Coupe du monde 2026 - Avant France-Espagne - Mikel Merino : Décryptage du meilleur supersub au monde

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Le milieu de terrain d’Arsenal a offert deux fois de suite la qualification à l’Espagne. Un instinct de buteur que l’ancien joueur de la Real Sociedad a développé au fil de sa carrière, notamment chez les Gunners. Mikel Arteta l’a souvent utilisé comme attaquant de pointe et loue ses qualités tactiques et sa compréhension du jeu. En demi-finale, la France est prévenue.

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Video credit: Eurosport

"L’autre jour, ma famille n’était pas là, alors je devais le refaire pour qu’ils puissent le voir en direct", s’amusait Mikel Merino après un nouveau but décisif en entrant à la 85e minute, cette fois contre la Belgique (2-1), quelques jours après celui contre le Portugal (91e, 1-0). L’Espagnol est en train de se faire une place parmi les plus grands supersubs. Luis de la Fuente, qui était déjà son coach en U19, applaudissait : "Il est incroyable. Il a tellement de qualités. Il ne déçoit jamais. C’est quelqu’un qui arrive toujours au bon moment dans ces gros matchs. Il comprend le jeu et l’interprète parfaitement. Il est dévoué, généreux, heureux de faire le boulot."
Après la rencontre, sur le plateau de la BBC, son ancien coéquipier Cesar Azpilicueta saluait son état d’esprit : "Il faut vraiment lui rendre hommage, parce qu’avoir cette mentalité-là, s’entraîner dur pour ensuite se retrouver remplaçant, attendre jusqu’à être le dernier entrant, ce n’est pas facile." Un côté supersub "idéal" qu’il a peaufiné à Arsenal depuis deux saisons, notamment par son utilisation régulière à la pointe de l’attaque. Un choix surprenant au vu de son profil, mais qui pour Mikel Arteta est parfaitement cohérent.

"L’expérience Merino" en 2024-25

15 février 2025. Arsenal bute inlassablement sur la défense de Leicester. Le coach, qui doit composer avec une énième crise des blessures, tente un coup de poker : à la 69e minute, il lance Mikel Merino devant. Quelques minutes plus tard, il est à la conclusion d’un centre d’Ethan Nwaneri, avant de s’offrir un doublé en contre. A l’époque, il expliquait : "C’est la première fois de ma carrière que je joue à ce poste […]. J’ai oublié d’offrir quelque chose à ma femme pour la Saint Valentin, alors c’est pour elle. Je crois qu’elle appréciera plus qu’une rose et du chocolat."
Le plan n’avait été que brièvement évoqué quelques heures avant, confirmait-il au Guardian : "Le matin, un analyste m’a détaillé l’idée, de jouer comme un faux neuf qui décroche et fixe les centraux. Je crois qu’ils ont délibérément choisi de ne pas me le dire plus tôt, car ils savent que j’aime que tout soit sous contrôle."
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La sélection espagnole célèbre l'ouverture du score de Mikel Merino contre le Portugal en 8es de finale de la Coupe du monde.

Crédit: Getty Images

Sam Dean, journaliste pour The Telegraph, embraye : "Il est considéré comme un des joueurs les plus intelligents et tactiquement pointus du groupe. Il accorde énormément d’importance aux détails. Il veut des informations, comprendre pourquoi les choses se passent de telle manière, pas juste qu’on lui dise : 'va-là, fais-ça'." L’expérience Merino s’est poursuivie régulièrement jusqu’à la fin de la saison 2024-25, notamment face au Real Madrid (3-0, 2-1) – il marque à l’aller – et au PSG (0-1, 1-2) en Ligue des champions.
Avec le recrutement de Victor Gyokeres et le retour de Kai Havertz, on se disait que l’Espagnol allait retrouver une place plus conventionnelle au milieu. Mais l’Allemand s’est blessé lors de la première journée contre Manchester United et la recrue suédoise aussi, début novembre. Alors il a remis ses habits de buteur pendant plusieurs matchs. Il était par exemple titulaire devant contre le Bayern Munich (3-1), Tottenham (4-1) et buteur contre Brentford (2-0) et Chelsea (1-1). Et encore supersub décisif face à Newcastle (2-1) lors d’une victoire précieuse à St James’ Park et contre Manchester United même s’il y a eu une défaite au bout (2-3). Tous ces buts lui valent régulièrement des montages sur les réseaux sociaux qu’il avoue regarder, comme celui où sa tête a été mise sur le corps de Ronaldo, le Brésilien.

