Huit mois de prison avec sursis et 10 000 euros d'amende requis contre Pierre Ménès

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JUSTICE - Pierre Ménès comparaissait ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris, pour des agressions sexuelles sur une hôtesse d'accueil du Parc des Princes et deux vendeuses de la boutique Nike des Champs-Élysées en 2021 et 2018. Huit mois de prison avec sursis, ainsi que 10 000 euros d'amende, ont été requis contre l'ancien journaliste de Canal+.

Pierre Ménès au tribunal correctionnel de Paris, le 8 mars 2023

Crédit: Getty Images

Le procès de l'ancien chroniqueur vedette de Canal+ Pierre Ménès, soupçonné d'agressions sexuelles qu'il conteste au Parc des Princes en 2021 et dans un magasin Nike en 2018, s'est ouvert mercredi matin à Paris. Contre l'intéressé ont été requis huit mois de prison avec sursis, assortis d'une amende de 10 000 euros.
Le journaliste sportif, 59 ans, cheveux blancs, lunettes et vêtu de noir, est arrivé peu avant 9 heures, en marchant avec difficulté, au tribunal correctionnel de la capitale. A la barre, il a confirmé son identité assis sur une chaise.
Pierre Ménès, qui a quitté la chaîne cryptée après la diffusion au printemps 2021 d'un documentaire sur le sexisme dans les rédactions, comparaît pour une affaire distincte, dans laquelle il clame son innocence. "Aujourd'hui, tout geste envers une femme est inapproprié", a-t-il fait valoir durant l'audition.

Ménès se défend de toute agression

Il a dû s'expliquer d'abord sur des soupçons remontant à un match PSG-Nantes le 20 novembre 2021 au Parc des Princes. Une hôtesse avait alors signalé à la police des attouchements au niveau de la poitrine et du ventre, sans porter plainte. "J'ai pensé à un coup monté", a confié Pierre Ménès, qui a expliqué qu'il avait mis beaucoup de temps à comprendre à quoi correspondaient ces accusations.
Il est en outre jugé pour des soupçons d'atteintes sexuelles le 18 juin 2018 après les plaintes de deux employées d'un magasin parisien de l'équipementier sportif Nike. La première avait expliqué que Pierre Ménès avait passé sa main dans son dos jusqu'à ses fesses, la seconde qu'il avait collé son torse contre sa poitrine tout en lui tenant les mains, puis s'était frottée à elle avec son sexe.
A l'issue de cette enquête, le journaliste avait fait l'objet d'un rappel à la loi début 2019. Mais après le signalement du Parc des Princes, cette orientation pénale a été révisée.
Mercredi, les trois femmes n'étaient pas présentes à l'audience, ni représentées par un avocat. Le conseil de Pierre Ménès a dénoncé avant l'audience un dossier "sans le moindre début du commencement de la moindre preuve, alors même que nous apportons nous-mêmes de très nombreux éléments prouvant l'absence totale d'une quelconque infraction pénale".
L'ex-chroniqueur du "Canal Football Club" a quitté le 1er juillet 2021 la chaîne cryptée, mettant fin à près de douze ans de collaboration. Ce départ avait suivi la diffusion sur Canal+ d'un documentaire sur le sexisme dans les rédactions sportives et la révélation de séquences l'incriminant, coupées au montage à la demande de la chaîne, soupçonnée de l'avoir protégé.
Une enquête interne avait été ouverte par la chaîne et l'inspection du travail avait ensuite fait un signalement à la justice, entraînant l'ouverture en janvier 2022 à Nanterre d'une enquête pénale pour agressions sexuelles et harcèlement sexuel. Cette enquête a été clôturée récemment et devrait ainsi prochainement connaître un dénouement - un classement sans suite ou un procès.
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