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Giresse, little big man
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Publié 29/05/2009 à 18:45 GMT+2
Suite et fin de notre tour de France des légendes des 20 clubs de Ligue 1, avec les Girondins de Bordeaux, marqués par le plus petit des géants de l'histoire du football français, Alain Giresse. Il fut le maître à jouer du club bordelais pendant plus de 15 ans. Gigi devance Tigana et Battiston.
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Du 18 au 29 mai, Eurosport.fr va désigner les trois plus grands joueurs de chaque club évoluant cette saison en Ligue 1. Il s'agit selon nous des trois joueurs ayant laissé l'empreinte la plus forte au cours de leur passage au club. Chaque membre de la rédaction a désigné cinq joueurs. Chaque jour, vous pourrez également découvrir le vote des internautes, et le comparer à celui de la rédaction.
1. ALAIN GIRESSEPays: FranceDate de naissance: 02/08/1952Saisons à Bordeaux: 16Matches à Bordeaux (L1): 519Buts à Bordeaux (L1): 158
Les petits ont toujours eu de l'avenir dans le football. Au fil des décennies, le jeu est devenu sans cesse plus physique. Mais génération après génération, de Diego Maradona à Leo Messi, pour ne citer qu'eux, la grandeur du talent a toujours prédominé sur la taille du joueur. Alain Giresse, du haut de son mètre soixante-trois, a ainsi survolé le football français pendant plus de 15 ans, devenant l'idole de toute la Gironde. Originaire du coin, le jeune Alain intègre logiquement le centre de formation des Girondins de Bordeaux à l'adolescence. A 18 ans à peine, il débute en première division. Nous sommes en 1970. Mais la gloire est encore loin pour le petit meneur de jeu. Si son talent fait rapidement l'unanimité, il peine encore à tirer son club vers le haut. Dans les années 70, les Bordelais ne regardent que de loin Marseille, Saint-Etienne et Nantes truster les titres et les honneurs. Bordeaux court après son glorieux passé des années 50 et se cherche un avenir. Moins exposé que d'autres, Giresse doit attendre ses 25 ans pour goûter à l'équipe de France, mais Michel Hidalgo ne le retient pas pour la Coupe du monde 1978 en Argentine. Le créateur bordelais en restera longtemps affecté. "Dans les années 70, on ne faisait pas trop attention à moi. Pourtant, j'ai connu quelques grandes saisons", regrette-t-il.
Un homme va changer le fil de la carrière d'Alain Giresse. Claude Bez, en accédant à la présidence du club bordelais en 1979, va booster les ambitions girondines et faire du club le numéro un. En l'espace de deux ans, il installe Aimé Jacquet sur le banc, recrute Marius Trésor, Bernard Lacombe et Jean Tigana. Dès lors, Bordeaux cesse de rester dans l'ombre et devient la place forte du football français. Cette montée en puissance collective met en avant les individualités girondines. Longtemps oublié, Giresse devient soudain un élément clé de l'équipe de France. Il a déjà presque 30 ans quand débute le Mondial 1982 en Espagne. Mais Giresse a encore tout l'avenir devant lui. Il réalise une Coupe du monde colossale. Lors de la demi-finale face à la RFA, il inscrit le but du 3-1 en prolongation. Gigi, le visage déchiré par une joie indescriptible, croit emmener les Bleus en finale. C'est le but de sa vie. L'image de sa carrière. Son exceptionnelle performance en Espagne lui permet de terminer à la deuxième place du classement du Ballon d'or cette année-là, derrière Paolo Rossi. Il est également désigné Meilleur sportif français par le quotidien L'Equipe, devant Bernard Hinault. Giresse a changé de statut pour de bon. Plus leader que jamais, il mène Bordeaux à son premier titre de champion en 1984. Une autre grande année pour Alain, qui remporte également l'Euro, en France, avec les Bleus. Un an plus tard, nouveau titre pour Bordeaux et demi-finale de Coupe des champions. "Nous nous sentions tellement forts qu'en rentrant sur le terrain, nous savions presque à chaque fois que nous allions gagner", avoue Giresse. Seule la Juventus de Platini pourra stopper Bordeaux. C'est encore lui, d'un lob génial, qui offre la Coupe de France à Bordeaux en 86 face à Marseille. Sa dernière offrande. Au retour de la Coupe du monde au Mexique, la brouille est consommée avec Bez. Gigi, que l'on croyait bordelais pour l'éternité, s'en va à Marseille. Mais il restera girondin à jamais.
2. JEAN TIGANAPays: FranceDate de naissance: 23/06/1955Saisons à Bordeaux: 8Matches à Bordeaux (L1): 251Buts à Bordeaux (L1): 11
Dévouement. Intelligence. Charisme. Volonté. Quatre mots suffisent à Aimé Jacquet pour résumer Jean Tigana. On peut le croire. Pas parce que les paroles de Mémé ont valeur de parole d'évangile depuis qu'il a guidé, tel le messie, les Bleus vers la terre promise en 98, mais parce que personne ne connait mieux l'animal Tigana que l'ancien sélectionneur champion du monde. Après les premiers pas aux Caillols, un quartier de Marseille, puis une formation au SC Toulon, c'est Jacquet qui le fait venir à Lyon en 1978. Tigana a alors 23 ans et rumine son inlassable activité sur les terrains de D2. Il mérite mieux, mais son aspect frêle rebute plus d'un recruteur. "Tous les jeunes de ma génération, moins doués que moi, partaient dans les clubs. Moi, je collectionnais les essais, les tests, et personne ne me retenait", se souvient Jeannot. Sa Madeleine de Proust a un petit parfum de revanche... Jacquet, lui, flaire le coup. "J'ai été emballé par sa personnalité, son désir fou de réussir et, à sa manière, son énorme volume physique. " C'est vrai, Tigana n'a pas de cuisse et encore moins de mollet. Mais il peut courir pendant trois semaines sans s'époumoner, sans broncher. Il ratisse 500 ballons par match.