Une Coupe du monde qu’il aurait pu rater

Son aventure londonienne est pour le moins paradoxale. Quand il ne dépanne pas comme attaquant, il est souvent remplaçant. Compte tenu de l’enchaînement des matchs, il aurait eu du temps de jeu au milieu en deuxième partie de saison, mais fin janvier, il s’est gravement blessé au pied. Sa participation au Mondial était compromise, d’autant qu’il n’est revenu que lors de l’ultime journée contre Crystal Palace (2-1). Bukayo Saka, son coéquipier, le félicitait à ce sujet récemment : "J’ai vu le travail qu’il a fourni pour revenir. Avec la blessure qu’il a eue, il n’aurait pas dû en être, mais il a tout fait pour." Forcément, après le quart de finale contre la Belgique, Merino était l’homme le plus heureux du monde : "Être ici était impensable il y a quelques mois. Je me souviens de tous les mauvais moments, tous les gens qui m’ont soutenu même quand c’était difficile."
Souvent, la question de le refaire jouer en pointe revient chez les Gunners, surtout pendant ces longs mois où Victor Gyokeres ne donnait pas forcément satisfaction. "Il était une option très sérieuse en 9. Il joue d’une façon très différente de Gyokeres : il attaque la surface, il utilise son jeu aérien, il sait trouver les espaces, quand déclencher sa course, il peut trouver ses partenaires."
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Et c’est également le cas en sortie de banc. Mikel Arteta a souvent été dithyrambique sur les qualités de son joueur pour marquer : "C’est une vraie menace. Il sent le danger, il sait comment l’anticiper, et il a un excellent timing dans la surface." En décembre dernier, il martelait encore : "[Sa transformation comme attaquant] est incroyable, dans la façon dont il s’est adapté, à quel point il adore jouer à ce poste, comment il connecte avec les autres." Sa compréhension du jeu, sa capacité à garder le ballon, gagner les duels et à être une cible fiable sur les centres en font une force.
Mikel Merino n’a jamais été un joueur spectaculaire. C’est un profil discret, assez cérébral, que ses coéquipiers imaginent volontiers comme un futur coach. Formé à Osasuna, il a rejoint Dortmund en 2016 (entraîné par Thomas Tuchel), avant de filer à Newcastle. "Il a bien démarré, mais il a eu quelques blessures et n’a jamais réussi à retrouver le rythme. Il ne jouait plus régulièrement et a souhaité partir. Il avait du potentiel, mais il n’était pas là assez longtemps pour le montrer", raconte Chris Waugh, qui couvre les Magpies pour The Athletic.
Mais c’est surtout avec la Real Sociedad qu’il s’est fait un nom, en remportant notamment la Coupe d’Espagne en 2020 aux côtés de Mikel Oyarzabal et Alexander Isak, mais aussi de ses actuels coéquipiers Martin Odegaard ou son grand pote Martin Zubimendi. Tout au long de ces années, il affiche une grande polyvalence : défenseur central, 6, box-to-box, parfois 10… et donc 9.
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Serial buteur avec l’Espagne

Avant ce fameux match contre Leicester en 2025, note Sam Dean, il avait marqué 40 buts en 405 rencontres. Depuis, c’est 23 réalisations en 70 rencontres. "Une de ses meilleures qualités, c’est d’attaquer les espaces et en deuxième période, le jeu s’étire toujours, c’est plus ouvert et ça lui correspond parfaitement", analysait Micah Richards sur la BBC. Au Guardian, Mikel Merino détaillait : "C’est plus mental qu’au milieu parce que c’est un duel beaucoup plus direct. Mais je suis un battant, j’aime le contact." Et de sentir le but, en témoigne la vitesse avec laquelle il a jailli pour profiter de l’erreur de Senne Lammens face à la Belgique.
Sam Dean abonde en ce sens : "Cette intelligence lui permet de comprendre le scénario du match, et donc d’entrer très vite dans le rythme. D’une certaine manière, il est parfois un meilleur remplaçant que titulaire. Ce n’est pas un athlète comme Declan Rice ou Martin Odegaard qui font énormément de sprints à haute intensité. Mais il a été très vite intégré au "groupe des leaders" : ça en dit beaucoup sur les dynamiques du vestiaire. Avec sa blessure en janvier, je pense qu’il ne peut pas jouer 90 minutes, surtout avec la chaleur aux Etats-Unis. Mais connaissant son profil, je suis sûr que sur le banc, il étudie les positions, repère les espaces, d’où sa capacité à marquer en très peu de temps."
Avec l’Espagne, c’est une machine à buts. À l’Euro 2024, en quart de finale, il avait mis le but décisif contre l’Allemagne (2-1) en sortie de banc à la 119e minute. En mars 2025, en Ligue des nations, il avait égalisé contre les Pays-Bas à la 93e minute (2-2) en étant rentré dix minutes avant. Puis, cette fois titulaire, il avait scoré contre la France (5-4) en demi-finale de cette même compétition. De septembre à novembre 2025, il restait sur une série de six buts en six matchs avec la Roja. Une question désormais : ses réalisations contre le Portugal et la Belgique lui vaudront-elles une place dans le onze de départ contre les Bleus ? Son sélectionneur préférera peut-être garder une cartouche magique sur le banc…
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Mikel Merino, buteur décisif face à la Belgique

Crédit: Getty Images


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