Il n’est pas le seul responsable. Bien sûr que non. Thomas Müller et Mesut Özil sont également trop discrets par rapport à leur talent et leur vécu. Mais il est forcément au centre des attentions. Mario Götze est pointé du doigt après ces deux premiers matches de l’Allemagne à l’Euro 2016. Deux rencontres où l’attaque de la Mannschaft a eu toutes les peines du monde à déséquilibrer les blocs défensifs de l’Ukraine (2-0) puis surtout de la Pologne (0-0). Deux rencontres où Götze a été aligné en pointe pour évoluer en position de "faux numéro 9", du nom de ces milieux de terrain ou ailiers installés aux avants-postes quand les circonstances (ou l'animation offensive) l'exigent.

Joachim Löw le préfère à Mario Gomez pour sa vitesse et sa technique, qui s’adaptent mieux au jeu en mouvement désiré par le sélectionneur allemand. L’idée s’entend. Sur les deux premières sorties des champions du monde dans ce tournoi, cela ne s’est cependant pas vu, loin de là. Jeudi contre la Pologne, l’Allemagne n’a presque jamais réussi à accélérer. Des tribunes, l’impression visuelle était criante. La Mannschaft a manqué de cette capacité à faire des différences, à trouver la faille dans un bloc. Et l’apport de Götze illustre bien ces soucis.

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Mario Götze (Allemagne) au milieu de la défense polonaise, jeudi 16 juin 2016

Crédit: Panoramic

Pour Götze, l'épilogue d'une saison compliquée

Interrogé sur la prestation de son "neuf" après la rencontre, Löw a subtilement botté en touche. Il a souligné les difficultés collectives de son équipe : "On ne s'est pas créé beaucoup d'occasions car notre jeu dans le dernier tiers n'était pas très rapide, on a joué de manière trop saccadée. Je ne m'attendais pas à voir les Polonais évoluer autant derrière nos lignes offensives", a glissé le sélectionneur allemand. Il est vrai que la Pologne a très bien défendu et n’a laissé que peu d’espaces. Mais l’Allemagne n’a aussi eu personne pour peser sur la défense adverse.

Mario Götze ne peut pas porter tout seul cette responsabilité. Il apporte d’autres choses. Sa présence en pointe dans le onze laisse quand même clairement songeur. Le buteur de la finale de la Coupe du monde 2014 n’est pas en pleine confiance après avoir très peu joué cette saison en Bavière où Pep Guardiola ne s’est pas vraiment appuyé sur lui (11 titularisations en Bundesliga). Son réveil est espéré durant cet Euro. Il se fait encore attendre, tout comme la montée en puissance allemande.

Ce problème offensif de l’Allemagne ne date cependant pas d’hier. Depuis la retraite internationale de Miroslav Klose, les Allemands évoluent régulièrement sans vrai neuf pour occuper le front de leur attaque. Löw assume ce choix même s’il a pris Mario Gomez dans ses 23. Et il ne semble pas parti pour tout changer. "Dans les matches à élimination directe, il y aura plus de jeu offensif", prédit-il. Pour aller chercher un quatrième titre de champion d’Europe vingt ans après le dernier, l’Allemagne aura pourtant besoin d’un neuf qui pèse, que ce soit un faux ou un vrai.

De notre envoyé spécial au stade de France, Glenn CEILLIER

Mario Götze (Allemagne) - Euro 2016

Crédit: AFP

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