8h00. L’heure du réveil de Jordan Amavi n’a pas de quoi faire frémir un boulanger ou un boucher, mais la journée qui l’attend ne va pas être de tout repos. C’est là tout le paradoxe d’un footballeur professionnel. C’est un métier de rêve qui exige des sacrifices. Rien d’insurmontable, certes, mais à 21 ans, les priorités sont parfois ailleurs. Et ça fait six ans que ça dure pour le natif de Toulon. 
Dès le lever, pas question de faire des folies. "Je n’ai pas de restriction, mais bon on se contente d’un bol de céréales, parfois avec des tartines. Il faut faire attention", confie l’arrière gauche de l’OGC Nice, au moment de se préparer pour le "match de l’année" contre le PSG, samedi 18 avril. Après un réveil en douceur, la journée du latéral gauche commence réellement avec l’entraînement où Amavi doit se faire amener, n’ayant pas encore le permis de conduire : "10h00, on doit être sur le terrain, on n’a pas vraiment intérêt à être en retard."
La séance est plutôt légère. Au programme, un peu de physique et beaucoup de petits jeux. "Même dans ce genre d’entraînements, rien ne doit être facile. Si tu veux progresser, c’est là que ça se passe et pas forcément en match." Confirmation du discours du jeune Aiglon sur le terrain. Avec Digard, Bodmer, Palun et Bauthèac, le tennis-ballon tourne vite à la compétition. "Faites attention les gars… Mathieu (Bodmer) ne va pas te blesser !" lance même Claude Puel, qui observe ses joueurs sur le bord du terrain, accompagné du président, Jean-Pierre Rivère.
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Tennis-Ballon - OGC Nice

Crédit: Eurosport

Entre vie de vestiaire et obligations

Après deux heures de séance, passage obligé devant les supporters. Cinq mètres entre la sortie du terrain et l’entrée des vestiaires où les joueurs sont en contact direct avec leurs fans. Unique en France. "Jordan, on peut avoir ton maillot demain ?" demande un jeune homme, "Je l’ai déjà promis", lui répond le joueur. Juste le temps de claquer la bise à quelques fidèles toujours présentes et il faut enchaîner. 
"Dans le vestiaire, je suis proche de Mouez Hassen, Papy Mendy et Lloyd Palun, confie Amavi. On est souvent les plus longs à sortir de la douche d’ailleurs (rires) ". Aujourd’hui, pas question de prendre son temps. L’agenda est chargé. Juste le temps d’aller manger un morceau dans le centre-ville, accompagné par Mouez Hassen et il va rejoindre les jeunes de l'équipe "spéciale OGC Nice" qui font partie du programme "Special Olympics". Une association de promotion du sport pour les personnes déficientes intellectuellement dont Jordan Amavi est le parrain depuis bientôt un an.

Jordan Amavi (Nice) lors du programme Spécial Olympics du club

Crédit: Eurosport

Comme toutes les deux semaines, le latéral gauche assiste aux entraînements des 10 joueurs sélectionnés pour représenter la France lors d’une compétition internationale organisée à Los Angeles en juillet prochain. "J’ai pas fait attention, j’ai mis les chaussures toutes neuves" avoue Amavi à un Mouez Hassen, hilare, également présent pour rendre visite aux jeunes joueurs.
Vidéo
Comment se plaindre quand on a une vie comme la mienne ?
Quelques heures de détente pour accompagner un groupe dont il se sent très proche. "Forcément, je les vois souvent donc du coup on a noué un lien." A 17h00, il faut déjà partir. La mise au vert est prévue à 19h00. Vidéo, prise de parole de l’entraîneur et diner, la journée est encore loin d’être terminée.  "Les mises au vert, c’est plutôt calme, donc ça fait du bien quand même", atténue le joueur.
Et la vie personnelle de l’homme dans tout ça ? "Quand j’ai le temps, affirme le défenseur. Là, j’ai une nouvelle copine par exemple, ça se passe très bien, elle comprend. Mes potes d’enfance aussi, ils savent que je ne peux pas toujours être comme eux. Mais comment se plaindre quand on a une vie comme la mienne ? Je sais en profiter quand il le faut."
Pour le moment, ses performances sur le terrain confirment une hygiène de vie impeccable. Être footballeur ne s’arrête pas au terrain. C’est un métier qui demande une attention 24 heures sur 24. Jordan Amavi l’a bien compris. Gravir les échelons, ça passe par là.

Jordan Amavi (Nice)

Crédit: AFP

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