Coupe du monde - Sans Donald Trump, mais avec les trompettes : comment Team USA a repris le rôle principal le temps d'un match
Par Tanguy Mantovani
Mis à jour 13/06/2026 à 09:14 GMT+2
Les Etats-Unis se sont largement imposés face au Paraguay dans la nuit de vendredi à samedi à Los Angeles (4-1). Une victoire de bon augure sur la capacité de Team USA à bien figurer dans son tournoi à domicile, qui s'est déroulée en l'absence de Donald Trump. Dans un stade bondé, ils ont montré qu'ils pouvaient, au moins le temps d'une soirée, être les héros de leur Coupe du monde.
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Il y avait une pelletée de stars et de personnalités au SoFi Stadium de Los Angeles ce vendredi soir, comme si Hollywood et la Silicon Valley s'étaient donné pour mission de faire oublier le grand absent du soir. Brad Pitt, Tom Cruise, George Lucas, Tim Cook, mais… pas de Donald Trump. Le président américain, devenu de son propre chef le personnage principal de cette Coupe du monde, n'était pas présent pour suivre la victoire conquérante des Etats-Unis lors de leur entrée en lice face au Paraguay (4-1).
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Un petit moment d'histoire qui ne s'est pas limité au symbole : en s'imposant avec trois buts d'écart, Team USA a décroché son plus large succès en Mondial depuis 1930. Donald Trump, pendant ce temps-là, était occupé aux préparatifs d'un autre évènement sportif : l'UFC Freedom organisé sur le parvis de la Maison Blanche ce samedi soir. C'est donc son secrétaire d'État Marco Rubio qui a assuré sa représentation, et a assisté au spectacle. Le président, lui, s'est contenté d'un court appel ce vendredi, évidemment capté par des caméras et relayé par le compte de l'équipe nationale sur les réseaux sociaux.
"J'aimerais juste dire que vous êtes un homme fantastique, un coach fantastique entièrement dévoué à ses succès et résultats, a-t-il complimenté Mauricio Pochettino, le sélectionneur. Je sais à quel point vos joueurs sont exceptionnels et je pense que vous avez de très bonnes chances d'aller jusqu'au bout." Voilà, donc, un résultat qui ne devrait pas calmer ses ardeurs. D'autant que l'entraîneur argentin en a rajouté une couche avant la rencontre : "Personne ne voit les Etats-Unis comme un prétendant au titre, a-t-il déclaré au Guardian. Mais pourquoi pas ?"
Pulisic "exceptionnel" mais sorti à la mi-temps
Il faut dire que son équipe a effectivement progressé depuis le début de son mandat, et que cette victoire convaincante face au Paraguay en est l'aboutissement. De là à en faire un prétendant, il y a encore un monde. Mais tout, dans cette entrée en lice, laisse à penser que les Américains peuvent faire mieux que de la figuration pour leur Mondial à domicile. Surtout, cette soirée a offert aux États-Unis quelque chose qui leur faisait défaut depuis longtemps : un peu d'élan sportif. Avant le coup d'envoi, l'enthousiasme autour de Team USA paraissait davantage alimenté par le contexte et la perspective d'un Mondial à domicile que par les performances de l'équipe.
Pendant quatre-vingt-dix minutes, les joueurs de Mauricio Pochettino ont inversé la logique et donné au pays un début de récit sportif auquel se raccrocher. Car même si la défense du Paraguay a montré ce vendredi soir pourquoi elle n'était pas une référence planétaire, l'attaque de Team USA – pourtant jusqu'ici son point faible historique en Coupe du monde - l'a fait très facilement plier. Et si on retiendra le doublé de l'attaquant de l'AS Monaco Folarin Balogun, le plus impressionnant a sans aucun doute été Christian Pulisic.
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Sans véritable star dans l'effectif américain, c'est lui qui a logiquement endossé le costume de visage de cette sélection, celui du joueur capable d'embarquer tout un pays derrière lui. L'ailier de l'AC Milan a été inarrêtable sur son côté gauche durant les quarante-cinq premières minutes. A tel point que, lorsqu'il a signalé une petite douleur, son coach Mauricio Pochettino a préféré ne prendre aucun risque et l'a fait sortir dès la mi-temps. En grande partie grâce à lui, il y avait alors déjà 3-0 pour Team USA. "Il a été exceptionnel", l'a complimenté l'entraineur argentin. Avant de rassurer : "Nous avons bon espoir que ce ne soit pas un gros problème et qu'il puisse jouer le prochain match."
On peut réussir de grandes choses s'ils continuent ainsi
Pas de quoi refroidir l'enthousiasme déjà présent avant le match, donc. "Les Etats-Unis sont-ils un vrai prétendant au titre ?" s'interroge ainsi The Athletic, le pure player sport du New York Times ce samedi matin. "La performance de l'équipe a été très bonne, mais ce n'est qu'un succès, ce ne sont que trois points. On a encore des choses à améliorer, ça va être un long chemin", a tenté de tempérer Mauricio Pochettino en conférence de presse d'après-match. Avant de céder lui aussi à la tentation : "Les joueurs ont été les acteurs principaux de cette rencontre, on peut réussir de grandes choses s'ils continuent ainsi."
Est-ce bien raisonnable ? Certainement que non, mais un peu de storytelling ne peut qu'aider à passionner le pays hôte. Vingt-quatre ans après avoir atteint les quarts de finale de la Coupe du monde 2002, les Etats-Unis s'imaginent de nouveau à minima en phase finale. Pour cela, une victoire au cours de leurs deux prochains matches, face à l'Australie puis la Turquie, devrait désormais suffire. De quoi redonner au sportif une place plus centrale pour les Américains. Désormais, les fans de Team USA sont sûrs d'avoir aussi le droit à un récit sportif.
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