Grande surprise de la saison, l’Atletico Madrid passe ce week-end un test important au stade Santiago-Bernabeu. Tant au niveau sportif – les "Colchoneros" sont deuxièmes à trois points du FC Barcelone – qu’au niveau de sa crédibilité. Ce club, raillé pendant des années en raison de sa scoumoune, est cette fois taillé pour gagner. On l’a vu l’an passé où l’arrivée du "cholo" ("la bonne affaire") Simeone, l’a transformé en machine de guerre. Une machine capable, cette année, de remporter une nouvelle fois l’Europa League après les titres de 2010 et 2012. Et surtout, d’offrir une alternative crédible au duo Barça-Real, qui truste tout depuis près de dix ans.
Cette équipe me rappelle celle de 1996, auteur du doublé Coupe-Championnat. Une grande formation. Pas la plus brillante, mais sans conteste la plus audacieuse, la plus intrépide, la plus opiniâtre que les supporters aient vu depuis l’époque de Luis Aragones (quand ce dernier était joueur, ça remonte). Tous s’en souviennent avec bonheur. Pour avoir couvert plusieurs fois l’Atletico dans "l’enfer" du stade Vicente-Calderon, pour avoir bu quelques bières après dans les bars de supporters du coin, je peux vous assurer que "La de 96" (« Celle de 96 ») résonne comme un mythe dans l’imaginaire collectif. Bien plus que la formation de 2010, celle des Agüero, Forlan et De Gea, certes vainqueur de l’Europa League et de la SuperCoupe d’Europe en 2010, mais qui n’avait pas de "cojones".
En 1996, l’Atletico en avait. Beaucoup. Et qui en était déjà le patron ? Diego Simeone bien sûr. L’homme qui incarne sans doute le mieux l’esprit Atletico depuis deux décennies. Capitaine des Colchoneros, l’Argentin avait le feu vert pour diriger l’équipe sur le terrain, avec la bénédiction de Radomir Antic, l’un des entraîneurs les plus appréciés de l’histoire de la Liga. L’un des plus flexibles aussi : sachant l’énorme emprise que possédait Simeone sur le groupe (il était à l’époque capitaine de l’Argentine, l’un des premiers de la période post-Maradona), Antic n’avait plus à se soucier de faire régner l’autorité, ce qu’il n’aimait pas faire d’ailleurs.
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La symbiose entre le Serbe et son équipe était total. Et peu à peu, l’équipe avait cru en son potentiel. Le sympathique Kiko (aujourd’hui star de la télé espagnole) avait reconnu que la possibilité de remporter le championnat était née à Valence, après une victoire arrachée lors de la 17e journée. Cette saison, à la 17e journée de cet exercice, les Colchoneros auront joué le Real (14e), et le Barça (16e)… On en saura déjà beaucoup à ce moment-là.
Seul point de différences entre ces deux équipes, les efficacités défensives et offensives. L’Atletico version Antic était une bête enragée, qui mordait son adversaire pour ne plus le lâcher. La défense ne bougeait pratiquement pas (une donnée reprise d’ailleurs par Simeone sur le banc cette saison) et les deux milieux défensifs étaient avant tout chargés de faire régner l’ordre. Cette équipe était efficace et marquait énormément sur coups de pieds arrêtés. Quand Lubo Penev (1,87m) et Kiko (1,89m) se pointaient dans les 16 mètres pour placer leur tête, la sentence n’était jamais très loin… Au 4-4-2 de 96, Simeone répond généralement avec 4-1-4-1 destiné à donner la liberté la plus totale à Falcao.
Cet Atletico 2012 est beaucoup plus brillant mais semble plus perméable aussi. Semble seulement. Car les Rouge et Blanc sont actuellement la troisième meilleure défense de la Liga (11 buts encaissés) et la seconde meilleure attaque (29). Alors que nous sommes au tiers du championnat, l’Atletico est dans les temps par rapport à sa devancière. Si l’on se projetait, le club de la banlieue sud de Madrid (le Real est au nord pour ceux qui l'ignorent) encaisserait le même nombre de buts (32 en 1996) mais exploserait la moyenne en attaque ("seulement" 75 buts l’année du doublé). La tendance étant à un football d’attaque désormais, les oraisons sont peut être favorables à l’Atletico des années 2000, digne héritier de la grande équipe du siècle passé…
L’équipe type de 1996 : Molina – Geli, Toni, Solozabal, Santi – Vizcaino, Simeone (cap.) – Caminero, Pantic – Penev, Kiko. Entraîneur : Radomir Antic.
L’équipe type de 2012 : Courtois – Juanfran, Godin, Miranda, Filipe Luis – Mario Suarez – Gabi (cap.), Arda Turan, Adrian, Koke (ou Raul Garcia) – Falcao. Entr : Diego Simeone.
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