Officiellement, l’UEFA ne rendra son verdict qu’en fin de semaine. Mais en ouvrant L’Equipe ce mardi matin*, on apprend à quelle sauce le Paris Saint-Germain sera mangé. Au nom du fair-play financier, le champion de France va écoper de quatre sanctions : "un encadrement de sa masse salariale, un contrôle de ses transferts, une limitation de ses joueurs en Ligue des champions et une amende", écrit le quotidien.
Dans le détail, voilà les sanctions prévues par l’UEFA à l’encontre du club parisien :
Ligue des champions
Le fair-play financier déclaré illégal ? Ce serait la chance du PSG
06/05/2014 À 07:27
  • Sa masse salariale, la plus élevée d’Europe, ne pourra plus augmenter. Elle culmine à 240 millions d’euros.
  • Ses transferts seront limités. Dorénavant, le PSG aura l’obligation de vendre avant d’acheter. Mais, plus surprenant, il ne pourra débourser "que" 60 millions d’euros pour une seule star. En aucun cas, il ne pourra acheter deux joueurs à 30 millions ou trois à 20 millions d’euros. Curieuse sanction.
  • En Ligue des champions, Paris ne pourra plus inscrire que vingt-et-un joueurs, dont huit formés localement. Quand ses concurrents européens, eux, pourront en inscrire vingt-cinq. Drôle d’équité sportive.
  • Le PSG devra enfin régler une amende de 60 millions d’euros. Et ramener son déficit à 30 millions au terme de la saison 2014-2015. Ce qui revient à le réduire d’un tiers.

Il faudra vendre pour acheter

Ces sanctions, auxquelles le président Nasser Al-Khelaïfi pensait pourtant échapper, feraient l’objet d’un moratoire entre la chambre d’instruction de l’instance de contrôle financier des clubs (ICFC), chargée par l’UEFA de mettre en place le fameux fair-play financier, et le club parisien. Autrement dit, la démarche s’extraie de toute procédure judiciaire. Et pour cause : le PSG aurait déjà donné son "accord définitif" pour des sanctions qui, "si elles vont l’obliger à réduire son train de vie (…) lui laissent la possibilité d’exister".
Mais elles vont surtout contraindre les dirigeants parisiens à revoir leur stratégie estivale en matière de transferts. Cette année, le mercato s’annonce moins étincelant que ceux de 2012 (121 millions d’euros dépensés) et de 2013 (114 M€) : à moins de 60 millions d’euros, et avec une masse salariale contrôlée, il lui sera difficile de s’offrir un joueur d’envergure internationale. A moins, justement, d’en libérer une.

Cavani, Verratti, Pastore et Lavezzi en monnaie d’échange

Dans cette optique, le départ d’Edinson Cavani pour l’Angleterre est une option crédible. L’Uruguayen émarge à 9 millions d’euros bruts par saison, jusqu’en 2017. L'été dernier, Paris avait déboursé 64 millions pour s'attacher ses services. Céder l’ancien Napolitain, irrité par sa position excentrée sur le terrain, donnerait une marge de manœuvre aux dirigeants parisiens. Ou pourrait favoriser la venue d’Eden Hazard (Chelsea). Autres joueurs susceptibles de quitter Paris : Marco Verratti, courtisé par la Juventus et le Real Madrid ; Javier Pastore, dont le retour en Italie pourrait faire l’objet d’un échange avec Miralem Pjanic (Roma) ; Ou encore Ezequiel Lavezzi, qui percevrait 6 millions d’euros bruts par an et qui pourrait, lui aussi, revenir en Serie A.

Nasser al-Khelaifi, le président du PSG, et Edinson Cavani, Saison 2013-2014

Crédit: Eurosport

Pour l’heure, ces départs ne sont que de simples rumeurs. Mais les sanctions de l’UEFA les rendront nécessaires : sans eux, Paris ne pourra pas se renforcer à la hauteur de ses ambitions. Sans eux, il lui deviendra délicat d’aligner les zéros sur les fiches de paie et, donc, de convaincre les Hazard, Pogba, Pjanic, Oscar et Reus. Alors ceux qui rêvaient de Lionel Messi ou de Cristiano Ronaldo…
* Ces informations sont à retrouver en page 3 de L'Equipe, en date du mardi 6 mai 2014.
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