Nice-Lorient : Jérémie Aliadière, comme un Merlu dans l’eau

Eurosport sur Google

Symbole il y a près de 15 ans de la fuite des jeunes talents français vers l'étranger lorsqu'il a signé à Arsenal, Jérémie Aliadière réalise à bientôt 30 ans sa meilleure saison à Lorient, qui se déplace à Nice samedi lors de la 24e journée de Ligue 1 (20h00). Il y a trouvé toutes les conditions pour se relancer après plusieurs années de galère.

Eurosport

Crédit: Eurosport

Il lui aura fallu longtemps. Mais Jérémie Aliadière, annoncé comme l’un des joueurs français les plus prometteurs quand il avait rejoint Arsenal il y a près de 15 ans, a fini par exprimer pleinement son talent. A bientôt 30 ans, l’attaquant s’éclate enfin avec Lorient où il est en train de réaliser la meilleure saison de sa carrière. Il l’a encore confirmé la semaine passée en signant un nouveau but, somptueux, ponctuant un bel enchaînement par une frappe imparable dans la lucarne rennaise lors du derby breton (2-2).
Aliadière apporte aux Merlus bien plus que ses neuf buts et six passes décisives. Directement impliqué sur 15 des 38 buts des Lorientais en championnat, l'attaquant est aussi la clé de voûte de leur système offensif, libérant des espaces pour tous ses partenaires par son jeu sans ballon. "C'est quelqu'un qui sent le football, qui comprend et anticipe le jeu. Il correspond au jeu lorientais, s'inscrit complètement dans notre jeu collectif", affirme à l'AFP par téléphone l'entraîneur Christian Gourcuff. L'intéressé confirme à l'AFP: "C'était le club idéal pour me relancer, avec un jeu se rapprochant de celui d'Arsenal. Je cherchais un club qui allait me redonner le goût du foot. Les joueurs autour de moi jouent le même jeu que moi, le système me convient. On a la même vision, c'est le top."
Car s'il revient d'Angleterre, Aliadière revient aussi de loin. Après sa signature à Arsenal à 16 ans en 1999, l'ex petit prodige du football français s'est un peu perdu en route, la faute notamment à des blessures. Après quatre saisons incomplètes avec l'effectif professionnel des Gunners (2001-2005), il écume les clubs (Celtic Glasgow, West Ham, Wolverhampton) avant d'atterrir en 2007 à Middlesbrough. Non conservé au bout de trois saisons, il est victime à l'intersaison 2010 d'une rupture des ligaments croisés d'un genou lors d'un essai à West Ham. "J'étais tout proche d'arrêter ma carrière et d'envoyer chier tout le monde. Je n'avais pas de club, je devais me débrouiller tout seul pour faire ma rééducation, sans savoir en plus si j'allais retrouver un club", explique-t-il.
Gourcuff : "Assez bluffant"
Il s'entraîne avec Arsenal quand Gourcuff le recrute à l'été 2011. "Je suis tombé sur un match quand il était à Middlesbrough. Il me semblait complètement déconnecté du kick and rush", raconte le technicien. "J'avais moins d'incertitude sur son niveau de jeu que sur sa capacité à retrouver son intégrité physique. Cela a mis un an (il a été souvent blessé la saison dernière, ndlr) mais le pari est réussi. Je savais que c'était un bon joueur mais ce qu'il fait cette année est quand même assez bluffant", ajoute-t-il.
Avec le recul, Aliadière ne regrette pourtant pas son exil précoce: "S'il y a bien un truc que je regrette pas, c'est ça. Même si j'aurais aimé faire une meilleure carrière là-bas, j'ai joué 8 ans à Arsenal, me suis éclaté, j'ai gagné le championnat, côtoyé Viera, Henry, Bergkamp... A l'époque c'était le top du top. Je n'ai pas mal vécu les critiques, je les ai juste trouvées surprenantes. Ça m'a choqué. A 15 ans je n'étais pas préparé à ça. Pour moi, je rejoignais le grand Arsenal et Arsène Wenger. Je n'imaginais pas que ça allait faire un tel boucan", dit-il, ajoutant: "Je comprends que cela puisse gêner que la France paie ma formation (il était à l'INF Clairefontaine) pour qu'ensuite je parte à l'étranger."
Là-bas, il a rencontré sa femme - ses deux enfants y sont aussi nés - et une culture qu'il apprécie ("les gens me semblent plus ouverts d'esprit qu'en France: tatouages, tenue vestimentaire, rien ne choque"), à tel point qu'il s'y installera une fois sa carrière terminée.  Celle-ci pourrait d'ailleurs prendre un nouveau virage l'été prochain, vers un club plus huppé, outre-Manche ou ailleurs. Il lui restera deux ans de contrat mais Lorient ne le retiendra pas si le club s'y retrouve financièrement, en raison d'un accord tacite passé entre les deux parties.
Rejoignez Plus de 2M d'utilisateurs sur l'app
Restez connecté aux dernières infos, résultats et suivez le sport en direct
Télécharger
Partager cet article
Publicité
Publicité