Finale de la Coupe du monde - Argentine - Espagne - Des larmes et des miettes : Lionel Messi, une après-midi de chien

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Lionel Messi rêvait d'offrir une deuxième Coupe du monde à l'Argentine. Il a surtout vécu l'une des finales les plus frustrantes de sa carrière. Étouffé par la maîtrise espagnole, isolé pendant 120 minutes et incapable d'influencer la rencontre, le capitaine de l'Albiceleste a quitté la scène en larmes, sous les chants d'un peuple qui a continué à vénérer son dieu.

Pas un match pour Messi : "Il a dû passer deux très longues heures sur le terrain..."

Video credit: Eurosport

De notre envoyé spécial à New York,
Ils ont attendu le miracle durant 120 minutes. Une vague bleue et blanche se levait dans le New Jersey à chaque ballon touché par Lionel Messi. Le spectacle racontait mieux que tous les discours la fascination d'un peuple pour son idole absolue. Sauf que dimanche, de miracles, il n’y en a pas eu. L'Argentine avait renoncé au ballon pour ne vivre que de duels. Messi n’a jamais existé lors de sa troisième finale de Coupe du monde. Il l’a perdue, comme en 2014, sans jamais avoir la moindre emprise sur la rencontre.  
Pendant que l’Espagne soulevait sa Coupe du monde, Messi faisait face à ses dizaines de milliers d’admirateurs. Un virage rempli d’Argentins qui a chanté sa gloire et celle de Diego Maradona. Frustré durant le match, accablé ensuite, il a craqué face à ce peuple qui attendait tant de lui. Le moment était beau, grandiose même, à en hérisser les poils.
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Lionel Messi après la finale perdue contre l'Espagne

Crédit: Getty Images

Comme si le football disparaissait enfin derrière le lien presque céleste qui unit ces frappadingues de l'Albiceleste à leur roi. Messi s’était avancé, quelques pas devant le reste de l’équipe, mais il semblait seul face à cette foule immense. Il ne pouvait plus retenir ses sanglots au terme d’une après-midi de chien à courir, ou plutôt marcher, dans le vide, derrière un match qui n’a jamais voulu de lui.

1 ballon touché en 16 minutes : celui de l'engagement

Après 16 longues minutes, Messi n’avait touché qu’un ballon : celui de l’engagement. Pour sa première prise de balle, il se faisait sécher par Baena qui viendra s’excuser quelques minutes plus tard. Ce premier quart d'heure annonçait déjà toute son après-midi. Complètement étranger au jeu, toujours loin de l’action, il a marché, beaucoup, en attendant en vain quelque chose à se mettre sous la dent. Il a fait à peine semblant de presser Unai Simon et Aymeric Laporte.
Le défenseur central de la Roja a passé son après-midi la plus tranquille depuis qu’il a posé le pied aux Etats-Unis. À la pause, Messi n’avait touché que 15 ballons, une misère. Complètement étouffé par la maîtrise et la maturité du milieu espagnol, il n’a pas su trouver la clé alors qu’il fut décisif à chaque match de cette Coupe du monde jusqu’ici. Il a passé 120 minutes loin de ses dix coéquipiers et joué une finale parallèle.
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Lionel Messi, Lamine Yamal

Crédit: Getty Images

Le plus souvent tout seul dans le camp espagnol, il a fini par redescendre autour de l’heure de jeu quand la pression de la Roja est montée d’un cran et qu’il semblait alors évident qu’il n’avait plus rien à faire si haut. Dans l’axe avant la pause, à droite ensuite, il fut réduit à attendre des munitions dans un match où l’Argentin qui a touché le plus de ballons est le gardien de but, Emiliano Martinez.

Passation de pouvoir

L’Albiceleste sera la troisième équipe de l’histoire de la Coupe du monde à ne pas tenter le moindre tir lors des 90 premières minutes. Et dans ce marasme, Messi n’a servi à rien. Il provoquera quelques fautes, bottera quelques coups francs ou corners. Il a fini par livrer quelques éclairs en prolongation : un contrôle orienté suivi d’une longue transversale pour Giuliano Simeone (104e) et une ouverture pour Facundo Medina (105e). C’est maigre.
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Espagne - Argentine, pire finale de l'histoire ?

Video credit: Eurosport

Il finira par envoyer une mine, le premier tir argentin, dans la tête du pauvre Mikel Merino à la 116e minute. Rien de plus. Comme ses coéquipiers, il a parfois abusé du vice comme lorsqu’il a demandé l’expulsion de Marc Cucurella qui se couvrait la bouche. Mais pendant que ses cerbères castagnaient à tout va au coup de sifflet final, lui est resté à l’écart seul.

Crépuscule

Les nouveaux champions du monde sont venus le saluer un par un dans un hommage silencieux et avec une déférence que l’on réserve au monument. Rodri l’a étreint de longues secondes. Et puis Messi, s’est couché sur la pelouse. Lamine Yamal l'a relevé. Deux gestes qui ressemblaient autant à un hommage qu'à une passation. Le football ne cesse jamais d'avancer, même lorsqu'il s'incline devant ceux qui l'ont changé.
Et quand le milieu espagnol est allé chercher son prix de meilleur joueur du tournoi, le stade rempli à 75% d’Argentins a chanté Messi ! Messi ! Messi ! Sauf que ce dimanche, dans le New Jersey, les tribunes avaient élu leur roi. Mais le terrain ne l’a pas couronné. A-t-on vécu son crépuscule ? Le reverra-t-on un jour à ce niveau ? Avec Messi, il faut toujours se méfier des conclusions définitives. Mais si cette finale devait être sa dernière grande scène mondiale, elle aura eu quelque chose de cruel.
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