Coupe du monde - Il y a 20 ans, Zinédine Zidane faisait taire la presse espagnole qui annonçait vouloir le "mettre à la retraite"

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Le hasard fait bien les choses. Comme en 2006, la France retrouve l'Espagne en Coupe du monde ce mardi à Dallas. À l'époque en Allemagne, Zinédine Zidane, gloire du Real Madrid depuis 2001, faisait taire la presse espagnole sur le terrain. Car quelques heures avant le coup d'envoi du huitième de finale à Hanovre, elle annonçait que la Roja allait "mettre à la retraite" le futur coach des Merengue.

"L’Espagne est la bête noire des Bleus mais ce n’est pas une raison pour la craindre"

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"Nous allons mettre Zidane à la retraite". Voici ce qu'avait claironné le quotidien espagnol Marca il y a 20 ans. On n'aurait pas rêvé mieux pour piquer la fierté des Bleus de 2006 qui, trois jours plus tard, allaient mettre toute l'équipe d'Espagne en vacances dès les huitièmes de finale du Mondial.
Pour la seconde fois de son histoire en Coupe du monde, la France s'apprête à affronter l'Espagne mardi à Arlington, près de Dallas, cette fois en demi-finale. Et tout porte à croire que le journal sportif espagnol évitera le péché d'orgueil qu'il avait commis sur sa Une le 24 juin 2006. Quand se joue ce Mondial en Allemagne, l'Espagne n'est pas encore la puissance qui va régner sur la planète football les années suivantes. Elle n'a jamais décroché le titre suprême, Sergio Ramos n'a que 20 ans et joue latéral, mais les joueurs du sélectionneur Luis Aragones ont tranquillement validé leur billet pour les huitièmes avec trois succès.
De quoi souffler sur les braises des ambitions de la jeune équipe espagnole, alors que dans le même temps les Bleus, expérimentés mais vieillissants, se sont fait peur : deux nuls contre la Suisse (0-0) et la Corée du Sud (1-1) ont fait ressurgir les spectres du naufrage de l'élimination en poule en 2002, avant que la France de Raymond Domenech ne se qualifie en battant le Togo (2-0). Un dernier match de poule tendu que n'a pas disputé le bouillant Zinédine Zidane, suspendu après deux cartons jaunes lors des deux premières rencontres.

Un "choc de générations"

"Zizou", qui vient de souffler ses 34 bougies le 23 juin, a annoncé au printemps que sa carrière s'achèverait sur ce Mondial. Le magnifique meneur de jeu du Real avait déjà pris une première fois sa retraite internationale en 2004 après l'Euro raté au Portugal, mais il en était sorti à l'été 2005 pour sauver la patrie en danger sur la route de la Coupe du monde 2006.
À partir des huitièmes, chaque match peut être le dernier du capitaine des Bleus. Un drame pour des millions de Français qui ne peuvent couper le cordon avec le plus beau joueur qu'ils aient vu depuis Michel Platini. Pour Zidane, cette 105e sélection le 27 juin à Hanovre à une saveur particulière, lui le Madrilène d'adoption qui est désormais très haut dans la légende du Real.
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Le match marque aussi les retrouvailles sur le terrain entre Thierry Henry et Aragones, 20 mois après les propos racistes de ce dernier - "Noir de merde", avait-il lancé lors d'un entraînement de la Roja - qui avaient fait un tollé et valu au sélectionneur une amende, "ridicule et risible" selon l'international français, de 3 000 euros.
Si Marca ne fait pas non plus dans la subtilité dans ses pages intérieures en s'en prenant aussi au coq gaulois ("Nous allons le plumer"), le quotidien ne se trompe pas en annonçant un "choc de générations". Outre Zidane, Lilian Thuram (34 ans), Claude Makélélé (33 ans) et Fabien Barthez (35 ans) pourraient sembler dépassés face au jeu léché des jeunes loups espagnols, incarnés par David Villa (24 ans), Fernando Torres (22 ans) ou Andres Iniesta (22 ans).

Un Patrick Vieira de gala

Le début de match le confirme avec l'ouverture du score de Villa sur penalty (28e), après une faute de Thuram dans la surface. Mais Patrick Vieira (30 ans), déjà monstrueux face au Togo, est intenable : une passe décisive lumineuse pour Franck Ribéry, révélation de ce Mondial qui efface Iker Casillas d'un crochet pour égaliser (41e), puis une tête libératrice sur un coup franc de Zidane (83e). Et comme un symbole, c'est Zizou qui enterre les espoirs espagnols en marquant du droit (90e+2).
"Pour moi, c'était clair que ce n'était pas le dernier match, lâche-t-il au coup de sifflet final. Les bonnes critiques, il faut les accepter, celles qui sont constructives. Mais il y a des mecs qui touchent pas un ballon et qui se permettent de dire n'importe quoi."
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Plus tard, il racontera que sur cette frappe étrangement armée qui prend Casillas à contre-pied, le capitaine ressent une douleur à la cuisse. C'est blessé qu'il jouera le quart face au Brésil, où il livre un des plus beaux récitals. Beau joueur, Marca retourne d'ailleurs sa veste après la victoire de la France sur la Seleçao (1-0) : "Ne t'arrête jamais !" titre le quotidien espagnol. Le reste appartient à l'histoire : une Panenka en finale, le coup de tête contre Marco Materrazzi, et la défaite aux tirs au but contre l'Italie. Impossible à digérer.
L'Espagne, elle, décrochera le Graal quatre ans plus tard en Afrique du Sud, remportant également les championnats d'Europe 2008 et 2012 pour récompenser le talent d'une génération dorée dont Iniesta, non entré en jeu ce 27 juin 2006, a fini par prendre les rênes.
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