C'était il y a un peu plus d'un mois. Le 11 mai, précisément. Dans son traditionnel point médical sur son site officiel, le PSG ne laisse place à aucun doute au moment d'évoquer la blessure de Marco Verratti : "Lésion du collatéral médial du genou droit, l’indisponibilité est évaluée entre 4 et 6 semaines selon l'évolution." Autant dire un coup de massue sur la tête du milieu de terrain, qui voit alors l'Euro 2020 avec l'Italie sérieusement s'éloigner. Encore une fois, il s'imagine l'espace d'un instant manquer une grande compétition avec sa sélection. En 2016, c'était une pubalgie qui avait eu raison de son Euro. En 2018, la Nazionale n'est pas qualifiée au Mondial après son élimination en barrages face à la Suède. Trois ans plus tard, à 28 ans, Verratti réfute cette fois l'idée d'être (encore) le grand absent. Comme une rébellion intérieure qu'il compte mener à bien.
Dans son communiqué, le PSG parle donc de "4 à 6 semaines" avant de le revoir sur le terrain. "A ce moment précis, il s'est senti mourir", écrivait le Corriere della Sera lundi. Mais pourquoi prendre la fourchette la plus haute, après tout ? Le "Petit Hibou" préfère tabler sur un mois et entame sa course contre la montre. Rapidement, il se remotive et se voit même rassuré par Roberto Mancini, son sélectionneur. Selon les médias italiens, il lui dit en substance : "Fais ce que tu dois faire, ne lâche pas. Moi, je t'attends". Sans se le dire explicitement, les deux hommes scellent un pacte. Si Verratti parvient à récupérer avant l'annonce de la liste, même partiellement, Mancini y inscrira son nom.
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Pour Mancini, Verratti est trop important

Le joueur parisien n'a pas une minute à perdre. "Il s'est alors mis au travail avec beaucoup d'obstination et d'enthousiasme", racontait lundi La Gazzetta dello Sport. Suivi de près par le professeur Ferretti, médecin de la Nazionale, Verratti suit à la lettre son programme de récupération. Sans rien forcer, mais en s'appliquant à respecter chaque consigne. "Marco Verratti fait des pas de géant. On évaluera la situation la semaine prochaine", annonce Mancini début juin. Si l'ancien entraîneur de l'Inter Milan compte bien attendre jusqu'à la dernière seconde quitte à pouvoir le sélectionner, c'est qu'il sait mieux que quiconque l'importance prise par son milieu ces deux dernières années.
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De l'autre côté des Alpes, on s'est souvent demandé si le PSG envoyait le vrai Marco Verratti à chaque rassemblement de la Squadra. Étincelant en club, il a toujours peiné à convaincre en sélection. La Botte ne lui a jamais épargné les critiques les plus acerbes, comme consciente de son talent mais frustrée de son rendu. Mais ça, c'était avant l'arrivée du "Mancio". Depuis, la roue a tourné. Dans son 4-3-3, le sélectionneur italien a rapidement identifié son trio du milieu : Barella, Jorginho et donc Verratti. Aux côtés du joueur de Chelsea, le natif de Pescara forme rapidement un duo convaincant. Les médias italiens décident d'ailleurs de lui donner un nom : le "double play". Soit deux "playmakers" capables de faire le jeu à travers leur rôle, leur vision et leur technique.
Verratti y est à l'aise et étale toutes ses qualités : précieux dans les sorties de balle, la conservation du ballon dos au but sous pression, la capacité à effacer le pressing de l'adversaire. L'énorme activité de Nicolò Barella autour complète parfaitement de duo, tant dans la récupération que la projection. Le milieu parisien, lui, voit les habituelles critiques se transformer en compliments. Après des années à roder, il a (enfin) trouvé sa place et gagné son poste, en plus de la confiance de tout l'environnement de sa sélection.

Du repos ? Quel repos ?

