MECHA BAZDAREVIC, vous revoilà à Sochaux en tant qu'entraineur de l'équipe première. Que représente le FCSM à vos yeux ?
M.B. : Ce club m'a donné un nom, une notoriété entre guillemets et la connaissance du football français. En tant que joueur, j'y ai passé de très belles années, de belles saisons, d'autres moins belles (ndlr : de 1987 à 1996 en tant que joueur et de 1998 à 2003 dans l'encadrement). Sochaux a été un club qui a toujours voulu me garder, qui m'a fait confiance. Ici, j'ai passé tous les diplômes pour être entraineur de la CFA2, de la réserve puis adjoint. J'ai aussi été responsable du recrutement. Quand on passe quinze ans dans un club comme ça, dans une petite ville, il y a forcément des attaches. Cela va au-delà du cadre professionnel. On est dans l'humain. Et puis ma fille est née dans cette ville. C'est un club que j'apprécie. Je respecterai Sochaux toute ma vie. Je vous aurais dit la même chose même si je n’étais pas revenu. Il n'y a pas de honte à aimer un club, surtout quand on y a passé quinze ans de sa vie.
Comment expliquez-vous que vous soyez resté aussi longtemps à Sochaux ?
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Martin se met sur le marché
19/07/2011 À 07:01
M.B. : J'aime beaucoup le football français. A l'époque, on me disait "c'est un petit club pour toi..." J'ai toujours dit : c'est mon destin. Je suis arrivé ici pour un an, je suis resté quinze...
Vous avez signé avec Sochaux alors que le club descendait en division 2. Vous étiez pourtant international yougoslave à l'époque...
M.B. : En fait, je me suis engagé avec Sochaux alors que le club était encore en Ligue 1. Trois mois après, ils descendaient... Je ne pouvais pas reculer car j'avais donné ma parole. Au dernier moment, j'ai failli partir en Italie. Mais j'avais promis à Silvester Takac (ndlr : l'entraîneur sochalien de l'époque) de venir. Encore une fois, je croyais y rester une saison. J'y ai fait toute ma carrière.
N'avez-vous pas eu de propositions émanant d'ailleurs à l'époque ? Une telle longévité parait inimaginable aujourd'hui...
M.B. : A l'époque, c'était différent. Il n'y avait pas l'arrêt Bosman. A chaque fois que je devais partir, le club demandait de telles sommes... C'était inimaginable. J'étais très demandé. Mais le club s'opposait toujours. Il voulait absolument que je reste. La deuxième saison, on a quand même terminé 4e du championnat, joué la finale de la Coupe de France (ndlr : c'était la première année) et on s'est qualifié pour la Coupe d'Europe. La direction du club envisageait de jouer le titre sur les trois saisons suivantes. Malheureusement, elle n'a pas pu garder tous les joueurs, comme Paille, Sauzée ou Silvestre, qui sont partis. Derrière, il y a eu la guerre qui a commencé dans mon pays... Je n'ai pas trop eu la tête à ça. Il y a eu des propositions néanmoins. Je me rappelle qu'en 1991, je devais signer à Barcelone, mais le club s'opposait avec une clause (il souffle)...  Je n'étais pas très content, mais j'ai pris ça avec philosophie. J'ai terminé avec Sochaux. C'était mon destin. Il me manque peut-être un grand club.
Finalement, le destin n'a pas été si cruel avec vous. Aujourd'hui, vous êtes à la tête de cette équipe de Sochaux...
M.B. : Oui, mais je ne reviens pas parce que j'ai fait quinze ans à Sochaux. C'est parce que je suis un bon entraîneur. Etre ancien Sochalien est un plus. J'ai fait beaucoup pour ce club et ce club a également fait pour moi.
Comment s'est orchestré votre retour ?
M.B. : J'ai eu de très bons contacts avec un club grec et un autre du Qatar. Mais quand Sochaux m'a contacté, c'est allé très vite. Je n'étais peut-être pas leur premier choix mais l'important est d'être là. J'ai mis une heure à me décider. Parce que c'est la Ligue 1, parce que c'est Sochaux et que c'est un bon club. Alors que pensais quitter la France pour trois ou quatre ans, voire définitivement, mais le destin, encore une fois, m'a ramené à Sochaux.
Entre votre départ en 2003 et aujourd'hui, le FCSM a-t-il énormément changé ?
M.B. : On retrouve les supporters. Je les ai quittés comme joueur, ils sont toujours là. Il y a aussi toujours cet esprit de famille, l'usine Peugeot est encore là. Il y a surtout ce club organisé et structuré autour du centre de formation avec les jeunes. Sochaux a gardé ses valeurs, même s'il a évolué avec le temps.
A priori, vous ne jouerez pas le maintien, comme ce fut le cas à Grenoble. Que visez-vous ?
M.B. : Ce n'est pas à moi de viser... Il y a la politique du club. Il faut essayer de continuer de progresser avec cette équipe, même si beaucoup de joueurs sont partis. Il faut intégrer les jeunes dans l'effectif pro. Je suis ambitieux. Si je peux avoir sept joueurs supplémentaires, je prends.
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