S'il fallait ne retenir qu'une seule bonne surprise après les quatre premiers mois de championnat, ce serait certainement lui. Revenu au bercail après dix saisons passées en Premier League et une année loin des terrains, Steed Malbranque s'est affirmé depuis ses débuts face à Valenciennes comme le principal animateur du jeu de l'Olympique Lyonnais. Pourtant, le milieu de terrain devait s'habituer à un nouveau poste sur le tard (32 ans), en se retrouvant dans l'entrejeu aux côtés de Maxime Gonalons. Sans souffrir, il a vite fait oublier Kim Kallström, parti au Spartak Moscou pendant l'été. En 2001, le natif de Mouscron quittait la Ligue 1 en se rêvant n°10. Utilisé sur les ailes partout où il est passé (Fulham, Tottenham et Sunderland), le voilà donc n°8 derrière Grenier ou Gourcuff. Plus surprenant, il s'est retrouvé en difficulté à chaque fois que Rémi Garde l'a replacé dans le couloir gauche qui était généralement le sien outre-Manche. En vérité, cette seconde jeunesse au coeur du milieu lyonnais dépend autant de l'évolution personnelle de Malbranque que des différences tactiques entre les footballs français et anglais.
De la Ligue 1 à la Premier League
Au moment de son départ pour la Premier League, le Franco-Belge était un véritable pur joueur de couloir, de ceux capables de faire des différences sur les ailes par leurs qualités techniques et de percussion. Un profil toujours très apprécié au Royaume-Uni, où les entraîneurs préfèrent souvent cantonner les prises de risque aux couloirs de manière à ne concéder aucune perte de balle dangereuse dans l'axe. Les milieux axiaux étant avant tout là pour protéger les défenses centrales, les créateurs et autres dynamiteurs sont repoussés sur les côtés. Si certains entraîneurs étrangers ont fait bouger les lignes durant la dernière décennie, le plus souvent dans le haut du tableau, le football à l'anglaise a perduré au sein des clubs dits de seconde zone. Ce sont justement ces derniers qui ont accueilli Steed Malbranque.
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Au lieu de rester dans un rôle d'accélérateur, à la manière de Nani, Young ou Valencia pour citer les exemples de la référence mancunienne, Malbranque est devenu un véritable créateur excentré. Ce profil est là pour apporter la finesse technique que n'ont pas les milieux axiaux pour réaliser les fameuses key-passes, que ce soit vers l'intérieur - dans la profondeur pour les attaquants - ou l'extérieur - vers un latéral qui colle la ligne de touche en phase offensive -. Au final, ce rôle de milieu excentré tenu par Malbranque en Angleterre peut être considéré comme celui d'un meneur de jeu qui sera positionné derrière l'attaquant en France. A Tottenham comme à Sunderland, Malbranque a parfaitement tenu ce rôle. Associé à des latéraux offensifs - Gareth Bale a débuté derrière lui chez les Spurs, Kieran Richardson était son complément à Sunderland -, il était une rampe de lancement idéale pour ces derniers. Lorsque le jeu se développait côté opposé, il pouvait aussi revenir dans l'axe afin de proposer des solutions entre les lignes adverses, occupant alors la zone qui reviendrait habituellement à un n°10 en Ligue 1.
Par ailleurs, le Franco-Belge pouvait aussi profiter des courses de ses attaquants dans le dos de ses adversaires directs, les latéraux adverses, de manière à se libérer de leur marquage et de gagner plus d'espaces et de temps pour prendre ses décisions. Lors de ses premières saisons à Fulham, Jean Tigana associait ainsi le plus souvent deux dévoreurs d'espaces en attaque (exemple : Barry Hayles, Louis Saha), chargés d'exploiter les espaces dans le dos des défenseurs adverses, quitte à s'excentrer. La saison dernière à Sunderland, Danny Welbeck apparaissait aussi parfois dans ce rôle de l'attaquant capable de s'excentrer, laissant l'axe à Darren Bent et son rôle de point d'appui. Défensivement, les clubs moyens de Premier League se distinguent la plupart du temps par un repli défensif rigoureux, en 4-4-2 avec deux lignes de quatre formant un bloc très compact. Le rôle de Malbranque était donc de se replier à hauteur de ses partenaires de l'entrejeu et de fermer le couloir en cas de montée du latéral adverse.
De la Premier League à la Ligue 1
Ce sont ces deux derniers points (comportement des attaquants et rôle défensif) qui peuvent expliquer les difficultés de Steed Malbranque lorsqu'il doit évoluer côté gauche en Ligue 1 aujourd'hui. Offensivement d'abord, les deux joueurs axiaux à vocation offensive de l'OL restent au centre du terrain. Que ce soit Gomis ou Lisandro en pointe, et Gourcuff ou Grenier en soutien, aucun n'a l'habitude de partir dans le dos des latéraux adverses, sauf contre-attaque. Dès lors, un joueur du profil de Malbranque ne peut être mis qu'en difficulté au poste de milieu gauche. Son adversaire direct peut serrer le marquage sans avoir peur d'être pris dans son dos, le Franco-Belge n'étant plus aussi rapide que dans ses jeunes années. Au-delà de son cas, ce constat explique aussi le choix de la plupart des entraîneurs de Ligue 1 qui, lorsqu'ils font le choix du 4-2-3-1 , privilégient des joueurs offensifs à l'aise dans les un-contre-un sur les ailes, que ce soit grâce à leur puissance physique (ex : Utaka à Montpellier) ou leur qualité de dribbles (ex : Bastos à Lyon).
A l'inverse, lorsqu'il est aligné aux côtés de Gonalons, Malbranque retrouve grâce à cette position reculée les espaces dont il bénéficiait en Angleterre. Au coeur du bloc adverse, Gourcuff (ou Grenier) fait naturellement reculer le premier rideau défensif adverse, offrant à son partenaire assez de champ pour lancer les mouvements offensifs. Défensivement aussi, Malbranque est plus à l'aise dans cette position reculée. L'OL n'ayant pas le même standing en L1 que Sunderland en Angleterre, l'équipe ne se replace pas de la même manière. Les membres du quatuor offensif doivent effectuer un certain travail sur la relance adverse, afin de permettre le repli des deux milieux de terrain qui se retrouvent toujours face au ballon et à leurs adversaires directs. Dans l'entrejeu, Malbranque retrouve alors ses habitudes d'outre-Manche alors qu'il peut être pris de vitesse lorsqu'il doit défendre un couloir.
Bref, s'il pouvait apparaître étonnant au premier abord, le replacement de Malbranque tombe sous le sens. En évoluant au poste de milieu de terrain axial, il retrouve une grande partie des repères qu'il avait en Angleterre ces dix dernières années, l'avantage d'avoir tout le terrain à sa disposition en plus. Une transition Premier League-Ligue 1 de référence et qui fera, pourquoi pas, des émules dans d'autres clubs de L1.
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