Avec les moyens du bord

A moins d'une semaine de la reprise, Francis Gillot affiche ses ambitions. "J'aimerais finir dans les cinq premiers", annonce le nouvel entraîneur des Girondins de Bordeaux dans Sud-Ouest. Il se dit aussi prêt à "faire avec ce qu'il a" pour braver "les tempêtes".

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Francis Gillot "n'est pas magicien". Encore moins "le Messie". Le nouvel entraîneur des Girondins sait qu'il a du pain sur la planche. Après deux saisons moroses, Bordeaux repart d'une feuille blanche. Cela n'empêche pas Gillot de nourrir des ambitions. "J'aimerais finir dans les cinq premiers", annonce-t-il ce dimanche, dans Sud-Ouest.
"Conscient" de l'ampleur de la tâche, l'ancien coach de Sochaux affirme que "Paris, Lille Lyon et Marseille seront difficiles à aller chercher". "Ces quatre équipes ont des moyens supérieurs à nous. Il faut que nous arrivions juste derrière ou profitions d'une méforme de l'un des quatre. C'est mon objectif, mais je pense que tous les gens de Bordeaux veulent voir l'équipe dans les cinq premiers."
L'an passé, on prédisait la galère aux Lionceaux sochaliens ? Gillot a fait des miracles : il les a conduits jusqu'au Top 5 de la Ligue 1. Normal, insiste-t-il, puisque "sur le papier", la formation doubiste était "meilleure" que celle des Girondins. "Nous avions deux meilleurs buteurs (Ideye et Maïga), le meilleur passeur du championnat (Martin), on était plus haut au classement. Mais on va tout faire pour inverser la tendance."
Plutôt 4-4-2 que 4-3-3
En a-t-il seulement les moyens ? Pour l'heure, seuls le Sochalien Nicolas Maurice-Belay et le Nancéien Landry Nguemo sont venus renforcer les Marine et Blanc. Dans le même temps, Bordeaux a perdu "deux joueurs importants": Fernando et Alou Diarra. D'autres départs, notamment celui de Wendel à Saint-Etienne, ne sont pas à exclure. Gillot dédramatise : "Il faut transformer l'équipe. Je vais faire avec ce que j'ai. Au départ, je n'ai pas de système défini. Je choisirai en fonction de ce que je verrai et des joueurs à ma disposition."
Durant les matches de préparation, les Girondins "ont cependant travaillé deux systèmes de jeu: un 4-4-2 en losange ou à plat". Dans les deux cas, Nguemo - "moins physique et plus relanceur que Diarra" - était indéboulonnable devant la défense. Adepte d'un jeu offensif, Gillot a renoncé à calquer son schéma sur celui de son modèle. Il s'estime insuffisamment armé pour faire du Barça. "Barcelone joue en 4-3-3 parce qu'il dispose de trois attaquants qui peuvent faire la différence. C'est aussi le cas de Lille. Moi, je n'en ai pas trois !"
Dans les vestiaires, Gillot entend remettre au goût du jour une notion qui s'était quelque peu désagrégée l'an passé : la solidarité. "Il y a toujours des tempêtes dans un championnat. Depuis sept ans, j'ai toujours vécu des hauts et des bas. Il faut que les bas durent le moins longtemps possible. Mais pour que cela soit le cas, il faut continuer à être soudés les uns, les autres. Quand ça marche bien, c'est facile de se taper dans le dos. C'est quand ça ne marche pas que l'on voit les hommes. Vous savez, des tempêtes, à Sochaux, j'en ai connues ! Je sais ce que c'est le grand vent et les tempêtes !" Paroles d'un vieux loup de mer.
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