Neymar, le rêve plus si secret du Brésil pour la Coupe du monde 2026
Revenu à Santos pour se retaper physiquement, Neymar entretient le secret espoir de redevenir le leader de la Seleçao pendant la Coupe du monde 2026. Une hérésie à première vue mais un vrai projet vu du Brésil où la sélection auriverde peine sans le génie de "son meilleur joueur". Aussi fou que cela puisse paraître, l'hypothèse de le voir mener le Brésil au sommet existe encore.
Football - Paulista Championship : Neymar scores olimpico goal as Santos win 3-0 in Paulista
Video credit: Eurosport
Dans le monde du renseignement, on appelle ça des signaux faibles. Des petits éléments sans importance à première vue mais qui, mis bout à bout, peuvent déclencher des big bangs inattendus. Ces derniers jours, les spécialistes du football brésilien en ont décelé un petit paquet qui fait naître une grande excitation autour d'un homme : Neymar.
Le Brésilien est revenu chez lui, à Santos, avec le secret espoir de reprendre le fil d'une carrière franchement gâchée par les blessures et les choix sportifs douteux. Vu d'Europe, cette destination, à 33 ans, dessinait plus une fin d'aventure paisible plutôt que la résurrection d'un génie du football perdu en cours de route. Là-bas, en revanche, c'est une autre histoire.
"La dernière fois qu'un retour a pu faire autant de bruit, c'était Ronaldo en 2009, témoigne ainsi Marcelin Chamoin, journaliste spécialiste du Brésil pour Lucarne Opposée. C'est vrai qu'ici, c'est un peu le prince du Brésil, depuis presque 15 ans. Ça fait beaucoup de bruit et tout le monde avait envie de voir ce que ça pouvait donner sur le terrain". On commence à voir.
En six matches, on a eu le temps de s'inquiéter sur la forme physique préoccupante d'un joueur de 33 ans à l'allure bien moins svelte que celle du surdoué qui avait quitté Santos à 21 ans. Mais, dimanche, Ney a montré qu'il avait toujours le feu sacré en lui et ce pied si magique. Face aux provocations adverses, il a décidé de s'énerver : deux passes décisives mais surtout ce corner direct pour chambrer la foule adverse. Les signaux ne sont plus faibles : ses déclarations d'après-match attestent d'une envie d'en découdre intacte. C'est presque le plus rassurant. Et donc le plus excitant.
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Neymar
Crédit: Getty Images
Le Brésil de Neymar en 2026, comme l'Argentine de Messi 2022 ?
Pedro Caixinha, coach du Brésilien, n'a même pas à chercher à temporiser. "Neymar est un génie du football, a-t-il assuré en conférence de presse. […] Neymar a voulu venir jouer ici avec nous, nous devons tout faire pour qu'il soit heureux et qu'il trouve son bonheur en jouant au football, en surmontant les difficultés de ces deux dernières années. Et pour que cette cause devienne celle du Brésil lors de la Coupe du monde 2026. C'est ce qu'il a en tête."
Et le Brésilien d'aller encore plus loin : "C'est pour cela qu'il est revenu à Santos, pour retrouver ce bonheur. Et pour pouvoir ensuite aider le Brésil dans ce qui sera très probablement sa dernière Coupe du monde. Je me souviens de ce que l'Argentine a fait avec Messi. Ils ont créé une cause pour Messi. Pour qu'ils deviennent champions. Pour que Messi devienne champion du monde. Je pense que tout le Brésil devrait faire la même chose."
Osé et presque absurde, au premier abord. Et pourtant… "Au Brésil, on l'attend, confirme Dominique Baillif, consultant RTL et au club des 5. En son absence, il n'y a personne qui a pris le leadership technique devant. Aujourd'hui, on remarque son absence. Parce que ça manque de créativité, de génie. Ici, on espère qu'il va pouvoir être débarrassé des blessures et de la pression pour retrouver sa place naturelle dans cette Seleçao".
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"Plus on avance…" : le PSG peut-il terminer la saison invaincu ?
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Ce n'est pas l'actuel sélectionneur de la Seleção qui ira contre ce postulat. En novembre dernier, Dorival Junior avait dessiné la même tendance. "Je n’ai jamais caché l’admiration, le respect et l’affection que j’ai pour lui, expliquait-il. Tout le monde connaît les conditions et le potentiel dont il dispose. L’attente de son retour est très grande. J’aimerais aussi qu’il revienne. J’espère que cela viendra si cela se produit en mars ou plus tard, je ne sais pas."
Triste Seleção
Pas compliqué de comprendre d'où viennent les rumeurs autour d'une éventuelle sélection du "Ney" dès mars. "Sans lui, il n'y a pas grand-chose, confirme Marcelin Chamoin. La Copa América a été franchement décevante avec une élimination en quarts face à l'Uruguay. Sur les qualifs du Mondial, ils ne sont pas en danger mais ça ne brille pas beaucoup. C'est peut-être pour ça qu'il est attendu." Vinicius n'est pas le même joueur qu'avec le Real, Raphinha a pris de l'épaisseur mais pas suffisamment pour devenir le leader naturel, aucun numéro 9 ne pointe le bout de son nez et Paqueta ou Guimaraes n'ont pas l'étoffe des super-héros espérés.
Au fond, ces espoirs fous autour de Neymar en disent presque plus sur le niveau intrinsèque de la Seleção. Le dernier sacre mondial, en 2002, est un souvenir de plus en plus lointain et, depuis, les Auriverde n'ont disputé qu'une seule demi-finale en cinq éditions. "C'est une obsession nationale, cette Coupe du monde", confirme le journaliste de Lucarne Opposée. Alors, on se raccroche à ce qu'on peut.
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Neymar (Brésil), buteur face à la Croatie
Crédit: Getty Images
Au pays du football, on a sans doute intégré le fait que Neymar ne sera jamais l'égal des plus grands. En revanche, en 2025 et – espèrent-ils – en 2026, il reste le joueur le plus à même de changer le destin de la sélection. "Aujourd'hui à l'échelle du football brésilien, il reste au-dessus, confirme Dominique Baillif. C'est pour ça qu'on va y croire, on sait qu'il est capable de faire des très grandes choses."
Alors, là-bas, on guette les signaux faibles. Ils se multiplient mais ne suffisent pas encore à décréter l'union sacrée autour du meilleur buteur de l'histoire de la Seleção (79 buts). Sans doute Neymar a-t-il là une dernière opportunité, à 33 ans, d'inscrire son nom dans la légende du football mondial. Il reviendrait de loin, certes. Mais la magie a ses raisons que la raison ignore. "En fait, c'est un peu le dernier représentant du 'Joga Bonito', conclut Marcelin Chamoin. C'est un peu ce qui fait encore rêver." Quitte à aveugler ?
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