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L'antisèche : Le Pays de Galles l'a montré, cette Belgique a trop de limites

L'antisèche : Le Pays de Galles l'a montré, cette Belgique a trop de limites

Le 02/07/2016 à 00:18Mis à jour Le 02/07/2016 à 00:25

EURO 2016 – Les grandes ambitions de la Belgique ont été douchées par un magnifique Pays de Galles en quart de finale (3-1). Les Belges, bien que plombés par les absences en défense, ont montré qu'ils étaient encore trop justes pour revendiquer une place parmi les plus grands au niveau international. Notre antisèche.

Le jeu : Ces Gallois sont renversants !

Ça semblait très mal parti pour le Pays des Galles. La Belgique a imposé sa supériorité technique en début de match et fait preuve d'une certaine efficacité en marquant un superbe but sur sa deuxième occasion. Mais ces Diables Rouges étaient bien vulnérables sur le côté gauche de leur défense avec les absences de Thomas Vermaelen et Jan Vertonghen. Les Gallois ont tout de suite vu cette faiblesse et l'ont parfaitement exploitée puisque leurs trois buts sont venus de ce côté.

Les hommes de Chris Coleman ont aussi su utiliser leurs qualités. En dominant sur les coups de pied arrêtés, à l'image du but égalisateur. Mais aussi en affichant une solidarité et une discipline tactique de tous les instants en défense. C'est ce qui leur a permis de résister dans les temps forts belges. Et ils ont su marquer dans des moments importants en deuxième période, les deux fois après des grosses occasions pour les Diables Rouges. Le Pays de Galles a mis tous les ingrédients pour réussir un exploit historique.

Les joueurs : Les Gallois n'ont même pas eu besoin d'un grand Bale

Cet exploit gallois semblait devoir passer par Gareth Bale. Mais la star du Real s'est surtout attachée à travailler pour le collectif plutôt que dans la finition. Il n'a pas été spécialement en vue. Au contraire d'Aaron Ramsey, auteur de deux passes décisives pour couronner une performance XXL. Quel dommage que le milieu d'Arsenal soit suspendu pour la demi-finale face au Portugal, tout comme le défenseur Ben Davies. James Chester a encore été brillant sur le côté droit de la défense en maîtrisant parfaitement Eden Hazard, tandis qu'Ashley Williams, solide derrière et auteur du but égalisateur, a été héroïque. Enfin, Hal Robson Kanu a signé un but remarquable tout comme son remplaçant, Sam Vokes, sur une passe d'un très bon Chris Gunter.

La Belgique a été plombée par les performances assez désastreuses de Jason Denayer et Jordan Lukaku. Ils n'ont pas su remplacer Vermaelen et Vertonghen. Toby Alderwiereld et Thomas Meunier, ridiculisé sur le but de Robson-Kanu, n'ont pas été beaucoup plus brillants. Thibaut Courtois a fait ce qu'il a pu, mais il était bien seul pour défendre le but des Diables Rouges. Les talents offensifs belges ont aussi déçu. Eden Hazard, malgré une passe décisive, a été loin du niveau affiché face à la Hongrie et Kevin de Bruyne a connu un certain déchet, tout comme Radja Nainggolan malgré son but sublime. Yannick Carrasco a été intéressant en première période, mais il est sorti dès la mi-temps. Un choix tactique de Marc Wilmots qui n'a pas vraiment convaincu.

Ce qui aurait pu tout changer

L'arbitrage. A 2-1 en faveur du Pays de Galles, il y a eu deux décisions litigieuses en défaveur de la Belgique. D'abord une faute non sanctionnée de Ben Davies, déjà averti, sur Romelu Lukaku à l'entrée de la surface (80e). Puis un contact entre un défenseur et Radja Nainggolan à l'intérieur de la surface, sur lequel le milieu belge a certainement eu le tort d'exagérer la faute (83e). Damir Skomina, franchement peu inspiré par ailleurs, a laissé le jeu se poursuivre. Et le Pays de Galles a fait le break quelques instants plus tard.

Radja Nainggolan s'écroule dans la surface du Pays de Galles

Radja Nainggolan s'écroule dans la surface du Pays de GallesPanoramic

La stat : 24

24 ans. Cela faisait 24 ans qu'un pays qui participait pour la première fois à un Championnat d'Europe n'avait pas atteint le dernier carré de la compétition. Le Pays de Galles a donc fait aussi bien que la Suède en 1992. Même encore mieux, car les Suédois étaient les organisateurs de l'épreuve cette année-là et jouaient donc à domicile.

Le tweet joyeux

La décla : Chris Coleman (sélectionneur du Pays de Galles)

" Rêvez, n'ayez pas peur des rêves"

La question : Cette Belgique était-elle surestimée ?

Il n'est pas question de sous-estimer l'exploit gallois. Mais la Belgique a quand même gâché une énorme opportunité de se montrer à la hauteur de ses grandes ambitions. Elle avait hérité d'une moitié de tableau ouverte avec la Hongrie et le Pays de Galles sur le chemin qui devait la mener aux demi-finales. Si les Belges ont été brillants face aux Hongrois, ils sont en revanche passés à côté de leur sujet face aux Gallois, malgré une entame parfaitement maîtrisée. C'est une claque monumentale pour les Diables Rouges.

Ashley Williams (Pays de Galles)

Ashley Williams (Pays de Galles)Panoramic

Clairement, la Belgique a été plombée par les absences de Vermaelen et Vertonghen sur cette rencontre. Mais elle a quand même eu le tort de ne pas les compenser tactiquement. Et surtout de douter. Se voyant vulnérable, la Belgique s'est mise à reculer alors que ces forces étaient en attaque. Elle n'a pas su exploiter ses atouts, contrairement au Pays de Galles qui a parfaitement utilisé les siens. Marc Wilmots a sa part de responsabilité. Son choix de faire entrer Marouane Fellaini à la pause pour gagner de la hauteur sur les coups de pied arrêtés et de la densité physique au milieu s'est avéré perdant. Car la Belgique n'a plus eu cette vitesse qui fait sa force en attaque.

Il faut rendre hommage au Pays de Galles, mais la Belgique s'est quand même tiré une balle dans le pied. A l'arrivée, cette génération si prometteuse des Diables Rouges s'est une nouvelle fois arrêtée en quart de finale, comme il y a deux ans au Mondial face à l'Argentine. Un échec face aux Pays de Galles, sans lui faire injure, n'a pas du tout la même signification. Elle montre les limites d'une sélection qui n'arrive pas à franchir ce pas pour rivaliser avec les plus grandes nations du ballon rond.

La Belgique quitte l'Euro dès les quarts de finale

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