"Mancini n'a jamais pensé à renoncer à l'architecte de son équipe pour l'Euro", expliquait le Corriere della Sera lundi, histoire de faire comprendre un peu plus le costume endossé par Marco Verratti depuis deux ans. Le 15 octobre 2019, il porte même le brassard du capitaine lors d'un déplacement au Liechtenstein. En coulisses, ce dernier ne lâche rien. Celui qui compte 40 sélections et 2 buts depuis 2012, initialement convoqué dans la liste élargie pour l'Euro, profite même des jours de repos pour poursuivre sa récupération. Au vu de l'avancée, Mancini respecte sa parole : il le convoque dans les 26, même si sa convalescence n'est pas terminée. Pas encore, du moins.

Verratti, un Italien à part

Le soir du 4 juin, après le match amical face à la République tchèque, Mancini accorde 36 heures de repos à ses troupes. Le Parisien s'en moque. Lui repart du côté de Coverciano, le Clairefontaine italien, pour continuer à travailler. Au programme : 8 heures de piscine et salle de musculation. "C'est simple : il ne s'est pas arrêté une seule minute", nous glisse un membre du staff de la Nazionale, littéralement "impressionné" par le travail accompli du "Petit Hibou". Verratti reprend la course individuelle le 7 juin. Avant de s'entraîner avec le ballon le lendemain. De quoi voir la lumière au fond d'un tunnel qui, parfois, a pu sembler interminable pour le principal concerné. Mais le désir de disputer le premier Euro de sa carrière était plus grand. En tout et pour tout, l'ex-joueur de Pescara possède une avance de dix jours sur le programme initial.

L'amical avec Pescara et les compliments du PSG

Pendant que Verratti continue de récupérer, Mancini, conscient du risque encouru en le sélectionnant, apprend deux mauvaises nouvelles qui n'arrangent rien. Il perd deux de ses milieux de terrain : Stefano Sensi et Lorenzo Pellegrini, remplacés par Matteo Pessina et Gaetano Castrovilli. Dans l'absolu, aucun titulaire. Mais quand même deux belles solutions en cours de jeu. Avec un trio Barella-Jorginho-Locatelli, l'Italie entame parfaitement son Euro 2020 face à la Turquie (3-0).
Bien évidemment présent au Stadio Olimpico de Rome, Verratti y avait même foulé la pelouse la veille aux côtés d'un certain Gianluca Vialli, resté un ami fidèle de Roberto Mancini du temps de la Sampdoria et présent dans le staff italien. Les deux ont enchaîné les courses. "L'ancien attaquant n'a pas arrêté une minute de l'encourager", précisait le Corriere della Sera. Au lendemain de la victoire face aux Turcs, le numéro 6 du PSG rejoue pour la première fois un match. Amical, certes. Mais face à Pescara, "son" club, invité pour l'occasion. Clin d'oeil ou non, Verratti y est "prêté" le temps de la rencontre avec Salvatore Sirigu et Giacomo Raspadori. Sous son ancien maillot, il dispute vingt bonnes minutes.
"Il n'y a eu aucun problème dans son programme de récupération, confie alors le Docteur Ferretti. Il est dans le dernier kilomètre, celui dans lequel il va commencer le travail avec l'équipe et la préparation au match." Comprenez mieux : la période la plus délicate. Si aucun risque inutile ne sera pris, Mancini devrait toutefois le convoquer pour le deuxième match face à la Suisse ce mercredi. Selon les médias transalpins, Verratti pourrait même disputer quelques minutes en fin de rencontre, avant de probablement démarrer titulaire dimanche face au Pays de Galles.
"Tout le parcours de soin a été partagé avec le Dr. Baudot et le PSG. Selon les règlements de l'UEFA, le joueur arrivé blessé en sélection doit être jugé guéri par son club avant de rejouer, et le Dr. Baudot est donc venu à Coverciano pour constater la guérison de Marco", a ajouté le médecin de la sélection italienne. Christophe Baudot, en charge du staff médical du PSG, s'est en effet rendu à Coverciano la semaine passée, avant le début de l'Euro. L'objectif ? Constater la bonne évolution de la blessure de Verratti. Selon la presse transalpine, Jean-Claude Blanc et Leonardo, heureux du retour obtenu, ont envoyé un message de remerciements au staff médical italien pour leur gestion de leur joueur. Le pacte entre Verratti et Mancini était risqué ? Oui. Mais il a fonctionné.
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