France-Espagne - Upamecano - Saliba : un match pour devenir la meilleure charnière au monde

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Archi solides dans cette Coupe du monde, même s'ils n'ont peut-être pas été poussés dans leurs retranchements les plus extrêmes, Dayot Upamecano et William Saliba veulent montrer au monde entier qu'ils sont une assurance tous risques, peu importe l'adversaire. Et pour cela, l'Espagne, que la France affronte ce mardi soir en demi-finale, est certainement le meilleur candidat.

"L’Espagne est la bête noire des Bleus mais ce n’est pas une raison pour la craindre"

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Si vous avez été, ou êtes encore, à fond dans les jeux vidéo tel Mario Bros, vous savez de quoi on parle : oui, il y aura une finale derrière en cas de victoire ce soir (21 heures), mais il y a comme l'impression que cette demi-finale face à l'Espagne ressemble au boss de fin pour cette équipe de France. "Depuis le début de la Coupe du monde, il n'y a qu'une équipe que je crains, c'est vraiment l'Espagne, pose d'emblée Gaël Givet, douze sélections en équipe de France entre 2004 et 2006. J'aimerais qu'on rencontre l'Argentine en finale. Si c'est le cas, on va les atomiser, 4-1 ou 5-0. Mais les Espagnols, ça va être intéressant. Une équipe moins dans le duel, plus dans la maîtrise du jeu, la technique dans les petits espaces. Il va falloir voir comment la France va s'adapter, avec des joueurs au plus petit gabarit..."
Si défier Lamine Yamal et sa bande est un immense défi pour tous les joueurs des Bleus (et vice versa, en passant), la défense française risque d'être davantage sur le devant de la scène. On n'ira pas jusqu'à dire que Mike Maignan et ses compagnons défensifs ont vécu jusqu'ici un Mondial en chaussons, mais là, le calibre sera bien différent. Et pour la charnière centrale, Dayot Upamecano - William Saliba, c'est un rendez-vous pour entrer dans l'histoire des meilleurs duos vus en équipe de France.
"Il faut leur tirer un coup de chapeau, poursuit Givet. Ils n'ont pas forcément un gros vécu ensemble (21 matchs, trois défaites, dont une contre... l'Espagne, à l'Euro 2024). C'est dur de comparer cette charnière à un duo Blanc-Desailly ou à d'autres. Là, si la France est championne du monde, on pourra en parler, mais sur ce qu'ils montrent depuis qu'ils sont associés, et sur cette Coupe du monde, c'est du très haut niveau." "Ils sont en train de faire une Coupe du monde énorme, avoue, épaté, Sébastien "Toto" Squillaci, 21 capes chez les Bleus. Ils sont des défenseurs modernes, c'est costaud athlétiquement, dans les duels aussi, ils vont très vite, ils sont intelligents dans le placement et font très peu d'erreurs dans la relance. Je les trouve juste."

La dynamique en club, une force pour 'SaliMecano'

