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Mondial U20, France - Ghana, analyse du système de jeu des Bleuets
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Publié 09/07/2013 à 23:47 GMT+2
Efficace et offensive en huitième et en quart de finale, la France s'attend à plus de répondant contre le Ghana. Mais son système de jeu fonctionne. Le voici en détail.
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Désormais qualifiée pour les demi-finales de la Coupe du monde, l’équipe de France des moins de 20 ans aura rendez-vous avec l’histoire en milieu de semaine, puisque aucune génération n’a atteint la finale d’un tel Mondial. Retour illustré sur les transformations qui ont permis aux Français de monter en puissance après une phase de poules décevante.
Le système :
Après des débuts difficiles en 4-1-4-1/4-3-3, le sélectionneur a fait le choix d’inverser son milieu de terrain pour aborder le tableau final de ce Mondial U20. Au lieu d’être devant la défense et derrière le duo composé de Paul Pogba et Geoffrey Kondogbia, Jordan Veretout s’est retrouvé au poste de n°10, en soutien de Yaya Sanogo. Autour de ces trois hommes, rien n’a changé. Dimitri Foulquier, Kurt Zouma, Samuel Umtiti (remplacé par Naby Sarr face à la Turquie) et Lucas Digne composent la défense. Sur les ailes, Florian Thauvin et Jean-Christophe Bahebeck encadrent Veretout et Sanogo. L’ensemble forme donc un 4-2-3-1 construit autour de l’axe Pogba-Kondogbia.
La récupération :
La présence de Veretout aux avant-postes permet d’abord aux Bleus de mieux contrôler les sorties de balle adverses. Le milieu nantais se positionne en soutien de Sanogo et se charge de surveiller les joueurs placés devant la défense adverse. Sur les côtés, Thauvin et Bahebeck s’opposent évidemment aux latéraux. En cas de besoin, Kondogbia laisse Pogba seul devant la défense et se joint au quatuor d’attaque, notamment en cas de décrochage d’un adversaire depuis sa zone.
Capable de mieux quadriller le camp adverse grâce à la présence de Veretout et, si besoin, de Kondogbia, les Français forcent leurs adversaires à jouer long à destination des attaquants. A la retombée de ces relances, les Bleuets ont généralement l’ascendant dans les airs, que ce soit grâce à la paire Pogba-Kondogbia ou la charnière Zouma-Sarr en couverture. Tout le bloc français se replace autour de ce quatuor afin d’être présent sur les seconds ballons.
Le double pivot Pogba-Kondogbia :
Une fois le ballon récupéré, les Bleuets se déploient à nouveau sur le terrain. A la relance, tout est encore une fois construit autour de la paire Pogba-Kondogbia. Si l’adversaire fait le choix d’attendre dans son camp, les Français vont très rapidement occuper le camp adverse : les deux milieux de terrain s’installent devant la défense centrale. Chargés de de lancer les mouvements offensifs et de rester en couverture, ils permettent à Digne et à Foulquier d’occuper les ailes.
L’occupation des couloirs par les latéraux permet à Thauvin et Bahebeck de se recentrer pour peser sur le milieu adverse (en se positionnant dans les intervalles entre les milieux axiaux et les milieux excentrés). Face à la Turquie, Thauvin a beaucoup pesé, apportant dans le coeur du jeu la mobilité qui manquait à Veretout, loin d’être un habitué de son poste avancé. Le Nantais devenait toutefois un relais supplémentaire à ceux offerts par Sanogo, jusqu’alors seul en pointe et donc plus facile à isoler par les défenseurs adverses.
Relais axiaux et menaces extérieures :
Avec le positionnement de Veretout et les mouvements de Thauvin ou Bahebeck, les milieux adverses se retrouvent avec une multitude de menaces à prendre en compte pour protéger le coeur du jeu et leur défense centrale. Pour peu que les Français parviennent à combiner pour pénétrer dans les 25 derniers mètres, c’est tout le terrain qui peut s’ouvrir à Pogba ou Kondogbia. Si les attaquants ne font pas les efforts défensifs, ces derniers peuvent rapidement se retrouver en position idéale, à une trentaine de mètres des buts adverses.
