C'est au cœur d'un stade posé comme un cheveu sur la soupe au bord de l'autoroute, et qui ressemble comme deux gouttes d'eau à une bouée de sauvetage, que les Bleus vont plonger dans le grand bain, mardi soir. Depuis trois ans et leur sacre sous l'improbable déluge moscovite, on sait qu'ils se débrouillent plutôt bien en haute mer et que le matériel de sauvetage, ils le laissent volontiers aux autres.
Vu de la rade et les pieds au sec, on jurerait que les brassards seraient plus utiles aux Allemands, empêtrés depuis trois ans dans une crise de résultats qui a finalement amené Joachim Low à déposer les armes et passer le témoin à Hansi Flick après l'Euro. Mais la rengaine est éternelle : plus le coup d'envoi se rapproche, plus l'adversaire paraît costaud. C'est ainsi depuis toujours et pour encore longtemps. Et c'est tant mieux. Parce que la Nationalmannschaft, quatre Coupes du monde au compteur et trois Euros glanés dans la besace, reste la Nationalmannschaft et celle-ci n'a pas pour habitude de rater deux tournois internationaux de suite. Ni de baisser la tête.

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Les Bleus de DD ne se ratent pas

Les Bleus, eux, ont oublié ce que ça faisait de se planter lors des grands rendez-vous estivaux. Depuis le début du règne de Didier Deschamps, c'est simple : ce n'est jamais arrivé. Et, dans les rangs tricolores, à l'heure où vous lisez ces lignes, personne n'imagine que ce drôle d'Euro puisse marquer le début du déclin d'une équipe qui semble encore sur la rampe de lancement.
Sur le terrain et à côté, hormis une broutille et un léger désaccord entre deux de ses membres influents, tout roule comme sur des roulettes. Deux victoires lors de la préparation, une animation qui fonctionne, une réintégration au point, et pas un bobo à déplorer : tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Et c'est souvent là que peuvent poindre les problèmes.
Au XXIe siècle, quand l'équipe de France a croisé le fer avec d'autres anciens champions du monde au premier tour d'un grand tournoi, ça ne s'est pas souvent bien terminé. Demandez donc à Raymond Domenech, qui y a eu le droit deux fois de suite, en 2008 et 2010, et qui, à chaque fois, a vu son équipe rentrer au pays avant même de pouvoir y croire. Toute comparaison avec les Bleus de 2021 serait néanmoins inopportune et malvenue.

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Roger Lemerre et ses Bleus de 2002 s'étaient aussi coltinés un ancien champion du monde dans leur poule, en Corée du Sud. C'était à une époque où les Français étaient champions de tout et ne doutaient de rien. Avant que l'on découvre qu'ils avaient, subrepticement, basculé du côté obscur de la force.

Les meilleurs "du monde"

Les Bleus de 2021 sont armés d'une foi et d'une confiance qui en a poussé certains à annoncer, sans coup férir, qu'ils possédaient "la meilleure attaque du monde" ou même "la meilleure équipe du monde". Ce sont d'ailleurs deux joueurs du Bayern et habitués de l'Allianz-Arena qui l'ont clamé haut et fort, Kingsley Coman et Corentin Tolisso. Joueurs nourris à l'exigence du Bayern Munich, ils savent mieux que personne que les paroles sans les actes n'ont qu'une valeur limitée dans le temps et dans l'espace.
Mardi soir, dans l'immensité d'une enceinte qui ne sera remplie qu'à 22% de sa capacité habituelle, il sera temps de valider les impressions de ce début de mois de juin. De Nice au Stade de France, face à Galles et à la Bulgarie, les hommes de Didier Deschamps ont appliqué le même tarif (3-0). On n'en demande pas forcément autant, mardi. Mais on a envie de voir que les champions du monde, pas tellement bousculés en préparation, ne l'ont pas été parce qu'ils ont mis leurs deux adversaires sous l'éteignoir. Que derrière, ça tient la route, comme toujours. Qu'au milieu, le trio Kanté - Pogba - Rabiot est prêt à rouler sur l'Europe et que, devant, évidemment, les promesses de Nice sont bien plus que cela. Sur les coups de 21 heures, de toute manière, tout ce qu'on a dit avant n'aura plus d'importance. Il sera temps d'en découdre. Ça tombe bien, tout le monde a envie de plonger la tête la première.

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