Parti à Bordeaux en 1980, Jacquet le mentor convainc son protégé de le rejoindre en Gironde un an plus tard. Là, Tigana va devenir un monument du football français et le prototype du numéro 6 moderne. Il sera de tous les titres des années 80: trois couronnes nationales (1984, 85, 87), deux Coupes de France (1986,87). Sans oublier les glorieuses campagnes européennes, avec deux demi-finales (Coupe des Champions en 85, Coupe des Coupes en 87). Puis il y a l'équipe de France. Avec Platini, Giresse et Genghini (puis Fernandez), il compose le fameux carré magique des années 80. Si Giresse atteint son apogée en Espagne en 82, le sommet de Tigana se situe deux ans plus tard, lors d'un euro où il donne sa pleine mesure. En demi-finale, contre le Portugal, il porte le ballon sur 50 mètres, s'arrache et centre en retrait pour Platini, qui marque et qualifie les Bleus. Platoche, tout à sa joie, porté par la folie ambiante du Vélodrome, ne se pardonnera jamais d'avoir oublié d'aller embrasser Tigana. Dans cette action qui symbolise sa carrière, il y avait toutes les vertus citées par Jacquet.
3. PATRICK BATTISTONPays: FranceDate de naissance: 12/03/1957Saisons à Bordeaux: 6Matches à Bordeaux (L1): 207Buts à Bordeaux (L1): 11
A Bordeaux, il y a eu Gigi, Jeannot et tous les autres. Les goleadors des années 50, Kargu et De Harder (180 buts en championnat à eux deux avec Bordeaux). Couécou et De Bourgoing, les locomotives des années 60. Les incontournables des années 80, comme Girard, Lacombe, Trésor, Battiston ou Vujovic. La triplette des années 90, Zizou, Liza et Duga. Et ceux de l'ère moderne, de Micoud à Gourcuff, de Wiltord à Ramé en passant par Pauleta. Tous ont marqué l'histoire du club à leur manière et il a été difficile de ressortir un nom derrière l'incontournable duo Giresse-Tigana. Finalement, c'est Patrick Battiston qui a raflé la mise. Peut-être parce que, ce qui reste au final d'une carrière, ce sont des images. Giresse a son but en demi-finale contre l'Allemagne. Tigana, c'est le rush face aux Portugais. Mais pour tout supporter bordelais qui se respecte, le but de Battiston contre la Juventus, en demi-finale retour de la Coupe des Champions 1985, continue de trotter dans la tête. Une frappe venue d'ailleurs, de près de 40 mètres. Un ballon qui s'élève, flotte, tournoie et vient s'écraser contre l'intérieur du poteau gauche de Luciano Bodini, avant de rentrer. L'exploit de l'inutile puisque Bordeaux, battu 3-0 à Turin, ne s'impose que 2-0 au retour. "Ce but reste un grand souvenir, mais il y a derrière un point de frustration, car nous ne nous étions pas qualifiés", se souvient "Battiste". Si l'image est forte, il serait incongru de résumer la carrière girondine de Battiston à ce coup de tonnerre. Une double carrière, en fait.
Première époque. Il débarque au Haillan à l'été 83, en provenance de Saint-Etienne. Il est déjà, alors, considéré comme un des meilleurs défenseurs français. Là, entouré des poètes Rohr et Thouvenel, il se fixe définitivement dans l'axe. Il est la dernière pièce qui manquait au puzzle de Jacquet. Dès sa première saison, Bordeaux obtient le titre. Battiston reste quatre saisons, les plus belles de l'histoire du club (trois titres, deux Coupes, deux demies européennes. Puis, en 1987, il part pour Monaco, où il décroche un nouveau titre d'emblée. Mais il ne reste que deux ans sur le Rocher, avant de retourner à Bordeaux. Sa deuxième époque bleue marine sera moins prolifique. Giresse, Tigana, Girard et les Vujovic sont partis. Ca sent la fin de cycle, malgré une belle saison en 1990, où Bordeaux échoue tout prés de Marseille pour le titre. A 34 ans, en 1991, alors que Bordeaux est relégué pour raisons financières, Battiston s'en va. La fin d'une époque.
EGALEMENT CITESJohannes De HarderRene GirardYohan GourcuffEdouard KarguBernard Lacombe Bixente LizarazuPedro Miguel PauletaMarius Tresor Zinedine Zidane
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LE VOTE DES INTERNAUTES1. Zinedine Zidane2. Alain Giresse3. Pedro Miguel Pauleta
Pour vous, c'est Zizou. Zinédine Zidane n'a rien gagné avec Bordeaux. Mais c'est sous le maillot des Girondins que le futur Ballon d'Or a franchi un premier cap avant d'aller à Turin. Mais il semble tout de même que ce soit autant l'ensemble de l'oeuvre de Zidane, et ce qu'il représente dans le football français, que vous avez choisi de récompenser, plus que sa carrière bordelaise, somme toute assez lointaine en termes de palmarès d'impact et de palmarès que celle d'Alain Giresse, deuxième de votre classement. A la troisième place, vous avez choisi Pedro Miguel Pauleta. Auteur d'un hat-trick dès son premier match avec les Girondins à l'été 2000, le buteur portugais a fait les beaux jours de Lescure avant d'enchanter le Parc.
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