Coupe du monde | Avant Belgique - Iran (21h00), ils ont un jour tenté d'arrêter Romelu Lukaku, ils racontent
Par Timothé Crépin
Mis à jour 21/06/2026 à 21:03 GMT+2
Souvent décrié, jamais coulé, Romelu Lukaku reste un joueur majeur de la sélection de Belgique. L'attaquant des Diables Rouges a été décisif juste après son entrée en jeu lundi contre L'Égypte. Au tour de l'Iran de tenter d'arrêter le musculeux avant-centre de Naples. Ceux qui s'y ont essayé racontent l'expérience à Eurosport, et décrivent un sacré défi, bien au-delà d'une question physique.
Est-ce le match de la dernière chance pour Dembélé ?
Video credit: Eurosport
Nicolas Nkoulou : "C'est un combattant"
Récemment retraité, l'ancien défenseur de Monaco, Lyon ou Marseille a évolué en Italie, au Torino entre 2017 et 2021, avec trois buts de Lukaku, alors à l'Inter, face à lui.
"Un bel adversaire, assez coriace, qui ne lâche absolument rien. Il sera toujours là, à l'affût de son but. Je retiens ça, un combattant, un bon soldat qui donne tout à chaque match. Sur le terrain, c'est un mec qui va sur tous les duels. Même, parfois, quand le ballon va sortir, lui, non, il ne s'arrête pas, il continue de se battre pour aller le sauver. Il est résiliant. Tant que ce n'est pas sifflé, il continuera de sprinter. Au duel, on le bouscule ou on essaie, comme tout le monde, mais pas facilement. C'est une de ses meilleures qualités : il a une belle protection de balle, il joue bien avec son corps. Cela devient un atout pour son équipe.
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Il est là pour la mettre au fond, il est là pour peser, il est là pour faire reculer l'adversaire. C'est un mec d'appui, et un bon finisseur. Et la difficulté, c'est ça, c'est de l'avoir sur le dos tout un match. Quand le ballon arrive sur lui, dos au but, si tu ne fais pas attention, il va t'emmener avec lui et parvenir à se retourner. Il joue de son corps. Je me souviens d'un Inter - Torino, où on gagne 2-0 avant de perdre 4-2. Et Romelu Lukaku, c'est un leader, on l'entend, il emmène tout le monde avec lui."
Oumar Solet : "Ce qui est perturbant, ce n’est pas seulement sa puissance, c’est la façon dont il l’utilise"
Ancien défenseur central de Laval, Lyon ou du Red Bull Salzbourg, Oumar Solet évolue à l'Udinese depuis 2025. Il s'est coltiné Lukaku pendant 70 minutes il y a un an.
"Oui, ça m’a clairement marqué. Affronter Romelu Lukaku, c’est différent de la majorité des attaquants. Dès les premières minutes, tu comprends que chaque duel compte double, physiquement, mentalement, tactiquement. Ce n’est pas forcément un match où tu touches beaucoup le ballon, mais chaque intervention demande une concentration maximale. C’est le genre de confrontation qui te fait grandir en tant que défenseur.
Ce qui est perturbant, ce n’est pas seulement sa puissance, c’est la façon dont il l’utilise intelligemment. Il protège le ballon avec son corps, il sent très bien le défenseur, il sait exactement quand s’appuyer sur toi et quand partir dans ton dos. Même quand tu penses être bien placé, il arrive à créer un déséquilibre minime qui suffit pour lui.
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Le duel entre Romelu Lukaku (Naples) et Oumar Solet (Udinese) en Serie A, le 9 février 2025
Crédit: Getty Images
Il faut réduire ses angles, ne pas lui laisser le temps de se retourner et surtout éviter de le subir dos au but. La communication avec les milieux et l’autre défenseur est essentielle. Et mentalement, il faut accepter que tu ne gagneras pas tous les duels : l’important, c’est de rester solide sur la durée du match.
Globalement, c’est un souvenir fort. Ce sont ces matches-là qui te rappellent le très haut niveau et ce que ça demande en termes d’exigence."
Yoan Severin : "C'est un arbre"
Ancien défenseur central passé par la formation de la Juventus Turin, Yoan Severin a tenté de lutter contre l'attaquant belge avec Servette, à Genève, en Ligue Europa, face à la Roma de Lukaku en 2023.
"C'est un arbre. C'est très costaud, c'est très puissant. On en avait discuté avec mon équipe avant puis après le match : la corpulence, le physique qu'il a, c'est quand même assez impressionnant. En plus, il est techniquement très adroit. Et, surtout, il faut toujours rester très, très concentré contre ce genre de joueurs. Même si ce n'est pas celui qui va toucher le plus de ballons, au final, quand il a une demi-occasion, c'est but. Au duel avec lui, il faut éviter de trop le coller car, physiquement...
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Le Portugal vers l'implosion ? "Il y a trop de symptômes pour qu'il n'y ait pas une crise derrière"
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C'est un vrai numéro 9, il pèse vraiment sur nous, les défenseurs centraux. Il est toujours bien placé, souvent dans la bonne zone, celle qui n'est pas facile à défendre pour nous. Ce n'est pas pour rien qu'il fait cette carrière et qu'il est encore là. On l'a vu avec la Belgique lors du premier match de Coupe du Monde... Il entre, premier ballon, but. Il ne parle pas énormément avec les adversaires sur le terrain. Tous les deux, on s'était un peu chicanés sur une action, sur un duel, où on s'était pris un peu la tête, en échangeant quelques mots en italien, parce que je parle aussi cette langue. Mais c'est tout. C'est vraiment un attaquant de classe mondiale."
Sébastien Bassong : "Il ne se laissait pas faire"
Ancien international camerounais, Sébastien Bassong a eu à croiser Romelu Lukaku à six reprises lorsque l'attaquant de la Belgique évoluait à Everton et à West Bromwich Albion, au début de sa carrière.
"Les matches face à Romelu Lukaku, ça me parle beaucoup. Ça m’a marqué dans le duel physique. On était, on va dire, deux beaux bébés. C’était assez intéressant de savoir comment on allait pouvoir influencer l’autre au niveau du psychologique. C'étaient vraiment des matches où il fallait être prêt. Sinon, il te marche dessus. Quand je l’ai affronté, il était un peu moins expérimenté, beaucoup plus fougueux. Mais il avait vraiment envie. Et puis il était frais, costaud. Il devait apprendre à maîtriser son corps. Mais, dans un grand jour, il faisait énormément de dégâts.
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"C'est Digne qui a le plus à gagner face à l'Irak"
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Oui, c’était un arbre. Au duel, il fallait être intelligent. Par exemple, si tu essayais de passer devant lui, il allait se servir de toi, même aussi costaud que tu es. Il faut aviser en fonction de sa position sur le terrain et faire en sorte que sa première touche ne soit pas facile. Il ne faisait pas du trashtalking, mais oui il avait ce truc-là, mais ça n’avait rien d’irrespectueux. Il ne se laissait pas faire."
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