Real Madrid : José Mourinho ne joue pas sa tête samedi soir

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Une défaite dans le derby samedi (22h00), en Liga, placerait le Real Madrid à onze points de l’Atletico et justifierait le licenciement de José Mourinho. Mais le départ de l’entraîneur merengue reste improbable.

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Au Real, il y en a qui ont pris la porte pour moins que ça. Comme Fabio Capello, licencié en juin 2007 quelques jours après avoir conduit le club merengue au titre de champion d’Espagne, sous prétexte que son équipe ne pratiquait pas un jeu assez attractif. Ou Manuel Pellegrini, remercié après avoir réalisé ce qui était alors la meilleure saison de l’histoire de la Maison Blanche sur le plan comptable (96 points) en mai 2010. José Mourinho a réussi l’exploit de faire mieux au printemps dernier. Un score de 100 points qui a permis au Real de remporter le titre, et de mettre ainsi un terme à la suprématie du Barça en Espagne. Son départ était alors inimaginable. Il ne l’est plus. Pour El Pais, le duel face à l’Atletico est même « le derby du jugement dernier » pour le Special One.
La défaite face au Betis (1-0), la troisième en championnat pour un Real qui n’en avait concédée que deux sur l’ensemble de la saison passée, a placé le club merengue dans une position plus qu’inconfortable avant le derby face à l’Atletico Madrid. Un nouveau revers face aux Colchoneros à Santiago-Bernabeu ne ferait pas que déclencher la colère des socios du Real. Elle mettrait surtout la formation de José Mourinho à onze points de son voisin et potentiellement à quatorze du leader barcelonais, qui aura reçu l’Athletic Bilbao un peu plus tôt. Elle donnerait aussi l’occasion à Malaga et au Betis, en déplacement respectivement à Getafe et La Corogne, de revenir à un point du Real, et de le menacer ainsi directement dans la course à la Ligue des champions. Le bilan comptable de Mourinho au tiers du championnat serait clairement insuffisant si le club merengue venait à perdre le derby, et justifierait quasiment à lui seul le départ du Portugais.
Le public de Santiago-Bernabeu divisé
La marge de manœuvre de Florentino Perez en deviendrait réduite. Depuis le revers face au Betis, le président du Real discute beaucoup avec son entourage pour évaluer la meilleure décision à prendre concernant Mourinho en cas de défaite contre l’Atletico. L’enjeu est d’autant plus important pour Perez qu’il briguera un nouveau mandat au printemps prochain. La suite de la saison est donc capitale pour lui d’un point de vue électoral. Pour l’instant, l’image de son Real n’est pas très bonne. La situation sportive laisse à désirer, et des tensions dans le vestiaire sont apparues, même si le capitaine Iker Casillas a encore manifesté récemment un soutien indéfectible envers son coach. Le public de Santiago-Bernabeu, en revanche, est divisé. Mardi, face à Alcoyano, une partie des aficionados sifflait le technicien portugais pendant que l’autre scandait son nom. Et le style de jeu du Real, parfois en difficulté face à des équipes très repliées, est lui aussi loin de faire l’unanimité.
Perez a des raisons de mettre un terme à sa collaboration avec Mourinho. Il a aussi un intérêt à le conserver. Financier en premier lieu. En mai dernier, il a prolongé le contrat de son entraîneur pour quatre saisons supplémentaires, jusqu’en juin 2016, avec un salaire annuel brut estimé à 11 millions d’euros. D’après le périodique espagnol El Economista, le Real devrait débourser près de 50 millions d’euros d’indemnités de licenciement pour se séparer de Mourinho. Le club merengue n’a pas les moyens financiers pour assumer cette décision, sans même parler du montant à aligner pour trouver un successeur au Portugais. Ni du fait qu’il n’y a actuellement aucun entraîneur sur le marché « taillé » pour le Real. Dans son entourage, il se murmure aussi que Perez doit garder Mourinho pour ne pas se retrouver exposé avant les élections. Il lui est plus facile de rester dans l’ombre du Portugais que de celle de n’importe quel autre entraîneur si son club doit subir des critiques.
La Decima se fait toujours attendre
Dans ce contexte, l’hypothèse de voir le « Special One » encore à la tête du Real même en cas de défaite face à l’Atletico Madrid reste importante. Même si un éventuel revers face aux Colchoneros mettrait le club merengue encore un peu plus hors-course pour le titre de champion d’Espagne. Elle ferait définitivement du huitième de finale de Ligue des champions en février le moment le plus important de la saison madrilène. La Decima, ce dixième titre de champion d’Europe après lequel court le Real depuis 2002, reste invariablement l’objectif ultime du club et de José Mourinho, dont le départ est surtout évoqué pour la fin de la saison. D’ici février, le vestiaire madrilène sera d’autant plus difficile à gérer si la formation madrilène n’a quasiment plus d’espoir en championnat. La victoire face à l’Atletico n’en est que plus impérative. « Il faut gagner et bien jouer », dit l’un des dirigeants du Real cité par El Pais. Perez et Mourinho espèrent plus que jamais que les joueurs merengue profiteront du derby pour remettre à la mode cette devise madridiste.
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