Delort et Montpellier, une histoire d'amour

Par AFP

Le 09/02/2019 à 23:29Mis à jour Le 09/02/2019 à 23:33

Ligue 1 - Né à Sète, Andy Delort a dû attendre près de dix ans avant de réaliser son rêve et de jouer pour Montpellier. Mais si l'attaquant de 27 ans vit cette année sa meilleure saison, c'est aussi parce qu'il a enfin trouvé le club parfait, où il se sent chez lui.

"C'est comme une fille que tu as toujours voulue, que tu n'as jamais eue, et du jour au lendemain tu l'as, s'extasie Andy Delort qui vit une histoire d'amour fusionnelle avec Montpellier, dont il conduira l'attaque dimanche à la Mosson devant Monaco lors de la 24e journée de Ligue 1. Je me dis que l'on a bien fait d'attendre car cette relation peut durer", assure avec sérénité le gamin de Sète, qui a toujours rêvé de jouer à Montpellier comme d'un amour impossible. L'enfant du pays, attaché à ses racines gitanes, et le club héraultais se sont longtemps guetté avant de nouer une véritable relation et de vivre une renaissance à travers une saison enthousiasmante.

"Ma priorité est que le club réalise la meilleure saison possible. Depuis le titre, il y a eu des saisons plus compliquées que d'autres. Cette saison est importante pour la suite", prophétise-t-il alors que Montpellier, classé à la 6e place, amorce une série de sept matchs "compliqués" jusqu'à la prochaine trêve internationale (Monaco, Lille, Paris...Bordeaux, Lyon).

Andy Delort lors de Toulouse-Montpellier / Ligue 1Getty Images

Jusque-là, Delort, transféré de Toulouse cet été, et Montpellier se fuyaient à défaut d'une harmonie possible. "Aujourd'hui, je comprends que je ne pouvais pas être au centre de formation de Montpellier : j'étais trop fou, trop bagarreur et pas bon à l'école, explique l'attaquant de 27 ans. Les Corses (AC Ajaccio, 2010-13) m'ont pris et m'ont fait grandir. Je suis arrivé à Montpellier dix ans après. Dès les premiers jours, j'avais l'impression que j'étais chez moi. Que je faisais partie des murs, que j'étais formé ici. Ils ont bien fait d'attendre, moi aussi", raconte t-il comme un enfant prodigue qui revient à la maison qu'il n'a jamais connue.

" A l'affect"

"C'est un garçon qui marche à l'affect, confirme l'entraîneur Michel Der Zakarian. Le club et ses partenaires l'ont bien accueilli. Il le rend tous les jours par son travail, sa générosité et sa gnaque", poursuit-il, ravi du comportement et du rendement de son attaquant, auteur de huit buts et quatre passes décisives après 23 journées de Ligue 1. Andy Delort a inscrit son 8e but de la saison dimanche à Nîmes (1-1) dans un derby du Languedoc à l'odeur de soufre, de passé et de nostalgie. "Par des mots touchants, certaines personnes m'ont dit qu'il n'y avait que moi qui pouvait mettre ce but. Marquer à Nîmes, dans le derby et à la 74e minute, c'était extraordinaire", rappelle-t-il, dans un hommage posthume à l'ancien président Louis Nicollin, décédé le jour de ses 74 ans à Nîmes, en juin 2017, et fondateur de "La Paillade" en 1974.

"Pour le président et Olivier, (frère de Laurent Nicollin), c'était touchant, explique Delort. Pour moi, qui suis croyant, aussi. Ce but, je ne l'ai pas mis tout seul. Il y avait quelqu'un qui m'accompagnait. Dans la tête du président, son père était là. Ils devaient être fiers et je suis fier d'avoir vécu ça" poursuit-il, empreint d'émotion et d'une gouaille méditerranéenne, semblable à "Loulou". Idole de la Mosson, Andy Delort marche sur les traces de sa meilleure saison en Ligue 1 avec Caen (12 buts en 2016) avant son éphémère exil au Mexique au côté d'André-Pierre Gignac.

Andy Delort, MonpellierGetty Images

Le Sétois répond à l'attente d'un club, d'une région et d'un coach. Et de lui-même. "Il a retrouvé l'efficacité qu'il avait perdue à Toulouse, assure son entraîneur. Il a progressé sur le plan technique, notamment dans le jeu en appui. Il fait des choses plus justes. On attend de nos joueurs offensifs qu'ils soient décisifs dans la boîte et marquent des buts. Je suis très content de mes deux attaquants qui ont un temps d'avance sur les autres", raconte Der Zakarian, laissant le géant serbe Petar Skuletic à son rôle de joker.

Au côté de son complice Gaetan Laborde, arrivé à l'intersaison de Bordeaux et aussi en quête de rédemption, Andy Delort atteint, à 27 ans, une certaine maturité dans son jardin d'enfance. "J'aimais beaucoup 'La Paillade' avant que je signe. Là, je vis ma passion dans ce club et ma région. Tout ce que je vis est vraiment fabuleux."