Trois matches, trois victoires, neuf buts marqués, du spectacle à Chaban-Delmas et, en bonus, un statut de leader après trois journées de championnat. Peu nombreux étaient les supporters bordelais à parier sur un tel début de saison de leurs favoris. Sous la houlette de Willy Sagnol, les Girondins paraissent transcendés par rapport aux derniers mois moroses de l'ère Francis Gillot. Apportant avec lui la rigueur et le discours offensif qu'il a entendu pendant des années, l'ancien sélectionneur de l'équipe de France Espoirs a déjà posé sa patte sur le groupe bordelais. Une patte à n'en pas douter à la mode après le sacre de l'Allemagne cet été.
Même s'il ne s'agissait que de la deuxième journée du championnat, la rencontre face à l'AS Monaco a parfaitement symbolisé l'impact positif de Sagnol sur le groupe girondin. La saison dernière, le but encaissé avant la mi-temps aurait certainement mis fin aux espoirs des Bordelais de tirer quelque chose de ce match. Cette fois, ils sont revenus transformés après la pause, sont allés chercher leurs adversaires et ont su refaire le retard avant de prendre le large. Cette envie nouvelle, cette capacité de réaction est aujourd'hui ce qui explique en grande partie la dynamique bordelaise. Mais il y a évidemment aussi le travail de fond effectué depuis le début de la préparation.

Willy Sagnol peut avoir le sourire après la victoire de Bordeaux face à Monaco (4-1)

Crédit: AFP

Bundesliga
Sagnol prend la porte du Bayern Munich
02/11/2017 À 17:05

Un cadre déjà établi

A l'inverse de certains "nouveaux" coaches toujours à la recherche de la bonne formule, Willy Sagnol a arrêté une base de travail dès le début de la préparation et la respecte depuis. Celle-ci tient en une formule : 4 défenseurs, 3 milieux de terrain et 3 attaquants. Ce sont ensuite les profils et la polyvalence des joueurs associés dans l'axe, que ce soit dans l'entrejeu ou en attaque, qui décident de l'animation offensive. Car concernant l'animation des couloirs, l'ancien latéral droit du Bayern Munich a déjà envoyé un signal fort en laissant partir Lucas Orban pour le remplacer par Diego Contento. Oui, les latéraux bordelais doivent suivre l'exemple de Sagnol joueur et ont un rôle important à jouer en phase offensive, afin de soutenir les "dribbleurs" alignés sur les ailes (Rolan et Maurice-Belay jusqu'ici).
Dans l'entrejeu, c'est un trio très technique qui s'est imposé depuis le début la préparation. Grégory Sertic, Jaroslav Plasil et Wahbi Khazri se partagent les rôles. Les deux premiers sont les plus reculés sur le terrain. Souvent sur la même ligne en phase défensive, Sertic peut se retrouver seul devant la défense lorsque les Girondins décident de jouer plus haut et d'aller presser la relance adverse. Sur ces séquences de pressing, le système de jeu bordelais s'articule de la même façon que celui qui a permis à l'Allemagne de s'imposer au Brésil en juillet dernier : de l'avant-centre à la sentinelle, les déplacements sont coordonnés et le 4-1-4-1 peut se transformer en 4-4-2 au gré des sorties de Plasil et Khazri à hauteur de l'attaquant de pointe.
Lorsque Bordeaux est en possession du ballon, Sertic et Plasil participent à la phase de relance avec leurs défenseurs centraux (Sané et Pallois affichent d'ailleurs de belles statistiques sur le plan des passes réussies depuis le début de la saison). Les deux milieux de terrain suivent ensuite les actions qui se développent sur les côtés, avec les latéraux et les ailiers. Le plus souvent, l'un d'entre eux reste en soutien quand l'autre se projette et tente d'offrir des solutions dans le bloc adverse. Khazri évolue lui un cran plus haut que ses partenaires, en soutien de l'attaquant de pointe (Diabaté ou Sala). Ces derniers sont là pour apporter des relais et des appels de balle afin d'accélérer le jeu dans le dernier tiers du terrain.

Sagnol (Bordeaux) donne ses consignes à Nicolas Maurice-Belay

Crédit: Panoramic

Nouvel élan, nouveaux profils

Avec la meilleure attaque du championnat après trois journées, les Bordelais ont déjà offert de très belles séquences offensives à leur public grâce à cette répartition des tâches. Les premiers buts inscrits face à Montpellier (Diabaté) et Monaco (Diego Rolan), ainsi que le second marqué à Nice (Maurice-Belay) sont ainsi venus récompenser ce nouvel allant offensif. Une chose surprend particulièrement par rapport à la saison dernière, la présence dans la surface adverse sur attaque placée : face à Monaco, Diego Contento (latéral gauche) s'est retrouvé à la réception d'un centre de Faubert (latéral droit). Au total sur cette action, sept Bordelais étaient à l'intérieur ou aux abords de la surface de réparation monégasque. L'équipe n'est pas non plus en reste en contre-attaque comme l'a prouvé le troisième but inscrit à Nice qui lui a permis d'assurer sa victoire.
Evidemment, ce premier zoom sur le nouveau visage des Girondins ne serait pas complet s'il n'était pas nuancé par quelques zones d'ombre. Face à Montpellier, Monaco et Nice, les Bordelais ont à chaque fois traversé des temps faibles où ils se sont retrouvés en difficulté. Ces mauvaises passes sont illustrées par un déchet technique important, notamment dans l'entrejeu, et de grosses difficultés pour franchir le milieu de terrain, zone à partir de laquelle les nombreuses projections vers l'avant permettent de faire reculer le bloc adverse. Après le déplacement à Nice, Willy Sagnol a d'ailleurs évoqué ces problèmes : "Si nous voulons avoir des objectifs élevés pour la fin de saison, nous devons gagner en maitrise et en exigence individuelle."
S'appuyant sur un groupe très jeune, le nouvel entraîneur des Girondins a déjà gagné une première "bataille" en mettant ses cadres sur de bons rails, grâce à un projet de jeu rafraîchissant par rapport aux saisons précédentes et un discours ambitieux. Aujourd'hui, son onze-type semble armé pour viser (au moins) l'Europe. Mais la vraie interrogation concerne le reste du groupe et la capacité des remplaçants à s'intégrer à ce nouveau collectif sans que celui-ci n'en souffre. 

Diego Contento félicite Emiliano Sala (Bordeaux)

Crédit: AFP

Bundesliga
Malgré Sagnol, le Bayern n'est pas guéri
01/10/2017 À 15:33
Bundesliga
Ancelotti vers la sortie, Sagnol évoqué... le banc du Bayern vacille
28/09/2017 À 10:32