Evoqués un peu plus haut, les deux latéraux français sont les grands bénéficiaires des mouvements du quatuor offensif. En décrochant au milieu de terrain et en tournant autour de Veretout, Bahebeck et Thauvin poussent les lignes adverses à se concentrer sur l’axe afin de limiter les espaces pour les combinaisons françaises. Couplé aux espaces concédés à Pogba et Kondogbia, ce comportement défensif offre de nombreuses opportunités à Digne et Foulquier sur les ailes.
Lorsque les milieux excentrés adverses se rapprochent de leurs axiaux, ces derniers -qui ne quittent pas leurs couloirs- se retrouvent sans adversaire direct et avec assez d’espaces pour se lancer et offrir des solutions en profondeur. Selon la position des latéraux adverses, ils peuvent au choix filer dans leur dos (s’ils sont sortis sur les décrochages de Bahebeck ou Thauvin) ou utiliser à leur avantage le fait d’arriver lancé pour les prendre de vitesse. Si la défense est en place, ils deviennent un simple relais supplémentaire sur l’aile. Depuis le milieu de terrain, Pogba est leur principale rampe de lancement grâce à la qualité de son jeu long.
Il est à noter que cette relation peut être utilisée sur n’importe quelle phase de jeu, tant sur attaque placée (exemple : lorsque le ballon ressort sur Pogba après avoir circulé dans les 30 derniers mètres, voir captures précédentes) que sur jeu en transition (voir ci-dessus avec la passe de Kondogbia). Sur les huit buts inscrits par les Français depuis le changement tactique, quatre ont été inscrits dans le jeu. Sur ces derniers, trois ont démarré de cette relation entre Pogba et ses latéraux (deux ouvertures pour Digne, une pour Foulquier). Face à l’Ouzbékistan, le premier but français vient d’une ouverture de Pogba pour Digne (qui trouve ensuite Bahebeck dans la surface). Face à la Turquie, le milieu de la Juve a lancé Digne puis Foulquier dans la profondeur pour les 2ème et 4ème buts.
Le pressing, seule arme adverse ?
En huitième et en quart de finale, la Turquie et l’Ouzbékistan ont fait le choix d’attendre la France dans leur camp. Dans les deux cas, les joueurs de Pierre Mankowski en ont largement profité pour s’installer dans le camp adverse et déployer leur animation offensive. Le talent et la justesse technique aidant, les occasions et les buts ont rapidement suivi, d’autant plus que les défenses adverses étaient très fragiles.
Sur ces deux matchs, les Français n’ont été gênés que quelques minutes face à la Turquie, lorsque leurs adversaires tentaient justement de mettre la pression sur le quatuor Zouma-Sarr-Pogba-Kondogbia. Si ce dernier ne parvient pas à ressortir les ballons, le reste du bloc ne peut pas se déployer dans le camp adverse, notamment les latéraux qui doivent rester à hauteur pour offrir des solutions afin de se défaire de la pression.
A défaut de trouver des solutions courtes, les Bleuets peuvent aussi s’appuyer sur Yaya Sanogo. L’ex-Auxerrois et futur Gunner est le référent en attaque lorsque les Bleus jouent long et sautent leurs milieux de terrain. Là encore, la présence de Veretout au poste de n°10 lui offre soit un soutien direct, soit plus d’espaces lorsqu’il revient dans l’entrejeu pour conserver le ballon. Positionné côté droit en début de partie, Thauvin repique encore dans l’axe pour tourner autour de son avant-centre.
Et maintenant ?
Avec le Ghana, l’Irak et l’Uruguay pour derniers rivaux, la France se retrouve dans la peau du grand favori à la victoire finale. Il serait même anormal que ce ne soit pas elle qui soulève le trophée le week-end prochain. En demi-finale, les Français devront toutefois se méfier de Ghanéens qu’ils ont certes déjà battu mais semblent capables de tout au vu de leur quart face au Chili.
Plus forts individuellement, plus armés physiquement pour résister aux Français et défensivement, les Black Stars formeront une opposition autrement plus forte que la Turquie et l’Ouzbékistan. Sauront-ils bloquer Pogba et Kondogbia et couper la relation avec les latéraux ? De ces clés défensives dépendront certainement leurs chances de créer la surprise. Côté bleu, la défense devra répondre présente après deux matchs faciles où elle n’a pas eu à s’employer.
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