Reuters

Le plan B de l'Atletico

Le plan B de l'Atletico
Par Eurosport

Le 29/10/2012 à 00:06Mis à jour Le 29/10/2012 à 08:16

Si l'Atletico Madrid est co-leader de la Liga, c'est grâce aux buts de Falcao mais également à un recrutement intelligent et une bonne gestion de l'effectif de la part de Diego Simeone.

Depuis sa remontée parmi l'élite lors du printemps 2002, l'Atletico Madrid, toujours invaincu en Liga cette saison après son succès face à Osasuna (3-1), n'avait jamais été en position de disputer la première place à qui que ce soit. Entre recrutements ratés et débuts de saisons calamiteux, le deuxième club de la ville de Madrid a souvent déçu les observateurs et confirmé son statut de club poissard et de loser historique. Depuis l'introduction de Diego Simeone à la tête de l'équipe première fin 2011, les Colcheneros ont changé d'état d'esprit sur tous les plans. Plutôt perçu comme une équipe de coupe, après ses succès en Ligue Europa au mois de mai dernier et en Supercoupe d'Europe fin août (en surclassent Chelsea 4-1), le club madrilène est enfin parvenu à hausser son niveau en championnat dont il est le co-leader après neuf journées. Etonnant mais pas tant que ça.

Si l'Atletico flambe en Liga cette saison c'est grâce à la gestion humaine pratiquée par Diego Simeone. Le "Cholo" a également pu compter sur un recrutement malin de la part de son ingénieux mais dépensier président Enrique Cerezo. Endetté à plus de 300 millions d'euros il y a encore deux saisons, selon le quotidien La Tribune, le club rojiblanco a dû laisser ses recrutements ambitieux aux oubliettes. La crise est passée par là. Si la présidence Jésus Gil y Gil (1987-2003) fut un gouffre financier, celle de Cerezo, son successeur attitré, est allée dans le même sens jusqu'aux premiers impacts de la crise de 2008. Le site allemand Transfermarkt, spécialisé dans les transferts, rapporte des revenus positifs à seulement trois reprises en l'espace de dix ans.

Diego Simeone : "Tout ce qui nous arrive de bon c'est grâce aux joueurs"

Cette saison, la formation madrilène n'a pas énormément recruté. Elle a simplement compensé les départs. A ceux de Salvio (vendu 11 millions au Benfica), Dominguez (vendu 8 millions à M'Gladbach), Diego et Assunçao, tous quatre membres importants de l'effectif, le club y a répondu par les arrivées gratuites de Cristian Rodriguez, Emre, Cata Diaz, Cisma et des retours de prêts de Diego Costa et Raul Garcia. En procédant comme tel, le club a dépensé un million d'euros et en récupéré dix-neuf. Face au limité Osasuna, Cristian Rodriguez et Raul Garcia titularisés au milieu de terrain, ont séduit, brillé dans la création et mené le club vers la victoire alors qu'ils ne sont pas titulaires au départ. Dans ce méli-mélo, les jeunes de la Cantera ont aussi leurs chances. Ainsi pour permettre l'éclosion du très prometteur "Koke", le club rojiblanco a vendu Eduardo Salvio au Benfica et Simeone a mis sur le banc le brillant mais nonchalant Adrian Lopez. A l'avenir, d'autres jeunes comme Pedro Martin et le franco-tunisien Kader épauleront les titulaires dans le secteur offensif.

Hormis la traditionnelle "grinta" argentine qu'il a transmis à son groupe, Diego Simeone sait faire participer tout le monde. Ainsi sur les vingt-six joueurs qui composent son groupe, le "Cholo" en a utilisé vingt-deux et établit une règle qui parait évidente. Les remplaçants jouent la phase de poules de la Ligue Europa et les titulaires, dont l'incontournable Falcao (11 buts), en Liga. Tout n'est pas rose non plus, Simeone expliquait au journal Marca avant la réception de l'Osasuna, sa difficulté à composer son onze titulaire, effectif homogène oblige. "Je suis heureux face à la difficulté que représente la tâche. Mais ça fait mal de pousser sur le banc des joueurs comme Costa, Raul Garcia et Emre. J'en suis arrivé au point qu'à chaque fois que je tiens un onze titulaire, le groupe te donne la possibilité de changer tes plans. C'est difficile car leur comportement est exemplaire".

Pour le moment tout réussit aux Matelassiers qui restent sur une invincibilité européenne de 21 rencontres et une série record de16 victoires. En championnat, les premiers résultats tombent aussi : voilà les Rouges et Blancs qui réalisent une série record de onze victoires consécutives. Simeone, interrogé sur cette excellente passe, ne sent pas plus concerné que ça, préférant garder quelques distances avec ses joueurs avec qui l'alchimie est parfaite. "Tout ce qui nous arrive de bon c'est grâce aux joueurs (...) Il y a un respect mutuel entre nous et les joueurs ont su prendre le chemin qui mène à la réussite. Je vis ça au jour le jour. Ce qui se passe en ce moment n'est pas déterminant pour la suite. Je suis peu sentimental. J'aime ce qui est concret, ce qui est fort (...) Il n'y a pas de compromis durant un match, il faut le gagner", a-t-il précisé à Marca. Invaincu en championnat depuis neuf journées, soit une première depuis la saison 1995/1996, l'Atletico de Simeone carbure et séduit. Reste à savoir quelles seront ses vraies limites. Après les tests Valence et Séville au mois de novembre, viendront les deux ogres de la Liga au mois de décembre, on saura alors si cet Atletico peut rester coucher sur son matelas ou... s'élever pour de bon.

0
0