Ligue 1 - AS Monaco : Se priver de Falcao, ça n'aurait pas de sens

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La blessure de Radamel Falcao a obligé Monaco à faire sans lui depuis deux matches et l'ASM a séduit. Mais sur le long terme, cette option ne parait pas viable.

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Sans Radamel Falcao, l'AS Monaco sait faire. Et plutôt bien, comme les hommes de Claudio Ranieri l'ont démontré dans le derby azuréen à Nice mardi (0-3). Séduisants, solides et efficaces, les joueurs de la principauté ont rendu une excellente copie sur la pelouse de l'Allianz Riviera, l'une de leurs meilleures de la saison. Ils ont même donné l'impression d'avoir réenclenché le rouleau compresseur qui écrasait tout sur son passage en début de championnat. Tout ça sans leur star colombienne, absente depuis deux matches en raison d'une blessure à une cuisse. De quoi raviver le débat sur son utilisation et son apport, considéré comme limité malgré ses neuf buts en quatorze titularisations en Ligue 1. Ranieri l'estime, lui, toujours indispensable à son équipe et souhaite son retour pour la réception d'Ajaccio dimanche. "J’ai besoin de lui", a soufflé l'entraîneur monégasque.
Les résultats récents de son équipe pourraient pourtant l'inciter à ne pas se presser pour relancer Falcao. Dans le 4-4-2 en losange qu'il a mis en place sur les trois dernières rencontres, James Rodriguez a pris les clés du jeu. Il enchaîne les prestations de haut niveau, celui auquel on l'attendait lorsque l'ASM l'a attiré sur le Rocher contre 45 millions d'euros. Il en a profité pour débloquer enfin son compteur buts en Ligue 1 (deux sur les deux derniers matches). Toujours au sein de l'animation offensive, enthousiasmante contre Rennes (2-0) puis à Nice, Anthony Martial confirme l'étendue de son talent, à tout juste 18 ans (il les fête ce 5 décembre). Emmanuel Rivière fait lui parler sa mobilité et ses qualités physiques pour apporter une autre dimension à un trio complémentaire, bien aidé par le travail du milieu Toulalan-Moutinho-Obbadi.

Monaco marque plus sans lui

Privée de Falcao, l'ASM continue d'avancer et suit le rythme infernal imposé par le PSG et Lille devant elle. Les statistiques sont parlantes : avec Falcao en L1 cette saison, les Monégasques marquent un but toutes les 59 minutes. Sans lui, le ratio passe à une réalisation toutes les 36 minutes. Un vrai différentiel. Au-delà des chiffres, la dernière impression laissée par l'ex-buteur de l'Atlético Madrid ne plaide pas sa cause. Il avait erré pendant une heure sur le terrain de La Beaujoire contre Nantes (1-0). Après avoir raté quasiment tout ce qu'il avait tenté, il avait cédé sa place à Martial, décisif sur l'unique but de la rencontre, signé Obbadi. En conférence de presse, Ranieri s'était justifié sur son choix et n'avait pas éludé la réaction surprise de Falcao au moment de son remplacement. "Je n'ai pas voulu prendre de risque. Il avait une petite fatigue à la cuisse avant le match. C’est normal qu'il soit un peu déçu, mais j'ai voulu être prudent".
Handicapé par ses allers-retours durant les trêves internationales, ce qui ne l'aide pas à retrouver un niveau physique décent, le natif de Santa Marta (26 ans) n'a pas convaincu les sceptiques. Il participe peu à la construction et ne se met pas toujours au diapason de ses partenaires dans l'effort collectif. Il semble néanmoins démesuré de se poser la question de sa mise au ban, sous prétexte que Monaco a obtenu ses trois derniers succès sans avoir besoin de sa présence sur le terrain. Cette situation est à se rapprocher de celle vécue par Zlatan Ibrahimovic la saison passée. Certains le trouvaient trop individualiste et pas concerné par les tâches défensives, d'autres pointaient sa tendance à déséquilibrer l'équipe par ses décrochages intempestifs. Le public du Parc lui-même avait pointé du doigt la nonchalance de l'ancien Milanais et lui avait adressé des sifflets qui avaient irrité Ibra. Mais Carlo Ancelotti ne s'est jamais posé la question de s'en priver et le Suédois a fini par mettre tout le monde d'accord. En toute logique, finalement.

Comme Platini ou Zidane chez les Bleus

Engendrer de tels débats autour du rendement des stars n'est pas une nouveauté et Michel Platini en 1982 ou Zinedine Zidane en 2006 l'avaient même vécu chez les Bleus en leur temps. Le cas Falcao entre dans cette lignée.  Falcao, c'est 151 buts toutes compétitions depuis son arrivée en Europe en 2009. Sans éblouir la Ligue 1, il est le cinquième joueur le plus efficace au ratio buts/tirs parmi les cinq grands championnats européens (0,225, juste derrière le Parisien Edinson Cavani, 0,243). Envisager lui préférer Rivière ou Martial est une douce folie. Le Martiniquais reste sur un match probant. Mais avant son but à Nice, il n'avait plus marqué depuis le 25 septembre et sa courbe de performances est toujours aussi sinusoïdale d'une rencontre à l'autre. Martial est un espoir extrêmement prometteur du football français. Sauf qu'en six apparitions en L1 dans sa carrière, il ne peut avoir les mêmes références que son coéquipier.
Si le 4-4-2 doit perdurer à Monaco, Falcao a toutes les chances d'y briller au moins autant que ceux qui l'animent aujourd'hui. Hormis 60 minutes à Nantes, il n'a pas encore eu la chance de se montrer dans ce système. Il devrait aussi recouvrer l'intégralité de ses moyens physiques dans les prochaines semaines. Le staff médical de l'ASM ne souhaite prendre aucun risque avec son problème à une cuisse et attendre qu'il soit pleinement rétabli avant de le remettre à la disposition de Ranieri. Excepté un match amical en mars, Falcao n'aura plus à mener de front les matches internationaux et ceux avec son club jusqu'à la prochaine Coupe du monde. Ce qui va contribuer à sa montée en puissance à Monaco. Bref, l'avenir a tout pour être radieux pour le Colombien. Et le fait qu'on s'interroge aujourd'hui sur son rendement ne sera bientôt plus qu'un lointain souvenir.
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