Sunu en a trop envie

Chaque semaine cet été, un portrait d'un des Bleuets qui représenteront la France au Mondial des moins de 20 ans. Ce vendredi, Gilles Sunu. Joueur le plus capé de sa génération (48), l'attaquant, qui n'arrive pas à percer en club, s'apprête à vivre le plus grand événement de sa jeune carrière.

Eurosport

Crédit: Eurosport

Parti à 16 ans en Angleterre, Gilles Sunu est un inconnu pour le public français. Fils d'un ancien international togolais des années 80, le solide attaquant (1,81 m, 74 kg), qui défendra les couleurs des Bleus au Mondial des moins de vingt ans, en juin a baigné dans le monde du foot depuis tout petit. Né et formé à Châteauroux, il a longtemps pensé que le football resterait sa passion. Malgré un physique au-dessus de la moyenne, celui qui évoluait à Lorient la saison dernière a pourtant longtemps douté de son potentiel. "C'est lorsque j'ai intégré l'équipe de France des moins de 16 ans en 2006 que j'ai vraiment commencé à y croire. Il est vrai que depuis les benjamins j'étais régulièrement surclassé dans les catégories, mais c'est vraiment quand cette première sélection est arrivée que j'ai envisagé sérieusement une carrière pro."
Surveillé de près par Gilles Grimandi (l'œil d'Arsène Wenger en France), il ne se pose pas mille questions quand la proposition d'Arsenal arrive à l’été 2007 sur le bureau des dirigeants castelroussins. "Je n'ai pas hésité car Arsène Wenger me connaissait et je savais qu'il me laisserait le temps de progresser tranquillement. Cette décision n'a pas été prise à la légère. La présence d'un manager français a été déterminante." Signer dans un grand club aussi jeune peut faire "péter un plomb" mais Sunu se sent "immunisé". "J'ai la chance d'avoir un père qui connait le monde du football et cela aide à garder les pieds sur terre. Avec mon entourage, je ne risquais pas de prendre la grosse tête car ils savent me dire mes vérités quand cela est nécessaire."
Rapidement, l'aventure s'est avérée enrichissante sur le plan humain. Gaël Clichy et Armand Traoré le prennent sous leurs ailes à son arrivée. Il se sent très vite à l'aise à la ville comme dans le vestiaire. "Les Français d'Arsenal m'ont très vite appris les codes du vestiaires et les bons coins de Londres. J'ai également assez vite appris à parler anglais". Mais sur le terrain, l'ancien de la Berrichonne tarde à prendre son envol. Malgré la somme investie par Arsenal pour le recruter (2,5 millions d'euros), il fréquente surtout les équipes de jeunes et la réserve. Il n'a ainsi pour le moment jamais pris part à une rencontre de Premier League. "Avec Arsenal, j'ai notamment remporté l'équivalent de la Coupe Gambardella en Angleterre, explique-t-il. J'ai également eu la chance de découvrir la Ligue des champions à 18 ans (un match). Je suis parti jeune à Londres, mais je pense avoir beaucoup appris et je n'ai pas le sentiment d'être en retard par rapport aux joueurs de ma génération."
"Je veux l’or "
Champion d'Europe des moins de 19 ans l'été dernier, il voit sa progression ralentie par une opération au ménisque à la fin de l'été. Barré par la concurrence à son retour, il prend conscience que seul un départ d'Arsenal peut lui permettre de lancer enfin sa carrière. "La saison dernière, j'avais été prêté durant la dernière partie de saison à Derby County (D2 anglaise). Cela s'était très bien passé (9 matches, 1 but), même si je n'avais pas pu jouer plus en raison de ma blessure au genou. J'ai donc une nouvelle fois demandé à être prêté l'hiver dernier pour avoir plus de temps de jeu". En janvier 2011, il découvre enfin la Ligue 1 sous le maillot lorientais. Séduit par "une philosophie de jeu identique à celle d'Arsenal" et par la présence de François Coquelin, son compère chez les Gunners, il vit une "expérience positive ". Son temps de jeu reste cependant au-dessous de ses attentes. "Il est vrai que j'aurais aimé être aligné plus souvent, mais quand on voit la qualité et la saison de la paire Gameiro-Amalfitano ont comprend les choix du coach".
Doté d'une bonne frappe des deux pieds, Sunu est un cadre du groupe de Francis Smerecki. Présent depuis le début de l'aventure en U16, le colosse pense que depuis Knysna, l'attente est désormais plus forte pour les équipes de jeunes. Et cela n'est pas pour lui déplaire. Il l'a montré à l'Euro. Il compte le montrer au Mondial. "C'est dune grande fierté d'être au mondial car peu de joueurs français ont eu la chance d'en disputer un, mais il ne faut pas s'arrêter là et ne pas se fixer de limites. Moi je veux l'or".
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