Eredivisie - Le championnat menacé de faire rejouer plus d'une centaine de matches en raison d'un imbroglio juridique autour des binationaux

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Le championnat des Pays-Bas de football est sous la menace d'une décision de justice, attendue lundi, concernant un imbroglio sur le statut des joueurs dits binationaux. La fédération (KNVB) pourrait bien se voir obligée de faire rejouer de nombreux matches d'Eredivisie.

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Video credit: Eurosport

La KNVB craint "un véritable chaos", voire que le championnat n'arrive pas à son terme. Tout dépendra de la décision de justice attendue lundi. Le tribunal d'Utrecht, qui statuera en référé à midi, pourrait donner raison au NAC Breda dans un litige opposant la fédération et ce club du sud-est des Pays-Bas, actuellement avant-dernier d'Eredivisie.
Ce club, toujours relégable à quatre journées de la fin, entend faire rejouer une rencontre perdue 6-0 en mars face au Go Ahead Eagles. La raison ? Leurs adversaires avait aligné Dean James, un joueur binational ayant opté pour une autre sélection que la sélection Oranje. Ce joueur né aux Pays-Bas a opté en mars 2025 pour la sélection indonésienne, avec laquelle il compte désormais cinq capes. Il a dû pour cela renoncer à la nationalité néerlandaise, car aucun des deux pays ne reconnaît la double nationalité.
Or, selon plusieurs juristes et selon les avocats de NAC Breda, si un joueur renonce à sa citoyenneté néerlandaise, il devient de facto un étranger. Et doit par conséquent posséder un permis de travail pour pouvoir exercer son activité au plat pays. "La raison importe peu : nous constatons qu'un joueur non éligible a été aligné. Le match doit donc être rejoué", ont argumenté les avocats du club lors des plaidoiries mardi dernier.

Une brèche dans laquelle de nombreux clubs pourraient s'engouffrer

La Fédération voit un possible danger pour la poursuite de la compétition si la justice devait donner raison à Breda. Car une telle jurisprudence pourrait pousser d'autres clubs à effectuer la même démarche. "Cela mènerait au chaos", s'est alarmée Marianne van Leeuwen, directrice du football professionnel à la KNVB. Selon son décompte, 133 matches d'Eredivisie mais aussi de D2 et de la compétition féminine seraient concernés.
"Nous ne sommes pas face à une situation standard. L'enjeu va bien au-delà d'une simple rencontre. La direction de la ligue a mené une évaluation approfondie en tenant compte de l'intérêt du football professionnel. C'est pourquoi la demande du NAC doit être rejetée", ont plaidé les avocats de la fédération. Ajoutant que "la lecture de la KNVB est largement soutenue par de nombreux clubs".

Des clubs ont déjà mis leurs joueurs concernés au chômage technique

Dans l'attente de la décision de justice, plusieurs clubs ont déjà pris des mesures de précaution ces dernières semaines en mettant temporairement au chômage technique leurs joueurs binationaux. "Je suis furieux, nous avons tous agi de bonne foi. Cela ne peut que déboucher sur une amnistie générale car aucune autorité publique ne nous a fait part de cette situation", a pesté Wilco van Schaik, directeur général du NEC Nimègue, au magazine Voetbal International.
En Eredivisie, de nombreux joueurs nés aux Pays-Bas jouent pour d'autres sélections, comme le Surinam, Curaçao ou l'Indonésie, anciennes colonies néerlandaises ou pays comptant un nombre important d'émigrants aux Pays-Bas. Si les clubs phares du championnat (le PSV, assuré du titre, l'Ajax, Feyenoord) ne sont pas concernés par le problème, de nombreuses autres formations emploient des binationaux sans permis de travail valables.
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