Au sommet du championnat lors des saisons "pré-QSI", Lille et Bordeaux sont depuis rentrés dans le rang. L'absence de Ligue des Champions, voire de Coupe d'Europe, les a forcés à réduire la voilure au fil des saisons. Censés lancer les deux clubs dans de nouvelles ères, les nouveaux stades n'ont au contraire pas ralenti le phénomène : pire, au bout de 15 journées, les deux enceintes sonnent très creux. Le vide causé par le départ des spectateurs les moins assidus se fait encore plus sentir dans ces grands stades, et ce n'est pas le spectacle proposé sur le terrain qui risque de les remotiver.

A la recherche d'un onze-type

Respectivement 14e et 18e du championnat, Bordeaux et Lille partagent un point commun : depuis le début de la saison, leurs coachs n'ont jamais aligné la même équipe pour deux rencontres d'affilée. Certes, les Girondins ont joué huit rencontres de plus que les Lillois à cause de la Coupe d'Europe, mais ce critère est très important en championnat. Il suffit de se pencher sur les clubs en réussite depuis le début de la saison. Du côté de Caen, d'Angers ou de Nice, les équipes-types sont bien établies et assurent une continuité dans les performances... sans parler des automatismes qui ne peuvent se mettre en place qu'en répétant les matchs.
Ligue 1
Rennes cartonne, Saint-Etienne coule, Bordeaux stagne
17/10/2021 À 14:55
Ce turnover quasi-constant se ressent aussi sur le plan tactique, avec de multiples essais de la part des deux entraîneurs. Hervé Renard et Willy Sagnol ont ainsi jonglé entre défense à 3 et ligne de 4 derrière, double-pivot et milieu à trois dans l'entrejeu, paire d'attaquants ou pointe unique... Au gré de ces nombreuses formules, certains joueurs ont été amenés à changer de postes à plusieurs reprises. Corchia a par exemple parcouru tout le couloir droit du LOSC, Sidibé a joué des deux côtés, tandis que Henri Saivet a été trimballé à tous les postes du milieu de terrain (même sur les ailes !).

Romain Hamouma gêné par Henri Saivet lors de Saint-Etienne - Bordeaux (saison 2015-2016)

Crédit: Panoramic

Des conséquences tactiques

Ces changements d'hommes, de système et donc de postes ont eu des conséquences sur le bon fonctionnement des deux collectifs. Tout au long de son court mandat à la tête de l'effectif nordiste, Hervé Renard a multiplié les essais aux avants-postes pour entourer Boufal, seule satisfaction du début de saison lillois. Guirassy, Guillaume, Benzia, Tallo, Nangis, pour ne citer qu'eux, se sont succédés sans qu'aucun n'ait le temps de s'imposer... et surtout de parfaire son entente avec l'ancien Angevin. Bilan, seulement 8 buts marqués pour toute l'équipe dont 4 par Boufal et... un seul par un attaquant (Benzia).
A Bordeaux, le turnover n'a pas non plus épargné la défense. Là encore, Willy Sagnol a quelques excuses (Coupe d'Europe, blessures de plusieurs cadres en début de saison) mais celles-ci ne peuvent pas tout expliquer. Car même les formules qui ont réussi n'ont pas été reconduites par le coach bordelais. Face à Lyon (victoire 3-1), Plasil a réalisé une bonne prestation au poste de n°10 mais il n'y a jamais rejoué depuis. Jeudi dernier, Henri Saivet a réalisé un excellent match à Liverpool en tant que n°6. Dimanche, il démarrait le match face à Caen en position de relayeur... Huit minutes plus tard, son coach décidait de le remettre devant la défense mais le mal était en partie déjà fait : Caen avait ouvert le score.

Hervé Renard n'est plus l'entraîneur de Lille

Crédit: AFP

Une incompatibilité à la Ligue 1 ?

Si les maux qui touchent les deux équipes ne sont pas les mêmes - Bordeaux perd surtout des points derrière quand Lille est à la peine devant -, leurs projets de jeu respectifs se rejoignaient sur un point : l'agressivité et l'envie d'aller chercher l'adversaire. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si elles ont toutes les deux réalisées des performances intéressantes face à des équipes réputées plus fortes (victoires contre Lyon et Monaco, nul contre le PSG pour Bordeaux - nuls contre Monaco et Lyon pour Lille). Quand l'adversaire fait l'effort de repartir de derrière, Lille et Bordeaux peuvent répondre par un pressing plutôt efficace, mettant ainsi assez d'intensité dans la rencontre pour rivaliser.
Mais c'est face aux équipes moins fortes que les problèmes commencent. Car Girondins et Lillois se retrouvent alors dans des situations où ils doivent prendre les choses en mains. Ils se heurtent alors à des soucis que Hervé Renard résumait après son nul face à Bastia (1-1), son dernier match en tant qu'entraîneur du LOSC : "il a fallu faire le jeu car Bastia se regroupe dans sa moitié de terrain. Nous avons été incapables de faire du jeu, de garder le ballon pour jouer plus haut. On n'a pas joué dans la verticalité car on manque de confiance et de qualité technique. Il n'y a pas d'inquiétude mais le constat est que sur treize matchs, les mêmes problèmes reviennent et je n'ai pas encore trouvé la solution."

Junior Tallo lors de Lille-Nantes

Crédit: Panoramic

"Manque de confiance" et "lacunes techniques", des mots qui reviennent aussi très souvent dans la bouche de Willy Sagnol ces derniers temps. Après la défaite contre Caen dimanche (1-4), qui a vu Bordeaux se faire piéger par une équipe justement bien regroupée dans son camp, le technicien bordelais n'a pas avoué son impuissance, avançant le "facteur Coupe d'Europe" et le besoin de temps : "jusqu'en décembre, on est obligé de faire le dos rond, on va devoir s'accrocher pour chaque point pour essayer de limiter la casse, pour essayer de se refaire une santé." Reste à savoir si les dirigeants girondins se montreront plus patients que leurs homologues lillois.
Ligue 1
Bordeaux et Roche se séparent
07/10/2021 À 17:04
Ligue 1
Un petit miracle pour Bordeaux, de gros regrets pour Rennes
26/09/2021 À 12:49