Eurosport
Kenny Lala, le tube du printemps à VA
Par
Publié 25/05/2013 à 21:50 GMT+2
Titulaire à Valenciennes depuis un gros mois, Kenny Lala a enchaîné les bonnes performances pour devenir l'une des révélations de la fin de saison en Ligue 1.
Eurosport
Crédit: Eurosport
Les générations vont se croiser dimanche soir à Valenciennes. Invités à célébrer le centenaire du club face à Troyes, les anciennes gloires du VAFC auront l'occasion d'observer des jeunes pousses valenciennoises qui ont su s'affirmer au sein de l'équipe de Daniel Sanchez cette saison. Opa N'Guette avait ouvert une voie suivie par Lindsay Rose au cœur de l'hiver. Le printemps venu, c'est Kenny Lala qui a pris le relais avec brio. Depuis qu'il est entré à la mi-temps face à Saint-Etienne (0-0), le jeune arrière droit n'est plus sorti d'une équipe où il a relégué l'emblématique capitaine Rudy Mater sur le banc des remplaçants. Le Martiniquais a enchaîné des performances qui ont fait de lui la révélation de cette fin de saison en Ligue 1.
A 21 ans, Lala voit un premier aboutissement dans une carrière de footballeur loin d'être évidente au départ. Il y a cinq ans, le gamin de la Porte de Clignancourt était encore vendeur pour une marque de vêtements, tout en s'adonnant à sa passion pour le football au sein de l'ES Parisienne, un club de DH. Mais il avait déjà une idée bien précise de son avenir derrière la tête. "J'ai arrêté mes études en seconde, mais j'ai toujours rêvé de devenir pro", expliquait-il dans les colonnes de L'Equipe il y a deux semaines. Son départ du club du 18e arrondissement parisien pour le Paris FC durant l'été 2008 a été la première étape pour réaliser ce rêve. Lala s'est rapidement imposé avec les U 19 de l'équipe de National, participant notamment aux quarts de finale de la Coupe Gambardella. Au point d'attirer le regard des recruteurs de Caen, Lille et Valenciennes, déjà, où il a effectué des essais qui se sont révélés infructueux en 2009.
Quelques matches pour convaincre Vannuchi
Il a continué à grandir au Paris FC malgré de nouvelles approches l'été suivant. "Ce que je voulais, c'était d'abord m'affirmer au Paris FC plutôt que de partir à l'aventure", a-t-il expliqué un peu plus tard dans Le Parisien. Le choix s'est révélé payant. Au début de la saison 2010/2011, il s'est retrouvé en équipe première après le départ à Strasbourg du titulaire au poste d'arrière droit, Pacho Donzelot. A l'image de ce qu'il vit aujourd'hui à Valenciennes, Lala n'a eu besoin que de quelques matches pour convaincre son entraîneur, Jean-Luc Vannuchi, de lui faire confiance sur la durée. "On n'est plus dans l'optique de recruter un latéral droit", avait reconnu l'entraîneur de l'époque au Paris FC, bien que conscient de la nécessité de ne pas griller le gamin. "Kenny est la belle surprise. Mais il doit encore progresser tactiquement et surtout ne pas s'asseoir sur ses acquis", avait prévenu l'ancien défenseur niçois dans les colonnes du Parisien.
Lala a su suivre les conseils de son coach. Après avoir signé un contrat fédéral de quatre ans, il a confirmé sa progression au sein du club francilien, disputant 33 matches pour sa première année en équipe première. Déjà intéressé auparavant, Valenciennes est revenu à la charge à l'été 2011 après l'avoir observé lors d'un match de Coupe de France face à Toulouse. "Il a mûri depuis son essai chez nous", avait constaté Henri Zambelli, alors conseiller de l'ancien président Francis Decourrière, dans le quotidien 20 minutes. Réticent au départ à l'idée de quitter un environnement favorable à son évolution, le jeune arrière droit a finalement décidé de faire le grand saut en s'engageant pour quatre ans avec VA, pour un transfert estimé entre 100.000 et 120.000 euros. "C'est un rêve qui se réalise", s'était-il réjoui lors de sa première conférence de presse, après avoir signé le premier contrat professionnel de sa vie.
Sanchez : Il a joué très rapidement à un niveau qu'on ne lui connaissait pas"
Sa première année dans le Nord a logiquement été consacrée à son adaptation à un environnement nouveau, celui d'un club de l'élite. Lala a passé l'essentiel de son temps avec la réserve, au sein de laquelle il a dû se contenter de quatre apparitions. Cela ne l'a pas empêché de faire ses débuts avec les pros en remplaçant Mody Traoré pour les dix dernières minutes d'un match face à Rennes (1-1), le 6 novembre 2011, avant de faire une autre apparition deux mois plus tard lors de la défaite à Bordeaux (2-1). Lala a continué à grandir au sein de l'équipe de CFA cette saison, participant à 19 rencontres avant ce match face à Saint-Etienne (0-0) le 12 avril dernier, pour le compte de la 32e journée de Ligue 1. "On m'avait demandé d'aller m'échauffer. Juste avant la reprise, le coach me dit : 'Tu rentres, c'est à toi de montrer'. Je ne m'y attendais pas. Je n'avais aucun pression", racontait-il dans L'Equipe.
Un gros mois plus tard, Lala est devenu l'une des sensations de la fin de saison. Il a enchaîné les prestations de qualité, notamment lors du nul face au PSG (1-1), avant de marquer son tout premier but en pro d'une frappe enveloppée sous la barre, à l'occasion d'un brillant succès contre Rennes (4-1) synonyme de maintien en Ligue 1 pour le club nordiste. Puissant, rapide, précis dans ses relances comme dans ses centres, Lala a aussi impressionné tous les observateurs par sa maturité malgré sa jeunesse et son manque d'expérience. "Il a joué très rapidement à un niveau qu'on ne lui connaissait pas", reconnaissait Daniel Sanchez dans L'Equipe. "Il lui faut maintenant ne pas se laisser gagner par une trop grande assurance. Il a toujours eu la même attitude, mais il lui fallait être plus constant. C'est un bon message pour tous nos jeunes qui voient qu'il est possible d'intégrer l'équipe première", avait aussi souligné l'entraîneur de Valenciennes, un club centenaire qui peut voir l'avenir avec optimisme.
Publicité
Publicité