AS Monaco, tactique : Défendre en avançant, c'est la clé pour Monaco

Eurosport sur Google

Confronté aux performances inégales de Carvalho et Abidal, Monaco a su s'adapter. La réponse est collective : la cohésion entre les lignes. Analyse tactique.

Eurosport

Crédit: Eurosport

Depuis le début de la saison, la défense de l'AS Monaco a souvent posé question. Au centre des débats, Eric Abidal et Ricardo Carvalho dont la capacité à tenir une saison complète en tant que titulaires interroge. Venu sur le Rocher en tant que n°3 à leur poste, Nicolas Isimat-Mirin n'a joué que 30 minutes en Ligue 1 depuis son arrivée. Sur les 21 matches disputés par l'ASM depuis le début de saison, Ricardo Carvalho n'a lui pas manqué la moindre seconde de jeu, tandis qu'Eric Abidal n'a laissé passer en tout et pour tout que 120 minutes (20 matches joués, dont un achevé à l'heure de jeu... remplacé par Isimat-Mirin).
Le bilan est loin d'être mauvais puisque Monaco affiche le même bilan défensif que le PSG (14 buts encaissés, un but de plus que Lille, meilleure défense du championnat avant la 22e journée). Le problème, c'est qu'après avoir agréablement surpris la Ligue 1 en début de saison, Abidal et Carvalho se sont souvent retrouvés impliqués dans les buts encaissés par l'ASM. Contraints d’enchaîner les matches, pourront-ils tenir toute la saison sans joueur capable de les suppléer ? C'est déjà un premier point à surveiller, qui trouvera peut-être une issue d'ici la fin du mercato (Otamendi, Zouma, Mexès ?).
La première demi-heure face à Toulouse (0-2) la semaine dernière a mis en exergue les difficultés auxquelles se heurtent Eric Abidal et Ricardo Carvalho cette saison. Pendant 30 minutes, le 4-4-2 en losange monégasque a subi les débats, encaissant les vagues d'attaque et se montrant incapable à se défaire du pressing toulousain. En voulant éviter de laisser Braithwaite et Ben Yedder à deux contre deux face à Abidal et Carvalho, Kurzawa et Raggi ont d'abord adopté une attitude conservatrice, ne quittant pas l'alignement défensif afin de bloquer les couloirs. Un choix loin d'être payant puisque le surnombre toulousain au milieu de terrain a condamné les milieux monégasques à courir dans le vide.

Être agressif

Les Violets ont multiplié les combinaisons dans l'entrejeu, autour de Regattin et Didot. Les deux relayeurs ont recherché ensuite leurs attaquants dans des petits espaces et avec du jeu court. Des échanges qui ont permis à Ben Yedder et Braithwaite de faire parler leur vivacité sur de courtes distances, mettant Abidal et Carvalho, souvent en retard et dépassés au moment de couper les mouvements toulousains dans l'axe, en difficulté. Au final, seule la maladresse dans le dernier geste des joueurs d'Alain Casanova a permis aux Monégasques de préserver leur cage. Leur réalisme a ensuite fait la différence afin de rentrer aux vestiaires avec l'avantage. Mais au-delà de ce but inscrit, ils ont surtout réglé leurs problèmes défensifs pour passer une deuxième mi-temps beaucoup plus tranquille.
Après une demi-heure difficile, Monaco a pris la mesure de son adversaire en se montrant plus agressif au milieu de terrain. Pour cela, il a fallu que les latéraux, Kurzawa et Raggi, prennent le risque de laisser Abidal et Ricardo Carvalho seul en couverture. En montant d'un cran, les deux joueurs de couloir de l'ASM ont pu assister leurs milieux de terrain en bloquant les latéraux adverses.
De fait, c'est toute l'équipe qui a pu jouer plus haut. Kondogbia et Obbadi sont allés chercher Didot et Regattin pour les mettre sous pression, poussant parfois jusqu'à Aguilar. Et en première ligne, les attaquants se sont joints à cet effort en gênant la relance toulousaine. En bloquant ainsi la relance et la transition, Monaco a forcé Toulouse à jouer long. Une nouvelle situation qui a grandement facilité la tâche d’Abidal et Carvalho derrière : s'ils n'ont plus la vivacité pour répondre dans les petits espaces, les deux hommes ont toujours leur sens de l'anticipation et du placement pour répondre présents dans les duels à la retombée des longs ballons.

Maintenir une pression constante

L'équilibre défensif de l'ASM peut se résumer à une chose : l'indispensable cohésion entre toutes les lignes afin de maintenir une pression constante sur l'adversaire. Monaco ne peut par exemple pas se permettre de subir comme pouvait le faire le PSG l'an passé dans certains matches. Sa charnière centrale n'offre pas les mêmes garanties que celle composée de Thiago Silva et Alex. C'est en bloquant la relance et la transition adverse que l'ASM peut s'assurer une certaine sérénité défensive, évitant à Abidal et Carvalho de se retrouver dans des situations où leurs adversaires directs pourraient être servis dans de bonnes conditions
Ce besoin d'un milieu et d'une attaque hyperactive à la récupération explique sans doute l'évolution tactique de l'ASM au fil de la saison. Séduisant au mois d'août avec son 4-4-2 qui voyait Ocampos et Ferreira-Carrasco mettre le feu sur les ailes, l'ASM est depuis passé en 4-4-2 losange, densifiant considérablement son milieu de terrain. Et pour cause, Ocampos et Ferreira-Carrasco ont cédé leurs places à Kondogbia, Moutinho ou Obbadi, des joueurs plus enclins à maintenir les efforts au milieu de terrain pour empêcher l'adversaire de développer son jeu et de s'installer dans leur camp. Ce changement tactique permet aussi de s'appuyer sur l'intelligence de jeu de Toulalan pour compenser les mouvements de ses partenaires.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité