Avec l'élimination de Monaco à Reims mercredi soir en Coupe de la Ligue, le Paris Saint-Germain est désormais la seule équipe française à ne pas avoir connu la défaite cette saison, toutes compétitions confondues. A quelques secondes près, cette invincibilité aurait pourtant pu prendre fin la semaine dernière sur la pelouse de Geoffroy-Guichard. Malmenés pendant une bonne heure de jeu, les Parisiens n'ont dû leur salut qu'à l'expulsion de Fabien Lemoine en cours de deuxième mi-temps. Seule la supériorité numérique leur a permis de revenir dans une partie que les Verts semblaient contrôler. Mais comment les Stéphanois ont-ils pu afficher une telle maîtrise face à la meilleure formation du moment en Ligue 1 ? En appliquant une certaine recette dont voici quelques ingrédients.

Bien défendre : l'importance de la première ligne

Depuis l'adoption du 4-3-3 et l'avènement du triangle Verratti-Motta-Matuidi dans l'entrejeu, le PSG tire sa force de la relation entre ses milieux de terrain et Zlatan Ibrahimovic. Si les deux parties se trouvent facilement, alors le PSG est en mesure d'utiliser ses ailiers comme deux véritables attaquants, qui prennent la profondeur pour profiter des services du Suédois. Dans le cas contraire, les Parisiens se retrouvent obligés d'utiliser les ailes pour rentrer dans les 30 derniers mètres adverses. Et à ce jeu-là, ils se heurtent alors à plusieurs problèmes, dont l'absence de véritable ailier droit (lorsque Cavani est titulaire en tout cas). L'axe bloqué, l'aile droite limitée dans sa capacité à construire une attaque placée, le PSG n'a alors plus que le côté gauche et son triangle ailier-milieu-latéral (Lavezzi, Matuidi, Maxwell) pour créer le danger. Et pour peu que l'Argentin ne soit pas dans un bon jour, l'équipe peut se retrouver sans solution offensive...
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Bref, couper la transition parisienne vers Ibrahimovic, c'est d'abord le nombre de menaces qui pèsent sur sa propre défense. Et pour ce faire, les équipes ont besoin de deux premières lignes (attaquants et milieux de terrain) extrêmement actives pour conserver Verratti et Thiago Motta sous pression, ou les repousser le plus loin possible du rond central. C'est exactement ce qu'a réussi à accomplir Saint-Etienne dimanche dernier. Corgnet et Brandao ont abattu un énorme travail dans la zone préférentielle des milieux parisiens, obligeant notamment Thiago Motta à reculer entre ses deux défenseurs pour trouver des espaces. Même chose avec Verratti, qui était suivi de près par les milieux stéphanois lorsque ces attaquants étaient occupés ailleurs. Sur ce point, les Stéphanois ont certainement profité de l'absence de Thiago Silva, capable lui aussi en rampe de lancement lorsque ses deux milieux de terrain sont bloqués par l'adversaire. A son retour, lui aussi devra être pris en compte par les plans défensifs des futurs adversaires du PSG.
Si le PSG n'arrive pas à relancer comme il le souhaiterait, alors Ibrahimovic commence à décrocher à 40, voire 50 mètres des buts adverses pour se rendre disponible. Dans cette zone, son influence sur le jeu est considérablement moins dangereuse et, surtout, le Suédois devient à son tour une vraie cible pour le pressing adverse. Défensivement, la première victoire de Saint-Etienne est d'avoir réussi à repousser Thiago Motta à 30 mètres de ses buts et Ibrahimovic au niveau de la ligne médiane. Serrer ensuite le marquage et répondre présents dans les duels est ensuite indispensable de la part des défenseurs pour valider ce premier travail. Zouma, Clerc, Perrin, Ghoulam... Dimanche, les Verts n'avaient aucun "point faible" derrière, tous les défenseurs ayant "fait leur match" en prenant le dessus sur leurs adversaires directs.

Insister sur les ailes

Défendre, c'est bien. Ne pas oublier d'attaquer, c'est mieux. Et les joueurs de Christophe Galtier ont aussi montré la marche à suivre. En ajoutant un joueur supplémentaire dans l'entrejeu par rapport au 4-4-2 de Carlo Ancelotti, Laurent Blanc a permis au bloc du PSG d'aller chercher plus haut son adversaire. A tour de rôle, Matuidi et Verratti déclenchent le pressing en ayant le droit de sortir jusqu'à hauteur d'Ibrahimovic afin de bloquer la relance adverse. Derrière, le milieu resté en position bloque la transition aux côtés de Thiago Motta. Bref, difficile de se frayer un chemin dans l'axe, si ce n'est en passant par la voie des airs. Mais là encore, avec Alex ou Thiago Silva au duel à la réception, et les mêmes milieux sur les seconds ballons, difficile de faire de cette solution une option viable pendant 90 minutes... A moins de compter sur un très grand attaquant.
Si dans les moments chauds, les Verts ont tenté de se reposer sur Brandao pour renvoyer le jeu dans le camp parisien, ils n'ont jamais été autant efficaces que lorsqu'ils utilisaient les côtés. A défaut des relais Clément et Lemoine dans l'axe, ce sont les latéraux qui se sont chargés de dépasser la ligne médiane, profitant des espaces laissés par les ailiers parisiens pour alimenter leurs attaquants. Et des deux côtés du camp parisien, les Stéphanois ont pu compter sur des "dribbleurs" en grande forme, capables de faire la différence en un-contre-un. Pour "ennuyer la défense parisienne", l'idée est donc d'attaquer le plus rapidement possible les ailes afin d'éviter de repasser par le milieu de terrain où Verratti et Matuidi peuvent sortir au pressing à tout moment... Et où une balle perdue peut vite se transformer en une contre fulgurant, l'une des forces du PSG de l'an passé que Laurent Blanc a su conserver malgré son changement de système.
Sur ce point, l'aide peut aussi venir des déplacements d'un attaquant axial pour venir créer le surnombre dans les couloirs. Côté Saint-Etienne, Benjamin Corgnet avait parfaitement su remplir ce rôle, relayant parfaitement les mouvements de ses deux ailiers. Le problème à ce niveau est de trouver le bon équilibre entre aide des ailiers et présence dans la surface adverse. Des problèmes auxquels se heurtaient les adversaires du PSG la saison dernière déjà, alors qu'ils voyaient tous leurs centres renvoyés par la charnière Alex-Thiago Silva. A ce niveau, les Verts ont pu compter sur les erreurs individuelles de Marquinhos dimanche pour faire la différence. Mais encore fallait-il se montrer réaliste en trouvant le chemin des filets dans la foulée... Le dernier geste, voilà le dernier ingrédient pour espérer battre le PSG, après la cohésion (face à la relance adverse) et le culot (dans les couloirs). Saint-Etienne a montré la voie. Reste à savoir si d'autres équipes de L1 suivront la marche à suivre ou s'il faudra attendre le printemps et les grands matchs européens pour revoir les plans du coach parisien sur son banc de touche, en train de se faire des cheveux... blancs.
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