La Belgique espérait certainement autre chose. Troisième du Mondial 2018, la sélection de Roberto Martinez peut légitimement ambitionner de remporter le titre à l'Euro 2020. Mais elle ne pourra pas compter sur toutes ses forces vives pour démarrer sa quête du trophée. C'est peu de le dire. Kevin de Bruyne, peut-être le meilleur milieu offensif au monde à l'heure actuelle, est forfait pour l'entrée en lice des Diables Rouges face à la Russie samedi à Saint-Pétersbourg. Et l'autre star des Diables Rouges, Eden Hazard, n'est pas certain de pouvoir démarrer la rencontre après avoir encore passé le plus clair de son temps à l'infirmerie cette saison.
Ce serait un coup fatal pour la grande majorité des sélections. Pour la Belgique, c'est forcément préjudiciable tant de Bruyne et Hazard ont prouvé leur influence sur la créativité des Diables Rouges. Mais c'est aussi l'occasion de mesurer à quel point l'effectif de Roberto Martinez regorge de talents. Ce n'est pas une nouveauté. La question, c'est leur capacité à endosser le costume de leader habituellement porté par De Bruyne et Hazard ces dernières années. De ce point de vue aussi, il y a des motifs d'espoir pour la formation de Roberto Martinez.
Euro 2020
La Belgique doit-elle oublier la France et 2018 ?
11/06/2021 À 22:43

Courtois s'est mué en taulier

Thibaut Courtois est certainement le premier qui vient à l'esprit. Si De Bruyne et Hazard, malgré ses déboires depuis son arrivée au Real Madrid, sont des références à leurs postes respectifs, le gardien des Diables Rouges en est une lui aussi. Sa première saison au sein du club madrilène, où il a débarqué à l'été 2018, auréolé d'un titre de meilleur gardien de la Coupe du monde en Russie, n'avait pas été flamboyante. Justement. Courtois aurait pu ne pas s'en remettre. Avoir su s'en relever pour évoluer à un niveau exceptionnel ces deux dernières saisons montre toute sa force de caractère.
"La Pieuvre" était déjà l'un des tous meilleurs portiers de la planète du temps où il évoluait à Chelsea et à l'Atlético de Madrid. Il l'a confirmé au Real. Mais il a surtout franchi un cap en prenant une influence grandissante dans le vestiaire madrilène, ce qui lui faisait défaut chez les Blues. "Courtois est l'un des piliers fondamentaux du Real Madrid, soulignait le quotidien madrilène As en avril. Dans une saison si compliquée à cause des innombrables blessures, il a sauvé sa défense lors de nombreux matches. Il s'est imposé comme l'un des leaders de l'équipe, sur et en dehors du terrain."

"On parle des grognards du Real, c'est un peu vite oublier Courtois"

Devenu l'un des tauliers du Real Madrid, Courtois est plus que jamais attendu pour assumer ce rôle en sélection. Il y est poussé par la force des choses. Avec l'absence de De Bruyne et les soucis de Hazard. Mais aussi le forfait d'un autre cadre en la personne d'Axel Witsel. Alors que les hommes forts de la défense belge prennent de l'âge, à l'image de Jan Vertonghen (34 ans), le gardien des Diables Rouges, lui, doit prendre du galon. Et s'affirmer comme un leader indispensable pour la Belgique dans ce début de campagne européenne.

"Si Lukaku n’est pas un leader, alors..."

La chance de la Belgique, c'est de pouvoir compter sur un leader potentiel dans les deux zones de vérité. Courtois en défense donc, mais aussi Romelu Lukaku en attaque. L'avant-centre des Diables Rouges suscite des attentes monumentales dans cet Euro après une saison éblouissante à l'Inter. Auteur de 24 buts et 10 passes décisives en Serie A, il a été le grand artisan du titre de champion d'Italie remporté par le club lombard. Au-delà des statistiques, il y a son impact dans le jeu. En appui, dans les duels, le buteur belge n'a jamais aussi bien utilisé ses qualités physiques exceptionnelles que cette saison.

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Mais les progrès de Lukaku ne s'arrêtent pas là. Sous la direction d'Antonio Conte, il est aussi devenu un "gagneur". La Gazzetta dello Sport a parfaitement résumé le phénomène. "Lukaku est un vrai leader, écrivait le quotidien transalpin après le scudetto de l'Inter. Après le retour en force contre le Torino (4-2) en novembre, il a publiquement déclaré à son équipe : 'Nous ne sommes pas une grande équipe, ça ne marche pas comme ça'. L’Inter a ensuite gagné 0-3 à Sassuolo, un match considéré comme le tournant de cet Inter. Si Lukaku n’est pas un leader, alors il n’y a pas de leader dans le football."
Face à la Russie, le défi de Lukaku sera d'autant plus grand qu'il ne pourra compter sur un pourvoyeur de ballons comme Kevin de Bruyne, et probablement Eden Hazard, pour le mettre sur orbite. Il ne sera pas dans les conditions de jeu les plus favorables. S'il a prouvé quelque chose à l'Inter cette saison, c'est sa capacité à rester décisif dans ce type de contextes. C'est exactement ce que la Belgique attendra de lui à Saint-Pétersbourg.
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