Vous émettez des réserves sur le projet l'actionnariat des supporters mis en place par Guingamp. Pour quelles raisons ?

B.C. : "Notre projet à Saint-Etienne, c'est que le supporter soit actionnaire en direct. A Guingamp, c'est l'association qui deviendra actionnaire. Ça, ça existe déjà dans de nombreux clubs. Dans tous les clubs, il y a déjà une association qui est actionnaire. A Saint-Etienne, une association a ainsi 10% du capital du club. Mais ce n'est pas ça un projet "socio" car les fonds vont à l'association. Le supporter ne veut pas être membre d'une entité dans lequel il n'a aucun pouvoir car c'est l'entité qui vote. "

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Mais alors quel est l'intérêt de mettre en place un "vrai" projet d'actionnariat social pour un club comme Saint-Etienne ?

B.C. : "Si vous avez 200 000 socios qui versent chacun 80 euros par an, cela fait un apport de fonds non négligeable. Cela peut apporter une stabilité financière. Le cœur du sujet, c'est ça. Prenons un exemple. Si votre avez un investisseur étranger et qu'il s'en va demain, le club se retrouve en difficulté. Alors que quand vous avez 200 000 supporters qui sont actionnaires, le club est pérennisé. Notre idée avec ce projet à l'ASSE était de pérenniser le club dans la durée. L'objectif financier est secondaire."

Bernard Caiazzo, président de l'ASSE

Crédit: Panoramic

Pourquoi n'avez-vous pas les moyens de réaliser votre projet en France ?

B.C. : Mettre en place un programme "socio", c'est faire en sorte qu'une personne physique soit actionnaire de votre club. Dans ce cas, vous êtes obligé en France de passer par les autorités de bourse. Il y avait un projet de loi qui avait pour objectif de faire en sorte que les gens puissent faire appel à l'épargne publique mais pas pour que les gens fassent des plus-values et gagner de l'argent. Ce projet n'est pas passé. Cela veut dire qu'en France, on ne peut faire appel à l'épargne publique que par le vecteur de la bourse. C'est ce qu'a fait l'Olympique lyonnais

Justement, l'ouverture du capital en bourse n'est pas une solution à vos yeux ?

B.C. : Si on prend le cas de l'ASSE, sauf à vouloir tromper vos actionnaires, on ne peut pas faire croire aux actionnaires qu'ils vont gagner de l'argent. L'objectif est d'avoir la meilleure équipe possible. Donc, on réinvestit en permanence. Le but n'est pas d'augmenter les dividendes ou la valeur de l'action. L'actionnariat social, c'est de dire à des gens : vous souscrivez à des actions, non pas pour gagner de l'argent mais pour participer à une entreprise dont le but a une motivation sociale, pas capitalistique. Etre actionnaire de l'ASSE, c'est une motivation d'appartenance. C'est une démarche communautaire affinitaire… mais pas capitalistique. A l'ASSE, on ne souhaite pas aller en bourse et tromper les gens en leur racontant n'importe quoi. Donc, on a écarté la bourse. C'est pour cela que l'on pense à un projet d'actionnariat social.

Bernard Caïazzo, président du conseil de surveillance de l'AS Saint-Etienne

Crédit: Panoramic

Et vous avez encore espoir de faire changer les choses ?

B.C. : Il va falloir faire du lobbying pour réactiver cette loi. Cela n'empêche pas l'ASSE de chercher un investisseur minoritaire. Notre idée est simple : on se dit que cela risque de prendre du retard à cause d'un problème législatif bien français donc essayons de trouver des solutions par un investisseur minoritaire en attendant de lancer ce programme quand la loi le permettra.

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