Lecomte : "A Montpellier, je ne suis pas bridé"

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Montpellier possède la deuxième défense de Ligue 1 (26 buts encaissés) et Benjamin Lecomte, qui aura 27 ans le 26 avril prochain, y est forcément pour quelque chose. Le club héraultais, candidat à une qualification pour la Ligue Europa, reçoit Bordeaux dimanche (15 heures). Et son ambitieux gardien aura forcément un rôle majeur à jouer dans le sprint final.

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Montpellier en lice pour une qualification européenne, personne n’y pensait sérieusement en début de saison. Et pourtant, à six journées de la fin, c’est bien le cas. Est-ce aussi une surprise pour vous ?
Benjamin Lecomte : Oui, bien sûr, dans la mesure où le premier objectif était le maintien. Aujourd’hui, celui-ci est acquis et on a la possibilité de se qualifier pour la Ligue Europa. Je ne vais pas vous mentir en vous disant que ce n’est pas un sujet de conversation dans le vestiaire. Oui, nous en parlons et c’est normal. Nous sommes des compétiteurs, et si, à six journées de la fin, en occupant la sixième place, nous n’avons pas l’ambition d’aller au bout, ce ne serait pas très logique. Bien sûr, nous ne maîtrisons pas tout, d’autres équipes ont aussi la possibilité de se qualifier, mais il est clair que cet objectif va rendre la fin de saison très intéressante.
Ce serait grosse déception de terminer à la dixième ou à la onzième place…
B.L. : C’est évident ! On fait une belle saison. Assez rapidement, les choses ont bien fonctionné, surtout à partir du mois d’octobre. On a aussi changé de système, en passant de quatre à cinq défenseurs. Nous avons réussi de bons matches face aux grosses équipes du championnat, et récemment encore à Marseille (0-0). D’ailleurs, on a souvent dit que Montpellier était plus à l’aise contre les meilleurs. C’est vrai que nous avons obtenu de bons résultats. Ce n’est pas forcément une question de motivation. Car contre d’autres équipes, nous avons aussi fait de belles choses.
Vous avez signé à Montpellier quelques jours après le décès de Louis Nicollin, le 29 juin dernier. Peut-on partiellement faire un lien entre la disparition du fondateur du club et la saison jusqu’à aujourd’hui très réussie du MHSC ?
B.L. : C’est possible. J’avais parlé au président quelques jours avant son décès. Je devais d’ailleurs le rencontrer. J’aurais aimé le connaître. Vraiment. Il est encore très présent dans les conversations. C’est un homme qui a bâti un club, qui l’a doté de belles infrastructures. On avait envie de faire une belle saison pour honorer sa mémoire. Et aussi pour ses fils, dont Laurent, qui dirige le club au quotidien.
Êtes-vous sensible aux critiques qui font allusion au jeu trop défensif de Montpellier ?
B.L. : Pas du tout. Déjà, j’estime que Montpellier n’est pas une équipe défensive. C’est une équipe qui défend bien. Ce n’est pas la même chose. Car on se procure beaucoup d’occasions. Maintenant, je suis conscient que nous manquons d’efficacité (Montpellier possède la 13e attaque de L1 avec 31 buts inscrits, ndlr). Et puis, si je vous dis que je préfèrerais qu’on possède une meilleure attaque et une plus mauvaise défense tout en jouant le maintien, vous n’allez pas me croire !
Quelle est votre part de responsabilité dans la bonne saison montpelliéraine ?
B.L. : C’est difficile à dire… Rappelez-moi à la fin de la saison et je pourrai vous répondre… car en six matches, on peut tout gâcher Individuellement ou collectivement. Je pense que je réalise une bonne saison. J’ai fait de bons matches, j’ai parfois été décisif. Mais si Montpellier occupe la sixième place, c’est que tout le monde a bien fait son travail.
Vous auriez pu ne jamais venir à Montpellier, puisque le Dijonnais Baptiste Reynet devait initialement signer. Et il se raconte que le cercle de travail des gardiens dans ce club vivait dans une atmosphère particulière…
B.L. : Si je n’étais pas venu à Montpellier, je serais allé ailleurs. De toute manière, après une saison compliquée à Lorient, marquée par une relégation en L2, il fallait que je rebondisse, que je passe à autre chose. Je ne voulais pas passer mon temps à me morfondre. J’avais d’autres opportunités, mais je suis très content d’avoir signé ici. Quand je suis arrivé, j’ai apporté ma fraîcheur, ma bonne humeur. Je suis quelqu’un qui bosse beaucoup, mais qui sait aussi déconner. Et on m’a dit que ma venue avait fait du bien. Aujourd’hui, je peux vous assurer qu’on travaille dans de très bonnes conditions, avec Laurent Pionnier et Dimitry Berthaud, les autres gardiens, et Teddy Richert, l’entraîneur des gardiens.
Vous êtes un gardien qui aime prendre certains risques, en jouant parfois assez haut. Cela n’a posé aucun problème à Michel Der Zakarian, votre entraîneur ?
B.L. : Aucun. Je respecte ses consignes, mais il ne m’a jamais demandé de ne pas jouer mon jeu. Au contraire. Je ne suis pas bridé. J’ai longtemps évolué dans le champ et j’en ai gardé des réflexes. Un gardien doit savoir se servir de ses pieds, de ses mains, et parfois de sa tête. Je ne suis pas du genre à rester figé sur ma ligne, dans ma surface. J’aime participer au jeu, relancer, sortir… Je vis aussi une situation nouvelle : à Lorient, j’étais beaucoup sollicité. J’avais en moyenne six ballons chauds à négocier. Et tout bien faire, ce n’est pas toujours possible. A Montpellier, j’ai parfois une ou deux grosses situations à gérer, pas plus. Je dois donc être très concentré.
Votre passage à Dijon, alors en Ligue 2, en 2013-2014, semble vous avoir fait beaucoup de bien…
B.L. : C’est vrai. J’étais à Lorient, où je ne jouais quasiment pas. Si j’avais su qu’un passage en Ligue 2 se révèlerait aussi positif, je serais parti un ou deux ans plus tôt. A Dijon, j’ai joué toute la saison et j’ai beaucoup progressé avec Laurent Weber, l’entraîneur des gardiens. Quand je suis revenu à Lorient, je suis devenu titulaire en Ligue 1. Cette saison à Dijon a eu un gros impact sur ma carrière.
Vous faites partie des meilleurs gardiens du championnat. Cela fait-il de vous un candidat à l’Equipe de France ?
B.L. : Cela fait partie des ambitions, je ne vais pas le cacher. J’ai reçu une préconvocation pour les matches de la France en mars dernier. Je ne m’y attendais pas forcément. Cela prouve qu’on peut évoluer dans un club qui ne dispute pas de Coupe d’Europe et prétendre à la sélection nationale…
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