Coupe du monde 2026 – Rétabli pour disputer la rencontre contre le Cap-Vert, Lamine Yamal concentre tous les espoirs de deuxième étoile de l'Espagne
Publié 14/06/2026 à 23:34 GMT+2
L'Espagne respire. Lamine Yamal va mieux. Son sélectionneur Luis De la Fuente a partagé les inquiétudes et le soulagement de l'encadrement de la Roja au sujet de l'état de santé de son joyau. La star du Barça, leader de la sélection à 18 ans, concentre tous les espoirs de titre mondial du peuple espagnol, convaincu que le talent de Yamal fera la différence malgré un collectif impressionnant.
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Video credit: Eurosport
La scène, anodine, révèle pourtant en creux une kyrielle de réponses. Sur le changement de paradigme au sein de l'Espagne, sur la place désormais altière de Lamine Yamal. Quelques heures après le feu vert médical, le retour du joyau de la Roja été fêté en compagnie de Nico Williams, lui aussi sur le flanc ces derniers jours, au milieu d'un phalanstère taquin et euphorique. Cette équipe, peu importe que son entrejeu transpire de créateurs inspirés, infuse son ambition de conquête mondiale depuis les pieds de son numéro 19. Presse, supporters, sélectionneur : plus personne ne fait mine de l'ignorer.
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Le paradoxe est troublant. En balayant les gros titres de la presse internationale, la sélection espagnole s'avance comme l'une des grandes favorites car portée surtout par son socle collectif huilé et dense. En miroir au jeu de position ressassé depuis l'émergence du Barça de Pep Guardiola, la Roja s'annonce redoutable par sa capacité à confisquer et à multiplier les situations dangereuses. Des qualités propres à cette équipe, qui ne sont toutefois pas nées la veille. L'Espagne a toujours pu compter sur un milieu dominant depuis l'orée de son joug despotique.
L'image à l'origine de l'icone
À l'aune de ses derniers résultats en Coupe du monde, le vivier au milieu n'a vraisemblablement pas suffi à dompter tous les écueils. Il manquait ce facteur X, un buteur, un génie, un joueur profondément déséquilibrant. Et voilà qu'un gamin de 16 ans, sourire argenté et bouclettes dorées, s'est arrogé l'étiquette du sauveur tant espéré. Buteur contre la France en demi-finale de l'Euro remporté en 2024, le Catalan a pour lui l'image marquante, même s'il n'a pas été l'élément le plus régulier sur l'ensemble de la compétition.
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Lamine Yamal dispara para hacer el 1-1 ante Rabiot, España-Francia
Crédit: Getty Images
Deux ans plus tard, le décorum n'a pas changé, il s'est plutôt mâtiné d'une nouvelle couche de responsabilités. Considéré comme l'un, si ce n'est le meilleur joueur du monde, Lamine Yamal porte désormais sur ses épaules les espoirs de tout un peuple, propulsé au premier plan par la sphère médiatique locale. Inconsciemment, l'environnement ibère a diffusé l'idée qu'une deuxième étoile passera forcément par un Yamal en grande forme, et même prolifique. Dans un rôle hybride, digne du joueur total qu'il compte bien devenir prochainement. Un sentier balisé par ses deux modèles balle au pied.
Tous suspendus à son état de santé
Ailiers perforants avant de s'anoblir au cœur du jeu, Neymar et Lionel Messi ont aussi pour point commun une histoire tumultueuse en sélection. (Trop) rapidement érigés en héros national par des peuples passionnés, biberonnés à un sport converti en messe transcendantale, les astres Sud-Américains ont pendant des années ferraillé dans le but d'accomplir la prophétie. Messi l'a fait. En 2022, alors que la formation assemblée par Lionel Scaloni tourne à plein régime avec un jeu protagoniste et emballant, le dernier coup de pinceau de son numéro 10 est indispensable à la création et l'aboutissement des occasions.
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Lamine Yamal à l'entraînement avec l'Espagne avant la Coupe du monde, le 31 mai 2026
Crédit: Getty Images
La parallèle se dresse sous nos yeux de l'autre côté des Pyrénées. Le sort de Lamine Yamal, de retour de blessure, a écumé tout l'espace médiatique. Chaque entretien du sélectionneur Luis De la Fuente est une énième occasion de s'enquérir de l'état de santé du prodige (18 ans). "Nous étions très inquiets, a confié De la Fuente dans un entretien à AS vendredi. Parce qu'on a vu que c'était une blessure qui aurait pu l'éloigner des terrains pendant toute la durée de la compétition. Or, le déroulement de la convalescence est exceptionnel, au-delà de nos prévisions. Nous sommes tous ravis que son état progresse plus vite que prévu, qu'il se sente mieux chaque jour. Et cela nous laisse penser qu'il sera parfaitement rétabli pour le premier match."
Blasphème, la Roja est devenue monothéiste
De l'avis des oreilles les plus indiscrètes, Luis De la Fuente comptait de toute façon pousser pour que Lamine Yamal dispute quelques minutes contre le Cap-Vert (le sélectionneur l'a confirmé en conférence de presse dimanche). Un empressement étonnant alors que le premier adversaire de la Roja est potentiellement le plus abordable sur le papier. Le dernier match de préparation, gagné contre le Pérou (3-1), n'a semble-t-il pas gommé tous les doutes dans l'esprit du sélectionneur. Son équipe reste terriblement dépendante de son astre.
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Lamine Yamal pose pour les photographes de l'organisation de la Coupe du monde 2026
Crédit: Getty Images
L'intéressé, lui, a compris ce qui se jouait autour de lui. Pilier du groupe, oral et chambreur à l'entraînement, Lamine Yamal endosse sans trembler ce costume qu'il a sans doute toujours rêvé de revêtir. "Il est parfaitement conscient d'être une star. C'est un joueur très mature, dresse dans un concert de louanges Luis De la Fuente. C'est, combiné à son talent, ce qui explique pourquoi on parle autant de lui. C'est le moment idéal pour lui de faire ses preuves et de démontrer tout son potentiel. Il est obsédé par la Coupe du monde." Ne vous méprenez pas, le jeu tentaculaire de l'Espagne n'aura de létal sur les hauteurs du Mondial que le venin dardé des souliers de Lamine Yamal. "Avoir Lamine dans son équipe est un privilège. C'est notre joueur le plus important et nous devons nous adapter à lui", renchérit Pedro Porro. Blasphème, la Roja est devenue monothéiste. Un seul guide, un Messie, une utopie à donner vie.
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