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Décès de Franz beckenbauer - Son poste n'existait pas alors Beckenbauer l'a inventé
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Publié 08/01/2024 à 19:23 GMT+1
Parce que le poste de défenseur central était trop étriqué pour son talent, Franz Beckenbauer, mort ce lundi à 78 ans, a choisi de lui donner une nouvelle dimension. L'ancien milieu a reculé pour réinventer un poste, celui de libéro. Une révolution qui lui permettra d'exploiter au mieux ses qualités et de redéfinir le rôle des arrières.
Franz Beckenbauer (rechts, hier im Duell mit Johan Cruyff) führte Deutschland 1974 als Libero zum WM-Titel
Crédit: Imago
C'est autant à ses trophées, nombreux, et à l'empreinte qu'il a laissée sur le jeu que se mesure la légende de Franz Beckenbauer, mort ce lundi à 78 ans. Et le Kaiser avait une idée très précise du rôle de défenseur central. Pas question de se salir les shorts et de découper tout ce qui se présentait à lui. A une époque où l'efficacité des arrières ne se mesurait qu'à leur capacité à stopper les offensives adverses, le double Ballon d'Or a inventé autre chose.
Un rôle, celui de libéro, taillé pour ses qualités, celui d'un milieu, sorte de meneur reculé derrière le stoppeur. Parce que le Kaiser est comme ça : il force l'ordre des choses et ne laisse à personne l'audace de choisir pour lui son destin. "Au début, j’étais un milieu conventionnel. Et puis j’ai commencé à regarder Facchetti, l’intenable latéral gauche de l’Inter, et il m’a donné l’esprit d’aventure, écrit-il dans sa biographie comme rapporté par So Foot. Facchetti était brillant, mais en tant que latéral, il était limité par l’espace. En tant que défenseur central, je pouvais aller n’importe où." Il élargit la palette du défenseur central. L'assurance qu'il dégage et son autorité naturelle dissipent les maigres doutes qui entourent son initiative. Si un homme peut porter ce changement, c'est bien lui.
La technique, l'œil et la grande classe
Il n'est désormais plus interdit au défenseur central de contrôler le ballon, de le porter sur plusieurs dizaines de mètres, de se projeter vers l'avant ou de lancer les offensives par sa qualité de passe. Le Kaiser s'occupait de tout parce que son talent, débordant, ne pouvait se borner aux seules tâches défensives. Il fut le premier trait d'union entre toutes les lignes.
Avec Beckenbauer, le défenseur devient le premier attaquant et pas seulement parce qu'il inscrivit 72 buts dans sa carrière au Bayern. C'est d'abord parce qu'il avait plus de technique que de nombreux joueurs offensifs et plus de jugeote que la moyenne qu'il a étendu son rôle au-delà des frontières qui l'étriquaient jusque-là. Une vision aussi qui lui permettait d'organiser depuis l'arrière. Beckenbauer partait d'un constat simple : le défenseur central, par définition, est le joueur qui a le plus de temps et de liberté.
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Franz Beckenbauer face à l'Italie en 1970
Crédit: Imago
Sammer, Baresi, Blanc comme héritiers
Le milieu est trop sous pression : "Je ne voulais pas qu'on me coure après pendant 90 minutes et me faire taper dans les pattes. Ce n'est pas ma conception du football", disait-il. Le défenseur n'a pas un champ de compétence assez grand. Il inventera donc le parfait mélange des genres. D'autant qu'avec le jeu devant lui, il est à la place parfaite pour jouer les chefs d'orchestre.
Encore faut-il avoir l'œil. C'était son cas. Il y ajoutait la classe, la grande classe même, avec sa tête toujours haute et son buste droit. "Il avait plus d'intelligence que de force sur le terrain, il était plus un footballeur brésilien", dira de lui son ami Pelé qu'il côtoiera un temps au New York Cosmos. Ses inspirations géniales révolutionnent le poste et guident ses équipes vers les plus grands succès : Coupe du monde, Ligue des champions, Euro.
Il ouvre la voie à des individualités magnifiques : Franco Baresi, Matthias Sammer, qui partagera avec lui l'honneur du Ballon d'Or, ou Laurent Blanc pour ne citer qu'eux. Aucun n'arrivera à la cheville de celui qui a révolutionné un poste aujourd'hui disparu. Parce que celui-ci était taillé pour lui et parce que personne ne pouvait donc mieux l'incarner.
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