Avec cette évidence qu'il est toujours bon de rappeler : "S'il n'y avait pas d'équilibre avec les défenseurs pour assurer, bien défendre, récupérer pour ensuite mettre les offensifs dans de bonnes dispositions, ce serait plus compliqué", recadre Gaël Givet. "C'est important dans une équipe nationale de sentir que, derrière, il y a les bonhommes qui font le job, enchaîne Julien Escudé, également ancien défenseur central de l'équipe de France (13 sélections entre 2006 et 2010). Ça rassure et c'est ce que transmet ce duo-là. Avec des sensations transmises aussi par la saison qui a été bonne dans leur club respectif."
Il y a ça aussi qui compte dans cette dynamique "SaliMecano". C'est le fait d'être arrivé aux Etats-Unis avec une confiance à son zénith. Le Bayern de Dayot a tout terrassé ou presque en Allemagne, l'Arsenal de William est devenu champion d'Angleterre après tant d'années de combat, et a même été proche de remporter la Ligue des champions face au Paris Saint-Germain. "Upamecano est là depuis pas mal d'années maintenant, observe Gaël Givet. Il est au Bayern, sur qui on connaît le jeu offensif qui fait que la défense est un peu livrée à elle-même derrière. On sait qu'il faut bien y défendre. Et Saliba a été champion dans une équipe impressionnante défensivement." "Saliba, c'est un garçon intelligent qui a su profiter de cette bonne synergie avec Arsenal pour gagner sa place", complète Escudé.
A titre individuel, pour Upamecano, le titre de meilleur défenseur du monde n'est pas loin. Ce test face à l'Espagne pourrait être une validation de plus. "On a eu Samuel Umtiti dans ce profil-là qui dégage une sorte de puissance, de caractère, de personnalité, d'ambition, de compétitivité, argumente Escudé. Avoir ce sens du placement, c'est là où il a progressé. Ensuite, avec l'âge, la confiance, la maturité, ce sont des processus qui le font évoluer favorablement." "Il degage une puissance impressionnante, applaudit Squillaci. Je trouve que, par rapport à ses débuts, avec le ballon, il fait moins d'erreurs. Il a gommé tout ça, avec quelques sautes de concentration."
Match après match, on sent que ça évolue dans le bon sens
Mais Gaël Givet est lui complètement conquis par le message distillé par Upamecano sur le terrain et ce langage corporel qui dit tout : "Il s'affirme encore plus comme un leader de cette équipe et comme le patron de la défense, souligne l'ancien joueur de l'AS Monaco. Dans les duels, sa puissance, sa vitesse... Ce que j'adore aussi, c'est que sur des matchs importants, on le voit gagner un duel important et ressortir de ce duel avec une rage ! Ça bouge et ça motive tout le monde quand on voit son leader défensif super bien comme ça."
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Quand, dans le même temps, Saliba serre les dents mais tient le choc, jusqu'ici : "Je pense qu'il est quand même gêné par son dos, on le voit par moment par son attitude", remarque Squillaci. Constat que n'a pas éludé Jules Kounde, ce lundi, devant les médias : "Je le vois comme une force tranquille, constatait le défenseur français du Barça. On sait l'effort qu'il fait par rapport aux douleurs qu'il peut avoir. Je le trouve très, très fort." Mais Squillaci de distiller : "Malgré tout, il montre aussi que, mentalement, il est costaud. Il est arrivé à la Coupe du monde en pleine confiance."
"Oui, on voit qu'il a été un peu raide sur certaines situations, n'écarte pas Gaël Givet. Mais il tient le coup, il est vraiment bon. Ça fait plaisir de voir une charnière française à ce niveau." Une charnière qui est parvenue à trouver sa complémentarité, la clé de tous les succès. "Ce ne sont que des éloges, rendait hommage Maxence Lacroix, dimanche. Ils font un magnifique travail. C'est exceptionnel ce qu'ils font, c'est super cool de pouvoir m'entraîner et de voir aussi comment ils se distinguent à chaque match." "Je pense qu'ils se sont construits, enchaîne Julien Escudé. Match après match, on sent que ça évolue dans le bon sens."

Contre l'Espagne ? "C'est de la concentration"

Et face à Mikel Oyarzabal et la Roja ? "Les attaquants espagnols cherchent à éviter les duels, analyse Gaël Givet. Ça va être un match différent, qui va se jouer sur des petits déplacements, des petits détails. Upamecano et Saliba sont très intelligents, ils ont su s'adapter l'un à l'autre, mais là, ça va être plus dans la ruse, dans la concentration." Avec un constat très clair : "Il ne va pas falloir sortir du match." Focus maximum demandé pour s'offrir le droit d'aller chercher une troisième étoile dimanche à New York : "L'Espagne va avoir plus le ballon, énumère Julien Escudé. Là, c'est leur qualité dans les déplacements, le jeu en triangle, sans ballon... La difficulté va être de gérer les couvertures mutuelles dans les petits espaces, être intelligent dans la position du corps. Avant dans cette Coupe du monde, c'était plus de la puissance, de l'engagement, de la vitesse. Là, il va bien falloir travailler ensemble. C'est de la concentration."
Si Sébastien Squillaci fait remarquer que le duo Upamecano-Saliba est habitué à varier les profils dans une compétition comme la Ligue des champions, il confirme la nécessité d'être "compact avec les milieux, d'avoir les bonnes distances pour pouvoir faire des prises à deux, être intelligent dans les déplacements". Tout en confirmant, confiant : "Je ne me fais pas de souci." Vite, 21 heures.

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