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Benzema, quel pied !

Benzema, quel pied !
Par Eurosport

Le 29/01/2008 à 11:15Mis à jour

En égalisant sur coup franc dans les ultimes secondes du derby face à Saint-Etienne (1-1), Karim Benzema a dévoilé une nouvelle facette de son talent hors norme. Attaquant complet, il est bien le patron de l'OL cette saison. L'homme clé du collectif des c

On le connaissait dribbleur génial, passeur décisif, buteur inspiré. On le savait rapide, vif, altruiste. Dimanche soir, dans un derby aux odeurs de souffre, Karim Benzema nous a offert une nouvelle facette de sa panoplie, déjà bien fournie, d'attaquant hors pair. 92e minute de jeu à Saint-Etienne, les sextuples champions de France sont sur le point de perdre leur premier derby depuis 1994. Coup franc aux vingt mètres, en l'absence du maître artilleur Juninho, la tâche semblait promise à Kallström voire à Fred. Mais Benzema, cette saison, a pris de l'assurance et écarte gentiment le Suédois et le Brésilien pour prendre ses responsabilités. Frappe enroulée et puissante, 1-1. Le premier coup franc de sa carrière professionnelle.

"En jeunes, j'en marquais pas mal mais nous avons Juninho et comme il n'était pas là... J'ai dit qu'il était pour moi et mes coéquipiers m'ont laissé tirer. Alors, quand j'ai pris le ballon, je n'avais qu'une idée en tête: cadrer. J'ai tout de suite choisi le côté et je suis passé au dessus du mur et voilà ", résumait humblement le natif de Lyon. Dimanche, il a encore pris une autre dimension. Celle des joueurs clés qui font basculer le sort d'un match sur un geste. Son assurance a plu à Jean-Michel Aulas : "Quand un garçon de vingt ans prend le ballon à la dernière minute dans un derby pour aller le mettre au fond, je dis chapeau. Quand je l'ai vu prendre le ballon pour tirer ce coup franc, j'ai adoré. Il a pris ses responsabilités, c'est une attitude exemplaire de grand joueur ", s'enthousiasme ainsi le président de l'OL.

Benzema dépendance

Des valeurs sûres lyonnaises (Cris, Coupet et Cris,) boitillantes ou inconstantes depuis le début de saison, c'est au jeune prodige de 20 ans d'endosser le costume de sauveur. A l'image de dimanche, où il a dû rattraper la boulette de son capitaine. Un Coupet, fautif sur le but stéphanois, qui ne s'y trompait pas : "Karim m'a enlevé une énorme épine du pied pour le reste de la saison. A la fin de la rencontre, je voulais aller échanger mon maillot avec lui. Son but est fabuleux. C'est comme s'il avait éteint le stade. Pour lui, tout jeune et lyonnais, comme Karim, ça doit être une sensation extraordinaire."

Personne n'est dupe du côté de Gerland. Cette année le patron, c'est Benzema. C'est lui qui porte un OL moins brillant dans l'animation offensive, plus poussif dans la récupération, moins souverain en défense. L'OL ne peut définitivement pas s'en passer. "Il marque en plus des coups francs. C'est formidable. Cela nous conforte dans notre idée de faire de Karim la pierre angulaire du club et de construire autour de lui. Je l'ai rencontré vendredi en présence de sa famille et j'ai senti une grande sérénité et une volonté de réussir à Lyon ", avertit Aulas. Un moyen de prévenir d'éventuelles grosses cylindrées européennes charmées par les talents de l'international français. Car à 20 ans, Benzema a déjà l'Europe à ses pieds. La Gazetta dello Sport le plaçait en tête de liste des joueurs les plus convoités du Vieux Continent, le Times en troisième position. Saison 2007/2008 ou le commencement de l'ère Benzema ?

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