alors qu'il était progressivement réincorporé à cette équipe, alors qu'on n'a pas encore vu un Yamal à 100% depuis son retour de blessure en fin de match face au Cap Vert.
Pour ne rien arranger, Victor Munoz et Yeremy Pino ont également été blessés. Et voilà comment l'Espagne a débuté son Mondial avec… Gavi et Ferran Torres comme ailiers. Alex Baena et Yamal entourent depuis – avec plus de succès - un Oyarzabal beaucoup plus inspiré que lors de son entrée en lice. Sans pour autant pleinement convaincre.
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"Pour les plus jeunes, Mbappé-Olise-Dembélé ça équivaut déjà à Ronaldo-Ronaldinho-Rivaldo de 2002"

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Ils ne sont pas les seuls coupables : Rodri n'est plus au niveau du Ballon d'Or qu'il a été, Pedri n'est pas suffisamment impactant. Et concernant le troisième larron du milieu, les choses changent beaucoup, là aussi. Ce fut d'abord Fabian Ruiz, puis Dani Olmo, et enfin un Mikel Merino très moyen contre l'Uruguay. "Je pense que Rodri et Fabián manquent de précision dans les passes en profondeur lorsque les adversaires sont regroupés (…) À Barcelone, Pedri communique bien mieux avec ses coéquipiers qu'avec ces joueurs-là", résumait l'ex-coach du Barça Quique Setien sur les ondes de Carrusel Deportivo.
L'Espagne est, pour toutes ces raisons, l'un des favoris les plus attendus dans ces 16es de finale. Puisqu'on ne connaît pas encore son vrai visage, on attend avec un poil d'impatience comme elle répondra à l'intensité autrichienne puis, surtout, à un hypothétique huitième de finale face au Portugal. Sans une paire d'ailiers aussi impactante qu'en 2024, elle ne peut être comparée à sa version d'il y a deux ans. Mais même avec un Lamine Yamal sur une jambe et demie (pour l'instant), elle pourra difficilement ressembler à celle de 2022. La réalité se situe certainement par ici, entre les deux. A moins que la Roja n'attende les matches couperet pour montrer son vrai visage.
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