Coupe du monde I France - Espagne I Pedri, relégué sur le banc face à la Belgique, est-il en train de manquer sa Coupe du monde ?

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Le Mondial de Pedri n'est pas à la hauteur des immenses attentes placées en lui. A 23 ans, le moteur du Barça ne trouve pas les bons réglages avec l'Espagne. Luis de la Fuente l'a même relégué sur le banc face à la Belgique, en quarts. Une rareté. La concurrence avec son remplaçant, le double champion d'Europe Fabian Ruiz, plus offensif et décisif, est montée d'un, voire deux crans. 

"L’Espagne est la bête noire des Bleus mais ce n’est pas une raison pour la craindre"

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Comment va Pedri ? "Bien, pourquoi ?", interrogeait en retour le gardien de la Roja Unai Simon, à une question de COPE. "Parce qu'il n'a pas débuté l'autre jour ? On a tous envie de jouer." Mais, Pedri, c'est Pedri ! Comment a-t-il pu se retrouver sur le banc, en quarts de finale d'un Mondial, face à la Belgique ? "Et Fabian (Ruiz, titulaire à sa place), qui vient de remporter deux Ligue des champions de suite ? Comment vont-ils tous, alors ? Comment va David (Raya), comment va Joan (Garcia), qui sont des gardiens d'un top niveau international ?" Touché. 
Pedri sur le banc, on n'avait vu ça qu'une seule fois, en sélection espagnole, depuis plus d'un an. Lors d'un match amical anodin face à l'Égypte (0-0), au mois de mars. Pas un quart de finale de Coupe du monde. Vendredi, Luis de la Fuente a privilégié Fabian Ruiz au Barcelonais pour animer le milieu à deux de son 4-2-3-1, à gauche de l'indéboulonnable Rodri. Pedri l'était aussi, indéboulonnable, jusqu'ici. Le voilà envoyé sur le banc des punis. 
Pedri ne peut pas jouer avec nous comme il joue avec le Barça
Au sortir de la qualification espagnole pour les demies, le sélectionneur a été invité à justifier son choix. "Fabián s’entraîne très bien, Pedri aussi, n’importe lequel des deux pouvait jouer. Nous recherchions un profil différent. Fabián apporte davantage de maîtrise dans le jeu, il est différent de Pedri. Nous avons estimé que c’était ce dont nous avions besoin : plus de présence vers l’avant, tout en gardant Pedri pour la fin de match afin de profiter de sa fraîcheur et de sa vision du jeu." Le milieu du Barça était entré à la 55e, à la place de Ruiz, qui l'avait remplacé lors des quatre matches précédents. 
Deux jours plus tard, De la Fuente précisait à la Cadena Ser : "Pedri ne peut pas jouer avec nous comme il joue avec le Barça. Notre manière de jouer est différente de celle du Barça. Nous pouvons avoir certaines similitudes, mais l'équipe et les joueurs sont différents. Nous avons des joueurs comme Rodri, ou comme "Zubi" (Martin Zubimendi) qui influencent également le comportement de celui qui doit jouer à leurs côtés, et inversement. Autrement dit, il ne peut jamais jouer comme il le fait dans une autre équipe, car nous lui demandons autre chose. Ici, le système et l'idée de jeu sont différents. C'est une autre conception du football."

Pedri avait manqué la demie et la finale de l'Euro 2024

Face à la Belgique, Luis de la Fuente a récompensé l'entrée percutante de Fabian Ruiz, venu bousculer le Portugal en huitièmes de finale (1-0) au poste d'un Pedri trop hésitant. "Pedri n'a pas brillé face au Portugal, écrivait Marca après la rencontre. Imprécis balle au pied et en manque d'inspiration, le Canarien a livré l'une de ses pires prestations sous le maillot national ces dernières années." Rien que ça. 
Le Parisien, lui, a répondu à sa titularisation en quarts d'un but (1-0, 30e), alors qu'il s'était projeté dans la surface de Thibaut Courtois, toujours au sol au moment de la frappe de l'Espagnol. Ruiz est sorti la tête basse, en début de deuxième période, pour offrir une grosse demi-heure à Pedri.
Luis de la Fuente sait gagner sans lui. À l'Euro 2024, il avait été contraint de s'en passer, à la suite d'un tacle trop appuyé de Toni Kroos, en quarts de finale, qui avait coûté à Pedri sa fin de tournoi. Sans lui, l'Espagne s'était appuyée sur une triplette… Rodri-Fabian Ruiz-Dani Olmo, face aux Bleus, puis à l'Angleterre, en finale. 

Fabian Ruiz apporte quelque chose de différent

Le destin de Pedri dépend aussi de Dani Olmo, qui le concurrence au poste de milieu à vocation offensive. À plat, l'Espagne peine. Comme face au Cap-Vert (0-0), avec Pedri, Ruiz et Rodri. Ou à l'Uruguay, où Merino avait remplacé Ruiz dans le onze de départ. Dani Olmo dans l'axe, en numéro 10, apporte un allant différent. Il a débuté chacun des trois matches à élimination directe de sa sélection, sans but jusqu'ici. 
Un peu plus bas, les places se raréfient, et Pedri a perdu la sienne. Pas de pépin physique. C'est la performance qui manque, et la compatibilité du joueur avec l'animation espagnole que l'on questionne. Luis de la Fuente le premier. "Il n'y a pas d'autre explication concernant Pedri que notre volonté d'apporter une touche différente à l'équipe, voulait-il encore rassurer samedi. Fabian est lui aussi un joueur exceptionnel, et nous pensions que Pedri pourrait tirer profit de cette approche. C'est un travail d'équipe. Celui qui commence le match n'est pas plus important que les autres." Pedri devrait l'être, plus important. À cette heure, Pedri ne l'est pas. Didier Deschamps s'en réjouira.
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