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Guerre interne et lutte des classes : pourquoi les élections à la LFP ont été reportées

Eurosport
ParEurosport

Mis à jour 05/10/2016 à 18:31 GMT+2

Les dissensions du foot français, entre le club des puissants et les autres, ont refait surface avec fracas : l'assemblée générale de la Ligue de football professionnel (LFP), qui devait élire son président et surtout son nouveau gouvernement (conseil d'administration) n'a pu se tenir mercredi, faute de quorum minimum. Elle a été repoussée au 11 novembre.

Jean-Michel Aulas lors de l'assemblée générale de la Ligue de football professionnel

Crédit: Panoramic

Frédéric Thiriez, président de la LFP de 2002 à avril 2016, ne manquerait pas de rappeler que sous son mandat à lui, les élections étaient menées en temps et en heure. L'élection de son successeur ce mercredi n'était même pas l'enjeu principal. Déjà numéro 1 par intérim, Jean-Pierre Denis aurait dû être confirmé à la tête de l'instance, dans un rôle désormais honorifique, puisque c'est le numéro 2, Didier Quillot, déjà en poste, qui est le patron exécutif de l'instance.
Le plus important était le renouvellement du conseil d'administration, là où siègent les personnes influentes du foot français, comme Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG, ou encore Jean-Michel Aulas, patron de Lyon. Ils étaient 14 dirigeants de L1 à briguer 8 postes au sein du CA. Des tractations parmi les représentants de l'élite du football français auraient dû aboutir à une réduction de ces candidatures mais, comme l'a expliqué Didier Quillot, "les clubs de L1 n'ont pas réussi à se mettre d'accord entre eux sur leurs candidats à l'assemblée générale".
Et plutôt que d'avoir "le courage d'affronter les urnes", "13 clubs, 11 de Ligue 1 et 2 de Ligue 2" ont préféré ne pas émarger sur la feuille de présence et provoquer un défaut de quorum et donc un report de l'AG, comme l'a déploré Bertrand Desplat, président de Guingamp (L1) et qui parlait mercredi au nom des clubs qui avaient, eux, émargé.
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Nasser Al-Khelaïfi, PSG, en mai 2016

Crédit: Panoramic

Fracture économique

Le quorum était fixé à 57,71% d'émargements sur la feuille de présence, entre clubs de L1, L2 et représentants des familles du football (syndicats d'entraîneurs, joueurs, administratifs, etc). Il n'était que de 57,25%. Les clubs de L1 qui ont joué la politique de la chaise vide sont ceux qui jouent ou aspirent à jouer les premiers rôles.
Dans ce club des onze, il y les formations qui présentaient leurs dirigeants au CA - Paris SG (Nasser Al-Khelaïfi), Lyon (Jean-Michel Aulas), Nice (Jean-Pierre Rivère), Toulouse (Olivier Sadran), Lille (Michel Seydoux), Bordeaux (Jean-Louis Triaud), Monaco (Vadim Vasilyev) et Angers (Saïd Chabane) - appuyés par Marseille, Nantes et Saint-Etienne, autres grandes marques du foot français.
Les neuf clubs de l'élite qui avaient émargé sont plutôt abonnés à la deuxième partie de tableau. Il y a ceux qui avaient aussi un candidat - Dijon (Olivier Delcourt), Guingamp (Bertrand Desplat), Lorient (Loïc Féry), Caen (Jean-François Fortin), Rennes (René Ruello), Montpellier (Laurent Nicollin) - soutenus par Bastia, Metz et Nancy.
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Vadim Vasilyev en conférence de presse avec Monaco

Crédit: AFP

Nous avons tous perdu
Vadim Vasilyev, vice-président de Monaco, a parlé "d'un conflit fort entre les deux syndicats" : celui qui représente la L1 (Première Ligue) est fortement représenté chez les absentéistes et celui qui défend la L2 (UCPF) a des soutiens chez les clubs de l'élite qui font souvent l'ascenseur avec l'étage inférieur comme Guingamp, Dijon, Nancy, ou encore Metz, et qui voulaient voter.
"Dans le foot français il y a un pouvoir économique qui est différent du pouvoir démocratique, on a quelque part une 'onzaine' de clubs qui représente 95% du chiffre d'affaires de l'ensemble du foot et ces responsables de clubs ont souhaité être entendus sur une proposition de vote. Cette proposition avait été acceptée par l'UCPF, ça n'a pas été respecté, ce qui a engendré cette situation", a synthétisé Jean-Michel Aulas, patron tout puissant de l'OL.

"L'impression que c'est dirigé contre Aulas"

Selon RMC, la présence du président lyonnais dans la liste du syndicat Première Ligue poserait justement problème. "On a l’impression que c’est dirigé contre Aulas, qu’ils ont une dent contre lui et qu’ils veulent l’avoir", explique à la radio un président présent à l’AG.
Et maintenant ? Sous l'égide de la LFP, les clubs de L1 vont se réunir à partir du 19 octobre pour tenter de se mettre d'accord en vue d'une nouvelle AG convoquée le 11 novembre. Pas parce que c'est la date anniversaire de l'armistice de la première guerre mondiale - "Je savais que quelqu'un allait faire cette blague", a relevé Didier Quillot mercredi -, "mais parce qu'il y a un match France-Suède ce jour-là ainsi qu'une assemblée fédérale".
"On fait ça pour des raisons logistiques, pour ne pas faire monter les gens deux fois à Paris", a conclu Didier Quillot. "Ils feront l'assemblée du foot pro et l'assemblée fédérale [de la Fédération française de football, NDLR] le même jour." Reste que le spectacle de ces divisions n'est pas bon pour l'image du foot français, faisant dire à Vadim Vasilyev que "nous avons tous perdu aujourd'hui". "Chacun doit faire ses meilleurs efforts pour rassembler, fédérer et trouver un consensus".
(Avec AFP)
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